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DIRIGEANTS Le président chinois Hu Jintao (5e depuis la g.), le législateur en chef Wu Bangguo (4e depuis la g.) et le premier ministre Wen Jiabao (4e depuis la dr.) assistent aux célébrations des 60 ans de la République populaire, le 1er octobre 2009.
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Chine
L’effrayante réussite

Par Erich Follath, Wieland Wagner - Mis en ligne le 06.07.2011 à 14:49

Le Parti communiste chinois a 90 ans. A l’inverse des autres formations survivantes, de Pyongyang à La Havane, il célèbre des triomphes économiques. Qu’est-ce qui le rend si différent? Est-il capable de se réformer sans démocratiser le pays?

Dans les années 50, les dirigeants de Pékin rendaient hommage au travailleur modèle Shi Chuanxiang qui, avant l’avènement du communisme, avait trimé comme journalier, affamé, honteux d’être ainsi exploité.

«QUAND ON ATTAQUE LE PARTI FRONTALEMENT, QUAND ON RÉCLAME UN SYSTÈME TOUT DIFFÉRENT, ON SE PLACE EN-DEHORS DE LA SOCIÉTÉ.» Professeur Xie Chuntao, formateur à l’école des cadres de Pékin

Ce n’est que sous l’aile tutélaire du Parti, dit la légende, qu’il avait pu choisir lui-même son emploi: ramasse-merde. Plus précisément, il était chargé de collecter et de vider les bidons qui servaient alors de WC. «Pour que le monde soit plus propre, je m’accommode volontiers de la puanteur», aurait-il dit.

Au Grand Palais du peuple, debout au côté du président Mao, il fut acclamé par le congrès du Parti communiste chinois (PCC).

Le nouveau héros

En 2011, les temps ont changé. Les modèles d’aujourd’hui montrent avec quel talent le Parti s’est adapté à un monde globalisé. Et c’est Duan Wenyin, 27 ans, que les pontes du régime montrent en exemple.

Duan lisse son complet sombre à la coupe parfaite, rectifie sa coiffure fixée au gel, choisit ses mots avec le plus grand soin: «Non, je ne veux pas être un héros, je veux être un patriote», assure le jeune diplômé d’une université d’élite à Beigou, un village à 60 km de Pékin.

Suivant le conseil du Parti à ceux qui ont achevé leurs études, il a consacré trois ans à travailler comme volontaire à la campagne. Avec ses idées, il a chambardé le village, faisant de Beigou une commune modèle qui attire les touristes, ces derniers emplissant les caisses communales. Il se voit fort bien prendre des responsabilités au village.

La fierté de Duan: il a été admis au Parti. «Parmi mes camarades d’études, des centaines se sont portés candidats, très peu ont été retenus. Ce sera extrêmement favorable pour la suite de ma carrière.» Et c’est ainsi que le jeune fonctionnaire Duan se met en quatre pour œuvrer à la «société harmonieuse» voulue par le Parti.

A la différence des «héros» de naguère, il ne doit pas se sacrifier: il peut montrer de l’initiative, agir en capitaliste et devenir riche. Sur les questions de procédure, il peut même critiquer les dirigeants de Pékin.

Il n’y a qu’une chose que Duan n’a pas le droit de faire: se placer hors du système. Mais il n’en a pas l’intention. Il est satisfait de lui-même, du monde et du Parti – que peut-être il n’aime pas mais dont il a besoin parce que, avec le Parti, certes, tout ne fonctionne pas, mais, sans le Parti, rien du tout ne fonctionne.

Communisme de consommation

Le 1er juillet, le PCC a fêté le 90e anniversaire de sa fondation. A cette occasion, des dizaines de milliers de Chinois ont trouvé sur leur téléphone mobile des chants patriotiques, avec invitation à les faire suivre. Ceux qui auront pu prouver qu’ils ont ainsi sensibilisé au moins dix de leurs proches sont admis à participer à un concours: c’est le communisme de consommation.

Les programmes TV ont été purgés de tout ce qui pourrait évoquer une critique sociale: pas de polars, pas de comédies familiales, uniquement des émissions informant sur les progrès de la République populaire.

