Les Neuchâtelois sont les moins bien lotis parmi les Romands: leurs primes sont très hautes, malgré des coûts de la santé relativement peu élevés. En 2009, un assuré y avait coûté 2706 francs à sa caisse (en hausse de 0,5% par rapport à l’année précédente), soit à peine plus que la moyenne nationale de 2630 francs.
Malgré cela, un adulte y déboursera 390 francs par mois en 2011 pour payer ses primes, ce qui en fait le septième canton le plus cher de Suisse et le troisième en Suisse romande après Genève et Vaud. Une situation qui dure depuis plusieurs années. Le rapport entre les primes payées et les frais à charge des assureurs s’est élevé à 92,8% entre 1998 et 2008, soit le plus grand écart de Suisse derrière Zurich et Genève.
Cet argent perçu en trop a servi à alimenter les réserves des assureurs, qui atteignaient 29,9% à fin 2009, soit une surcouverture de 100 millions de francs.
Pas étonnant que la grogne soit forte. Dans un communiqué, la conseillère d’Etat en charge de la Santé, Gisèle Ory, juge «qu’il n’a aucunement été tenu compte de l’évolution des coûts et des réserves pour fixer le niveau des primes» et se dit «consternée».
A cela, il faut ajouter la manœuvre de Supra et Assura, qui ont prévu de rapatrier 54,6 millions de réserves neuchâteloises dans leurs comptes nationaux, pour les attribuer à d’autres cantons. «On nous a piqué cet argent, qui représente plus de la moitié de notre budget pour les subsides aux assurés modestes, peste le responsable de l’Office cantonal de l’assurance maladie Manuel Barbaz.
Les assurés ne comprennent pas que leurs primes augmentent alors que les coûts de la santé baissent (-2,8% prévu en 2011).» Chez Santésuisse, on ne réfute pas: «Les Neuchâtelois ont payé trop de primes ces dernières années», dit son porte-parole Felix Schneuwly. C’est pour cela qu’ils subiront en 2011 la seconde plus faible hausse du pays après Genève, avec seulement 5,5% (+2,1% pour les adultes, +8,9% pour les jeunes et +2,1% pour les enfants).
Ces dernières années aussi, l’augmentation a été modeste: entre 2005 et 2010, elle a atteint 16%, bien en deçà des 26% enregistrés sur le plan national.
Subsides : ce qu'il faut savoir
Nombre de bénéficiaires
En 2009, 40 412 personnes ont bénéficié de subsides. Malgré la hausse des primes, les autorités neuchâteloises n’ont pas prévu d’augmentation du nombre de bénéficiaires pour 2010. Le canton attribue des subsides à moins d’un quart de sa population. Une proportion particulièrement faible.
Montant alloué
Idem, Neuchâtel ne prévoit aucune augmentation de subside pour 2010. Il y consacre 86,9 millions de francs par année.
Conditions d’octroi
Le revenu déterminant se calcule à partir du revenu effectif de la déclaration fiscale courante. A cela s’ajoute le dixième de la fortune effective. Le seuil pour les personnes seules est 38 300 francs, celui des couples fixé à 57 400.
Le canton de Neuchâtel fait figure de cancre en matière de coûts de santé. Comme les Vaudois, les Neuchâtelois sont les Suisses qui dépensent le plus dans ce domaine (15% de leur revenu net). Une somme vertigineuse par rapport au premier de classe Appenzell Rhodes-Intérieures qui attribue uniquement 3,9% de son revenu disponible à ses frais de santé.
Renseignements
Service de l’assurance maladie, Case postale 3076, Faubourg de l’Hôpital 3, 2001 Neuchâtel ,Tél : 032 889 66 30 www.ne.ch -> Social et santé -> Assurance maladie -> Réduction des primes
La prime moyenne de ces 6 dernières années (en FR)

Les cinq primes les moins chères

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