POLITIQUE
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

HOME > POLITIQUE >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

SECRETAIRE D'ETAT
Rossier, entre Machiavel et Delamuraz

Par Michel Guillaume - Mis en ligne le 18.01.2012 à 14:25

Didier Burkhalter table sur l’ancien chef des Assurances sociales et des maisons de jeu pour réorienter la politique extérieure. Portrait d’un loyal serviteur de l’Etat.

C’est peu dire que ce choix a créé la surprise. En nommant le Fribourgeois de 51 ans, Yves Rossier, au titre de secrétaire d’Etat, le nouveau chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) Didier Burkhalter a stupéfait, voire irrité le corps diplomatique. Il marque ainsi sèchement la fin de l’ère Micheline Calmy-Rey.

Dimanche 15 janvier, c’est d’abord la NZZ am Sonntag qui a affiché son scepticisme: «Le choix de Didier Burkhalter est téméraire», écrit-elle. Deux jours plus tard, l’ancien ambassadeur François Nordmann s’alarme à son tour dans sa chronique du Temps: «La politisation des hautes fonctions diplomatiques au détriment de la qualification professionnelle constitue une ligne rouge que le chef du DFAE franchit à ses risques et périls.»

Qui est donc cet Yves Rossier qui suscite tant d’interrogations, voire d’inquiétudes? «Je ne le connais pas», avouent en chœur Christa Markwalder (PLR/BE), Christian Lüscher (PLR/GE), Carlo Sommaruga (PS/GE) et Luzi Stamm (UDC/ AG), tous conseillers nationaux membres de la Commission de politique extérieure. Seul Jacques Neirynck (PDC/VD) en parle plus volontiers: «Un haut fonctionnaire éblouissant, capable de vous captiver par ses exposés clairs et bien structurés», confie-t-il, visiblement bluffé.

Avec Kellenberger. C’est indéniable. Ayant passé la majeure partie de sa carrière à mettre sur pied la Commission des maisons de jeu – à l’heure où Berne distribue les concessions de casinos –, puis à diriger l’Office fédéral des assurances sociales, Yves Rossier manque d’expérience internationale. Il n’est cependant pas si inconnu que cela au bataillon diplomatique. Il s’est frotté au débat européen qui enflamme la Suisse dans les années 90. Il travaille au Bureau de l’intégration, qui prépare fébrilement la votation sur l’Espace économique européen sous l’égide de Jakob Kellenberger, qui «garde de lui un très bon souvenir». Comme il a étudié au Collège d’Europe à Bruges et à l’Université McGill à Montréal, il maîtrise parfaitement le dossier. Puis il passe le concours diplomatique, mais «s’ennuie un peu» – selon un témoin de l’époque – au DFAE.

Le regretté chef de l’Economie publique, Jean-Pascal Delamuraz, en fait son collaborateur scientifique, chargé de suivre pour lui les dossiers des Assurances sociales, des Finances et de la Sécurité. Il y travaille avec Yves Seydoux, un vieux compagnon de route du Bureau de l’intégration. «Avec Kellenberger et Delamuraz, nous avons appris à cultiver le sens des institutions au service de la collectivité», raconte celui qui est aujourd’hui le chef de la communication du Groupe Mutuel. Ils forment une équipe soudée, capable de rigoler à l’occasion. Un jour que Rossier et Seydoux décident de placer un mot inhabituel dans leur intervention pour tester la vigilance de Delamuraz, celui-ci réagit au quart de tour: «Vous avez fait un pari?»

Un coach. Sur un point, tout le monde se retrouve. «Yves Rossier est un homme à l’intelligence vive et rapide», témoigne un diplomate qui l’a bien connu. Puis les avis divergent. «Il est ouvert, curieux de tout, jamais figé dans des concepts idéologiques», assure Yves Seydoux. Au contraire, ses détracteurs le disent «peu flexible, calculateur, opportuniste». Encore fâché que la Loterie romande qu’il préside n’ait pas reçu de concession de casino, Jean-Pierre Beuret le décrit comme un «Machiavel de bande dessinée», capable des pires manœuvres dilatoires.