Apothéose de cette semaine culturelle, le film La fondation d’un parti, en bonne partie financé par le constructeur General Motors qui s’est assuré que, en dehors du tournage de cette épopée héroïque, les acteurs aient toujours leur Cadillac à disposition.

Pour les communistes chinois, peu de choses sont sacrées, tout s’achète et se vend. Quand l’immense Palais du peuple, avec ses portraits géants et ses 300 salles, n’est pas occupé par le congrès du Parti, il est loué à prix d’or à Ford ou à Kentucky Fried Chicken.

De 57 à 78 millions

Le Parti communiste chinois compte dix fois plus de membres que la Suisse d’habitants: 78 millions. Ce qui en fait le plus grand parti du monde, mais aussi celui qui a le plus de succès. «Une réussite effrayante», commentent, inquiets, pas mal d’observateurs occidentaux.

Le communisme soviétique a fini dans les poubelles de l’histoire, les partis de Cuba et de Corée du Nord ont affamé leurs peuples. Les dirigeants communistes passent pour des dinosaures et la doctrine a prouvé partout qu’elle était inopérante dans la pratique. Sauf en Chine où elle fonctionne quasiment comme une loi naturelle.

Sur le plan économique au moins. Au fil des trente dernières années, la Chine a multiplié son produit intérieur brut (PIB) par trente, supplanté le Japon et l’Allemagne comme puissance économique et deviendra sans doute, d’ici à 2020, le numéro un mondial devant les Etats-Unis. Aucun Etat n’a accumulé autant de réserves de devises: l’équivalent de 3000 milliards de dollars.

Sur les plans politique et militaire, la Chine joue aussi de plus en plus le rôle de seule grande puissance derrière les Etats-Unis. Elle intimide ses voisins asiatiques, du Japon au Vietnam en passant par les Philippines, avec ses revendications territoriales.

Quel chemin parcouru! Ils étaient 57 hommes pour fonder le PCC clandestin à Shanghai en 1921. Six ans plus tard, le Parti a failli disparaître. Et en 1949, sur la place de la Paix Céleste (Tianan men), le PCC triomphait en ayant réuni l’empire.

Il est aujourd’hui la seule puissance à pouvoir défier l’Amérique, corrigeant inlassablement la ligne économique sans jamais dévier du système rigide du parti unique. Le 90e anniversaire du PCC se veut pragmatique et professionnel.

Le "modèle pékinois"

Qu’est-ce que les cadres chinois font tout juste? Quels signaux entendent-ils, auxquels les autres pays restent sourds?

A quoi ressemble la vie au sein du plus grand parti du monde? Y règne-t-il une méritocratie où les meilleurs parviennent au sommet? Ou alors les relations de clan l’emportent-elles? Et pourquoi le Parti réussit-il à être si souple et moderne, alors qu’il se montre si susceptible face à ses critiques et souvent si stalinien dans ses réactions?

En Asie et en Afrique, quelques Etats ont cessé de considérer l’Occident comme mètre étalon de toute chose et tentent d’imiter le «modèle pékinois» d’économie capitaliste et système politique autoritaire.

La Chine pose des questions cruciales: le Parti qui régit cet empire peut-il demeurer à long terme en tête de l’économie mondiale sans ouverture politique?

Les communistes succomberont-ils un jour aux contradictions dont est pétrie leur irrésistible ascension: disparité extrême entre pauvres et riches, corruption omniprésente, dommages à l’environnement, conflits furieux avec les minorités tibétaines, ouïgoure et mongole?

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton s’est exprimée il y a peu en termes vifs dans le magazine The Atlantic: «Le système chinois est voué à la perte. Les dirigeants du PCC tentent d’arrêter le cours de l’histoire – en vain.»

