L’internet est taquin: en voulant prendre des nouvelles du chanvrier Bernard Rappaz, je suis tombé sur le blog d’Henry Rappaz qui est député du Mouvement citoyens genevois au Grand Conseil (GE). Pour les effluves de drogues douces, c’était la mauvaise pioche.
J’ai tout de même jeté un œil sur son billet du 11 juin qui s’intitule «Israël: quelle caution humanitaire?» Il se termine sur ce cri d’un cœur indigné: «Alors, que le journaliste qui a oser (sic) dire dans notre presse locale: “Boycottons les produits en provenance d’Israël” soit boycotté lui aussi… mais à vie!» Qui est ce journaliste? Mystère. On ne contrariera pas Henry Rappaz sur le fond: il existe mille bonnes raisons de s’opposer à un boycott d’Israël, et en particulier de ses artistes comme certains festivals envisagent de le faire. Arrêtons-nous plutôt sur cette idée de boycotter le boycotteur.
Que fait notre député très énervé? Il se comporte comme celui qu’il voudrait écraser. Puisque ce dernier préconise le boycott, il va faire pareil (mais en surenchérissant: «A vie!»). Il imite ainsi celui auquel il entend s’opposer. Autrement dit, il le prend pour modèle et lui ressemble au moment même où il l’attaque avec le plus de hargne.
On le sait au moins depuis Sophocle, les pires ennemis peuvent apparaître tout à coup comme les doubles symétriques l’un de l’autre. S’il était né musulman à Gaza, Henry Rappaz serait sûrement membre du Hamas.?
IL ARRIVE QUE LES PIRES ENNEMIS APPARAISSENT COMME LES DOUBLES SYMÉTRIQUES L’UN DE L’AUTRE.
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