Les glaciers de l’Himalaya ne disparaîtront pas d’ici à 2035, comme le prévoyait un rapport qui a fait grand bruit, mais en 2350. Voilà l’erreur reconnue par le fameux Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC). Trois siècles de différence, ça n’est pas rien... Du coup, les climatosceptiques s’en donnent à cœur joie, ils dénoncent des scientifiques qui auraient sombré dans l’idéologie et troqué leur mission savante pour le combat politique.
Ces attaques trouvent un écho croissant chez tous ceux qui enragent d’être culpabilisés chaque fois qu’ils oublient d’éteindre la lumière ou de trier leurs déchets. Chez tous ceux qui pressentent un pesant contrôle de leur conformité environnementale et qui redoutent l’avènement d’une sorte de soft goulag écologique. A juste titre?
Que le Sommet de Copenhague se soit soldé par des résultats piteux, que les Verts de tous bords échouent à imposer des normes contraignantes et qu’un Green New Deal reste un mirage, tout cela n’y change rien. La méfiance s’installe. La résistance s’organise. Le consensus sur les causes des dérèglements climatiques s’érode. Définitivement?
Il faudrait pouvoir mettre un peu d’ordre et de raison dans la discussion. Quelques arguments: sans doute le réchauffement ne s’explique-t-il pas seulement par l’activité humaine, mais l’épuisement des matières premières et des énergies non renouvelables est, lui, une chose certaine. Il faut l’anticiper. Peut-être certains scientifiques et les médias ont-ils cédé au catastrophisme, mais ne pas empoigner le sujet aujourd’hui, c’est se préparer à des lendemains cruels. Plus les mesures sont prises dans l’urgence, plus les risques de dérive autoritaire augmentent.
De toute évidence, le développement des technologies propres, le solaire, les voitures électriques, ne se fera pas sans à-coups, comme avec l’internet et les biotechs. Mais ce sont là les industries qui relanceront la croissance économique et l’emploi. Qui voudrait les freiner? (lire en page 50).
Le retour de balancier était prévisible, il impose aujourd’hui de prendre le temps du débat: toute vérité mérite d’être contestée, tous les dogmes doivent être soumis aux questions qui dérangent. Y compris celui du réchauffement climatique. Le plus dangereux serait, toutefois, de céder sans réfléchir à cette nouvelle mode de l’écologiquement incorrect. De jeter le bébé avec l’eau du bain. Par esprit de contradiction. Ou par simple commodité: il est tellement plus facile de laisser faire et d’attendre.
La crainte d’un soft goulag écologique augmente. A juste titre?
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