Yves Rossier n’aura que peu de temps pour convaincre un corps diplomatique un brin vexé par sa nomination à la barbe d’ambassadeurs plus chevronnés que lui. Conscient des lacunes initiales de son poulain, Didier Burkhalter lui a attribué un «coach» à plein temps en la personne de l’ambassadeur Georges Martin, une valeur sûre du DFAE. Il table sur l’alchimie entre l’expérience de l’un et le dynamisme de l’autre. Le pari est risqué, mais jouable.



Dossier 'Canton de Fribourg'
INTERVIEW ALAIN BERSET. À l’école, j’étais assez moyen (15.12.2011)
FRIBOURG. Premier acte manqué (30.11.2011)
Fribourg, élections cantonales. Le meilleur élève romand en quête d’identité (09.11.2011)
Photographie. Jo Siffert, images rares d’un seigneur (26.10.2011)
Conseil fédéral. Alain Berset : le gendre idéal de la gauche (05.10.2011)
Immobilier. Fribourg: Une croissance maîtrisée (06.09.2011)
Fribourg : Les p’tits coins de paradis (03.08.2011)
Livre. Urs Altermatt lauréat du Prix Europe (11.05.2011)
Hommage. Erhard Loretan : Entre cimes et abîme (04.05.2011)
Hygiène intime. Bernard Chaffringeon se rêve roi du tampon (04.05.2011)
Presse. Hersant, un diable sur la muraille? (20.04.2011)

Dossier 'Conseil fédéral'
La lettre ouverte de Peter Bodenmann. Aux hommes de l’UDC (02.12.2011)
EDITO. Le statu quo (01.12.2011)
PORTRAIT. Eveline Widmer-Schlumpf, une femme de pierre (30.11.2011)
LA CHRONIQUE DE JACQUES PILET. De Christoph à Marine (30.11.2011)
CONSEIL FEDERAL. Le duel des surdoués (23.11.2011)
Armée. «Ueli Maurer déteste les militaires romands...» (16.11.2011)
Interview de Frank A. Meyer. "La Suisse a un problème de culture politique" (16.11.2011)
La lettre ouverte de Peter Bodenmann. À Ueli Maurer (09.11.2011)
La lettre ouverte de Jacques Neirynck. Au conseiller fédéral Ueli Maurer (02.11.2011)
Conseil fédéral. Et si Burkhalter était éjecté (02.11.2011)
Elections fédérales. Eveline Widmer-Schlumpf: La clé du centre droit (26.10.2011)




Tags: Secrétaire d'état, Rossier, Machiavel, Delamuraz, Burkhalter,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page

Réaction de gindrat
le 19.01.2012 à 18:31
En définitive, pour un novice diplomate, la décision de M....
 



Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.


POLITIQUE
Le comité de l'initiative de Franz Weber critique son application
L'application de l'initiative sur les résidences secondaires pose problème (archives) Keystone
Le comité de l'initiative Franz Weber sur les résidences secondaires ne veut pas que des logements existants puissent être vendus...
POLITIQUE
Bankia: le nouveau président défend l'équipe qui l'a précédé
La banque espagnole Bankia, a demandé un pr^et de 19 milliards d'euros (archives)  Keystone
Le nouveau président du groupe espagnol Bankia, Jose Ignacio Goirigolzarri, qui a sollicité vendredi une aide record de 19 milliards...
POLITIQUE
L'Azerbaïdjan accueille l'Eurovision sur fond d'interpellations
Une opposante arr^etée par la police devant le Palais de Cristal (archives) Keystone
L'Azerbaïdjan se préparait samedi pour la finale de l'Eurovision dans la capitale. Bakou a mis les bouchées doubles pour montrer...
POLITIQUE
Près de 2000 protestants à la loi spéciale à Montréal
Les manifestants protestent contre une nouvelle loi liberticide notamment (archives) Keystone
Une pluie battante n'a pas réfréné la motivation des opposants à la hausse des frais de scolarité et à la...
POLITIQUE
Syrie: les rebelles se désengagent du plan Annan sauf si l'ONU agit
Un enfant blessé évacué à Alep (image tirée d'une vidéo amateur diffusée par Shaam News Network) Keystone
L'Armée syrienne libre (ASL), essentiellement constituée de déserteurs, a estimé samedi n'être plus tenue par son engagement au plan de...


POLITIQUE
 UDC: Révolution de velours
 Photo Peter Klaunzer/Keystone
La courtoisie faite homme. Un sourire chaleureux, de l’entregent, un français soigné. L’avocat argovien Luzi Stamm pourrait être l’homme du...