Les secrets de Zhongnanhai

Vraiment? L’Amérique a la Maison Blanche, la France l’Elysée. La Chine, elle, est dirigée depuis un lieu discret au centre de Pékin que seuls peu d’étrangers ont vu de l’intérieur: de hautes murailles rouges abritent les dirigeants, quelques immeubles remontent à l’époque féodale, d’autres, tout gris, datent de la victoire des communistes et de la proclamation de la République en 1949. Ultraprotégé, l’endroit se nomme Zhongnanhai, il faisait jadis partie de la Cité interdite impériale.

C’est au sud du complexe que siègent les neuf membres du Comité permanent du bureau politique du Parti, l’instance la plus puissante du Céleste Empire. Les délibérations s’y déroulent à l’écart des oreilles du public, ses participants – costume sombre, cravate et cheveux teints – ne se montrent ensemble qu’en de rares occasions et jamais plus que quelques minutes.

Hormis l’un d’entre eux, ils ont tous une formation d’ingénieur mais tous sont des politiciens professionnels depuis des décennies. Leurs carrières semblent aussi interchangeables que leur look.

Pour grimper dans la hiérarchie, en Chine, il est utile d’appartenir à une famille influente. Mais pour parvenir au sommet absolu et s’y maintenir, il faut avoir fait ses preuves de bureaucrate compétent. Les neuf dirigeants ont appris à tisser des coalitions à l’intérieur du Parti, à subodorer les thèmes susceptibles de créer le consensus.

L’idée largement répandue en Occident d’une direction monolithique du PCC est fausse: ces messieurs se disputent souvent avec véhémence, mais les compromis trouvés sont en général soutenus loyalement vis-à-vis de l’extérieur. Au sein du Bureau politique élargi (24 membres, dont une femme) règne aussi la loi du consensus, encore que chacun puisse opposer son veto.

«LE SYSTÈME CHINOIS EST VOUÉ À LA PERTE. LES DIRIGEANTS DU PCC TENTENT D’ARRÊTER LE COURS DE L’HISTOIRE – EN VAIN.» Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine

Résultat: les chiffres de l’économie chinoise sont époustouflants. Il ne se passe presque pas de jour sans que Pékin annonce des résultats records. Et plus Barack Obama, Angela Merkel ou Nicolas Sarkozy tentent de réformer leurs économies de marché traditionnelles, plus l’Occident lorgne avec envie vers la croissance spectaculaire de la Chine.

Planification et capitalisme

Théoriquement, les recettes chinoises ne peuvent pas marcher, tout économiste vous le dira: plans quinquennaux, cours de la monnaie manipulé, pas de propriété immobilière. Mais ce n’est là qu’un aspect de la réalité de l’empire.

L’autre est un capitalisme débridé que le Parti gère à l’abri de toute idéologie, y compris en investissant dans l’avenir: les dépenses de Pékin dans la recherche ont augmenté en moyenne de 21% depuis 2000 (Etats-Unis: 4%).

«Economie socialiste de marché à caractéristiques chinoises»: en soi, la notion trahit la souplesse du PCC. Car une économie de marché ne saurait être en même temps socialiste. Et nul ne sait ce qui se cache derrière les «caractéristiques chinoises».

«Zou chuku» (librement traduit: «déployez-vous») est le mot d’ordre par lequel le Parti incite l’économie à acquérir du savoir-faire à l’étranger et à racheter des entreprises: pourvus de crédits de banques d’Etat, les patrons partent en tournées de shopping.

Et le Parti, de son côté, adresse les sociétés étrangères à des partenaires locaux, permettant ainsi à l’industrie chinoise de se moderniser.

Une "dictature démocratique du peuple"

Ce faisant, le régime ne dévie pas d’un millimètre de ses prétentions politiques. La Chine, rappelle le secrétaire général du PCC Hu Jintao, est une «dictature démocratique du peuple». Où le parti fait bien d’autres choses que de la politique.

Selon les mots d’un intellectuel de Pékin, il est «aussi omniprésent que Dieu». Il contrôle l’armée, les services secrets, la presse, les tribunaux. Et les entreprises d’Etat qui occupent une place éminemment privilégiée par rapport aux privées.

