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Ricardo.ch tire parti de la crise

Par Ludovic Chappex - Mis en ligne le 17.02.2010 à 14:44

E-COMMERCE. Le site de vente aux enchères est le deuxième site le plus visité de Suisse derrière Google. Il poursuit sa croissance et loue désormais sa plateforme à des marques.

«La crise n’a pas d’impact négatif sur nos affaires, au contraire.» Heiner Kroke, CEO de ricardo.ch, précise même que la période des fêtes de Noël, traditionnellement riche en transactions, a été plus bénéfique que jamais. En d’autres termes, le site suisse de vente aux enchères en ligne tire indirectement parti de la mauvaise conjoncture et de la baisse du pouvoir d’achat de la population helvétique: «16 000 objets s’échangent quotidiennement via notre plateforme, ce qui correspond à un volume de transactions supérieur à 600 millions de francs par an», détaille la porte-parole Barbara Zimmermann. Avec 1,7 million de membres inscrits, ricardo.ch est devenu le portail le plus visité du pays après celui de Google.

Depuis peu, le commerce lié à l’automobile constitue une source de revenu centrale pour ricardo.ch «Notre plateforme spécifique dédiée à l’automobile (auto.ricardo.ch), lancée il y a deux ans, génère aujourd’hui 40% de notre chiffre d’affaires, souligne Barbara Zimmermann. Les gens y achètent surtout des accessoires, mais on trouve aussi des voitures. L’un de nos membres a même vendu une Ferrari…»

Depuis son lancement en 1999 sous le nom d’auktion.24, l’entreprise a donc largement supplanté sur ses terres son principal concurrent, le géant américain eBay. Aujourd’hui propriété du groupe de médias sudafricain Naspers, elle s’arroge en effet près de 90% du marché suisse des enchères en ligne. Si ricardo.ch ne dévoile pas son chiffre d’affaires, son CEO assure qu’il a connu jusqu’ici une croissance à deux chiffres. La plateforme s’est d’ailleurs développée de façon exponentielle, passant de 17 employés en 2000, puis 83 en 2007, à 110 aujourd’hui.

L’atout de la proximité. Mais comment expliquer cette suprématie vis-à-vis du rouleau compresseur eBay, qui s’est pourtant facilement imposé dans les pays voisins? «Je crois que l’effet de proximité joue un rôle essentiel, estime Dominique Foray, professeur d’économie à l’EPFL. L’idée répandue que les technologies de l’information suppriment les contraintes géographiques trouve ici ses limites. Pour des raisons d’ordre pratique et psychologique, les gens préfèrent commercer avec des personnes qui leurs sont proches géographiquement et culturellement. Cela se comprend parfaitement. En fait, le modèle d’affaire de ricardo.ch tire parti de la petite taille de la Suisse. Il combine idéalement les caractéristiques de l’économie traditionnelle, tel que la proximité et le service à la clientèle, avec l’énorme potentiel de développement offert par internet.»

Chez ricardo.ch on insiste d’ailleurs sur cet atout: «Les deux tiers de nos employés, soit environ 70 personnes, s’occupent exclusivement du service à la clientèle, souligne la porte-parole Barbara Zimmermann. Les clients peuvent être renseignés par téléphone dans six langues différentes, dont celles de l’ex-Yougoslavie, car de nombreux ressortissants de ces pays, installés en Suisse, utilisent ricardo.ch.» Et dire qu’au lancement de la plateforme, la société n’employait encore que 4 personnes… Si le standard téléphonique cesse de fonctionner le weekend, une permanence par e-mail est en revanche assurée sept jours sur sept jusqu’à minuit. Les litiges restent relativement rares, soit environ une transaction sur 1000. Dans ces cas-là, ricardo.ch joue les médiateurs, activant au besoin son service juridique.

L’essentiel de son bénéfice, ricardo.ch le réalise en percevant une commission sur les transactions des vendeurs, comprise entre 1% et 5% de la valeur du bien (plus le prix est élevé, moins la commission est importante). A cela s’ajoutent les frais de publication qui varient de 0,5 centime à 2 fr. 50. A noter que la plateforme ne se destine pas exclusivement aux enchères, puisque 30% des échanges concernent des objets vendus à prix fixe.

Si l’utilisation de ricardo.ch est essentiellement le fait de particuliers (certains en ont d’ailleurs fait un business très lucratif, en important et revendant des biens de consommation divers) de nombreuses entreprises ne se privent pas d’utiliser ce canal. C’est d’ailleurs à leur attention que ricardo.ch vient d’ouvrir un nouvel espace baptisé «Shops» en novembre dernier. Le concept? Des articles exclusivement neufs, proposés par de grandes marques, telles que La Redoute. Ricardo.ch leur alloue un espace spécifique dédié contre la somme de 20 000 frs par an, puis perçoit une commission – dont le montant est tenu secret – sur les ventes.





Tags: Ricardo.ch, enchères en ligne, croissance,

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