A Pékin, les allusions à la défunte Union soviétique sont aussi peu appréciées que celles aux révolutions arabes de ces derniers mois. Les appels sur internet à une révolution de jasmin ont rendu nerveux des dirigeants habituellement placides, au point que le mot jasmin a été censuré sur la Toile.

Rares sont ceux qui en savent autant sur les susceptibilités du Parti que le professeur Xie Chuntao, 48 ans, formateur à l’Ecole de cadres de Pékin. Son dernier livre, Treize questions au Parti, souligne que le PCC ne maîtrise pas les questions sociales importantes.

Pour lui, le népotisme est le premier problème. La Banque centrale de Chine a évalué à 800 milliards de yuans (105 milliards de francs) le montant que des fonctionnaires corrompus auraient illégalement transféré à l’étranger depuis vingt ans; le fossé entre riches et pauvres, entre ville et campagne, ne cesse de se creuser; le vieillissement de la population est dramatique; les privilèges des enfants de cadres ne sont plus un tabou. «Les cadres à qui j’enseigne veulent que je m’exprime librement. Ils connaissent les problèmes.»

Et les solutions? Le professeur Xie se fait évasif: «A Singapour il n’y a pas de corruption, ce devrait être pour nous un modèle.» Y compris les élections avec des partis d’opposition? A long terme, il peut l’imaginer; en tout cas, il a envoyé sa fille étudier à Singapour.

Et pour ce qui concerne l’évolution de l’économie, des conseils occidentaux sont bienvenus: «J’essaie d’avoir les meilleurs enseignants de Yale et Harvard comme professeurs invités.»

A ses yeux, en revanche, les opinions exprimées par le Prix Nobel Liu Xiaobo et l’artiste Ai Weiwei ne sont pas acceptables: «Quand on attaque le Parti frontalement, quand on réclame un système tout différent, on se place en dehors de la société.»

Sur les traces de Mao

Immersion au cœur historique du communisme chinois. Shanghai, 23 millions d’habitants, Musée du congrès fondateur du Parti. C’est une maison de briques dans un ancien quartier ouvrier de cette cité naguère occupée par plusieurs puissances étrangères.

Dans les années 20, Shanghai était un paradis pour les comptoirs commerciaux occidentaux, un enfer pour les autochtones: prostitution, maisons de jeux, opium, mafia.

C’est là que débarque en juillet 1921 Mao Zedong, fils aîné d’une famille paysanne plutôt aisée, pour créer clandestinement, avec douze camarades, le Parti communiste chinois. La pièce maîtresse du musée reconstitue l’événement historique «d’après nature»: tous sont assis, Mao est debout, tel Jésus et les douze apôtres.

L’endroit est peu visité et ressemble à un corps étranger au milieu de la scintillante métropole capitaliste. Il est situé en plein quartier chic de Xintiandi («Nouveau Monde»), entre bars, boutiques et brasseries pris d’assaut par les privilégiés.

Sur le Bund qui longe la rive, le Bar Rouge attire les branchés et, à deux pas, les vitrines d’un constructeur automobile italien ne déparent nullement. En 2011, Shanghai est restée rouge. Rouge Ferrari.

Seconde excursion: Yanan, 2 millions d’habitants, le long du fleuve Jaune, dans la province de Shaanxi. Si le communisme chinois avait une Mecque, elle serait ici, où s’est achevée le 19 octobre 1935 la Longue Marche des troupes de Mao fuyant l’armée du Guomindang: 12 000 km à travers le pays en 370 jours.

Quelque 90 000 de ses partisans périrent de froid et de faim au cours de ce périple. C’est dans des cavernes proches de Yanan que Mao établit son quartier général, y demeurant dix ans, n’hésitant pas à planter du pavot pour financer son mouvement.

S’il accepta volontiers l’aide de l’Union soviétique, son projet communiste restait strictement national, plus calqué sur les empereurs chinois qui avaient unifié de force le pays que sur les écrits de Marx et de Lénine.

Aujourd’hui, les cavernes de Yanan nettoyées, peintes en blanc et décorées de guirlandes lumineuses ressemblent à un Disneyland révolutionnaire. Dans l’ancien logis troglodyte de Mao, une fillette de 8 ans en uniforme de pionnière récite fièrement: «Le Grand Timonier était très honnête et modeste. Il a unifié notre nation et vit pour toujours dans nos cœurs.»

Deux fois par jour, des reconstitutions de combats entre l’Armée rouge et le Guomindang voient la force morale de la guérilla de Mao triompher du cruel ennemi. «L’éducation au patriotisme est pour nous tous une question de survie; l’avenir du Parti réside dans l’esprit de Yanan», énonce Wang Yimei, la directrice du musée historique local.

Entre oublis et craintes

En cette année de festivités anniversaires, les communistes chinois sont d’accord sur un certain nombre de choses: par exemple pour passer commechat sur braise sur les désastres qui ont émaillé le parcours, à l’instar du Grand Bond en avant de Mao, cette campagne de collectivisation forcée de l’agriculture des années 50, qui fit 45 millions de morts; ou sur la chasse aux sorcières de la Révolution culturelle à la fin des années 60.

Le Parti préfère mettre l’accent sur ce qui est positif: l’unité nationale, la libération de 300 millions de Chinois de l’extrême pauvreté, une relative stabilité dans un système autocratique moderne. Il pense que sans lui le pays se désunirait et sombrerait dans le chaos.

En revanche, sur l’essentiel, une partie de la direction du Parti et les intellectuels se divisent: la voie vers l’avenir, la façon de réagir aux oppositions de plus en plus fortes nées avec la modernisation du pays.

Les deux protagonistes de la dispute sont, d’une part, le premier ministre Wen Jiabao, tenant de l’ouverture: «Le désir de démocratie est irrésistible, la liberté d’opinion est nécessaire.»

Et, de l’autre, Wu Bangguo, 69 ans, président du Congrès national du peuple et formellement numéro deux de l’Etat: «Si nous vacillons, tous nos acquis seront perdus; en Chine, un système multipartite n’entre pas en ligne de compte.»

Wu et les durs du Parti donnent actuellement le ton. «Le peuple doit craindre le gouvernement, sans quoi le pays part en morceaux», avoue un cadre éminent du Parti.

La nouvelle classe moyenne urbaine aurait beaucoup à y perdre: les possibilités d’ascension sociale, la liberté d’acheter, de se distraire lui paraissent beaucoup plus attrayantes que les vagues promesses de démocratie et de partage du pouvoir.

Tant que le Parti assure au pays une croissance économique de 8%, tant que l’inflation (5,5%) reste supportable, les troubles se limiteront à certaines régions périphériques.

Des 189 milliardaires chinois, un sur trois est devenu membre du Parti, un sur huit détient un poste de conseiller politique, 83 sont membres du Congrès national du peuple. Parmi eux, Zong Qinghou, 65 ans, l’homme le plus riche de Chine avec une fortune de 12 milliards de dollars.

Il a fait des 30 000 collaborateurs sur ses 58 sites de production des actionnaires. Se voit-il plus capitaliste que communiste? Il sourit: «Typiquement une question d’Européen. Je suis un pragmatique.

Pourtant, s’il y a du socialisme quelque part, c’est bien en Europe.» A ses yeux, avec sa fiscalité élevée et son système d’Etat-prévoyance, l’Europe va droit dans le mur. «Les gens, chez vous, devraient travailler plus dur.»

A quoi pourrait-on comparer cet étrange Parti communiste chinois, institution admirable et haïssable, à demi sclérosée, à demi réformatrice, hésitant entre répression totale et besoin de pluralisme?

A l’Eglise catholique, a répondu un émissaire officieux du PCC lors de sa visite au Vatican en 2008. «Nous avons notre Département de la propagande, vous avez la Congrégation pour l’évangélisation des peuples; nous avons notre Comité central du parti, vous avez le Collège des cardinaux!

©DER SPIEGEL. TRADUCTION ET ADAPTATION GIAN POZZY




Tags: Chine, Parti communiste, Hu Jintao, Wu Bangguo, Wen Jiabao,

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