L'Hebdo;
2008-05-15 Les nouveaux colons Ruée vers l’Afrique Le far west des chinois
REPORTAGE. Affamée de matières premières, la Chine s’installe sur le continent noir. Efficaces, courageux, ambigus aussi, les nouveaux «colons» contribuent à l’essor de l’Afrique.
MICHEL BEURET TEXTES PAOLO WOODS PHOTOGRAPHIES
Dans la banlieue de Douala, le grand port du Cameroun, un jeune désÅ“uvré installé en bord de route croit avoir trouvé la formule magique. Dans l’espoir de se voir confier un emploi, il a écrit sur une pancarte: «Plus fort que l’homme chinois!» Un slogan qui fait rigoler tout le monde ici, car plus fort que le Chinois, ça n’existe pas! «L’homme chinois» a métamorphosé le pays. Il lui a érigé des stades et achève l’immense palais Multisports de Yaoundé en un temps record. Et il a offert 30 belles motos neuves à la gendarmerie. «L’homme chinois» retape aussi le réseau d’eau potable, il construit des hôpitaux et des dispensaires de brousse. Il a introduit une plante miraculeuse, l’Artimisia annua, très efficace contre le paludisme et surtout bon marché. Sur les routes, nous avons emprunté l’un des 28 bus ultramodernes qui relie depuis 2007 Douala à la capitale Yaoundé, des engins tout confort, fabriqués par Zonda Motor dans la province de Jiangsu. Et sur les radios, quelle surprise d’entendre cette star de la makossa, un genre musical typique, le regretté Liu du Kamer, un Chinois décédé en 2006.
Mais ce qui force l’admiration des Doualais, c’est la réfection de deux tronçons du périphérique. Des travaux achevés… avec un mois d’avance par CRBC, la China Road and Bridge Corporation. Ici, on en parlera dans plusieurs générations. Des trottoirs, des passages cloutés, des giratoires. Bien sûr, si les ampoules des réverbères n’avaient pas été volées peu après, nous ne serions pas au Cameroun. Mais la route reste intacte et a permis de désengorger le centre-ville, l’enfer des Doualais.
L’Occident n’en a pas bien conscience: toute l’Afrique vit aujourd’hui à l’heure chinoise et depuis 2001, le continent affiche une croissance de 5 à 6% par an. Par centaines de milliers, les migrants chinois s’installent partout sur le continent, où ils exercent d’innombrables métiers – ingénieur, ouvrier, restaurateur, épicier, tailleur et même médecin. La médecine chinoise, moins chère, convainc déjà beaucoup d’Africains.
Au Nigeria, les nouveaux venus ont dynamisé le réseau de PME (fabriques de biscuits, usine de sandales, etc.); au Congo et au Gabon, une poignée d’aventuriers, vite rejoints par leurs familles élargies, se sont emparés du secteur du bois; en Angola, outre leurs intérêts pétroliers, les Chinois retapent les voies ferrées et meurent parfois en déminant le terrain; au Sierra Leone leurs bateaux de pêche ratissent les fonds; sur tout le continent, des compagnies de bâtiments et travaux publics, ainsi que de télécommunications chinoises, moins chères et souvent plus efficaces, remportent les appels d’offres à la barbe des occidentales; au Niger, troisième producteur mondial d’uranium, dont les cours ont été multipliés par dix depuis 2003, les groupes chinois grignotent le monopole du français Areva. Chaque épisode de ce far west chinois est une histoire rocambolesque.
Affamée par sa croissance, la Chine a besoin d’énergie et de matières premières dont l’Afrique regorge: fer, cuivre, nickel, or, coltan, tout est bon à prendre. Pour le pétrole, elle satisfait déjà 30% de ses besoins en Afrique. Chaque goutte compte. Mais pour aller la chercher, il faut construire ou rénover l’infrastructure africaine, investir dans les voies de communication, se retrousser les manches et prendre des risques. Une entreprise colossale à laquelle les anciennes métropoles coloniales (la France, la Grande-Bretagne), centrées sur leur zone d’influence et toujours un peu condescendantes, n’ont jamais pu se résoudre. Quant aux Etats-Unis, obnubilés par la traque d’al-Qaida au Sahara, ils ont du retard.
Sans complexe. La Chine, elle, n’a ni complexe colonial, ni préférence linguistique et ne s’assigne pas de mission politique. C’est son atout. Tout se passe comme si Pékin déployait un plan continental pour l’Afrique, centré sur le commerce et les échanges, un plan qui rappelle l’ère glorieuse des Ming, au début du XVe siècle, lorsque Zheng He, le Christophe Colomb chinois, sillonnait la côte Est de l’Afrique, plusieurs décennies avant Bartolomeu Diaz.
Au milieu des années 1990, les Occidentaux lassés par les fatalités de l’Afrique l’ont abandonnée pour délocaliser en Chine. Ironie de l’histoire, c’est à ce moment que les Chinois prennent leur place. Quelques pionniers d’abord, des aventuriers, vont racheter des PME, comme Sonitexil au Niger, lâchée par les Français, et ouvrir des boutiques et des restaurants. Puis ils viendront plus massivement, avec l’appui de Pékin et des grosses compagnies. Pour s’installer, ils vont bénéficier des privatisations exigées par le FMI et la Banque mondiale de la part des Etats africains. De sorte qu’en l’an 2000, les liens s’étant resserrés, la Chine propose un pacte au continent en se présentant comme «le plus grand pays en développement du monde», capable de comprendre mieux que tout autre les besoins réels du «continent qui compte le plus grand nombre de pays en développement».
Depuis lors, la progression chinoise a été foudroyante. Les échanges entre l’empire du Milieu et le continent sont passés de 10 milliards de dollars en l’an 2000 à près de 70 milliards en 2007 et devraient atteindre 100 milliards en 2010. Le double des échanges actuels entre la France et l’Afrique. Il y aurait aujourd’hui 750 000 Chinois établis en Afrique contre 110 000 Français (ils étaient encore 145 000 en 1984).
Au Soudan, les Chinois sont si nombreux (20 - 50 000) que leur présence a généré un vaste marché aux légumes chinois, cultivés sur place par des milliers d’agriculteurs... chinois. Nous avons ainsi rencontré Du Dujun et Chao Baoguo, 43 ans chacun, dans leur ferme perdue dans la fournaise soudanaise. Avec vingt de leurs compatriotes, ils travaillent depuis huit ans pour Wei Feng, une compagnie agricole du Henan qui exporte ses services. En s’expatriant, les paysans doublent leur salaire, mais ils ne voient leur famille que tous les deux ans. De toute façon, ils n’ont guère le choix. Pour préserver une paix sociale fragile en Chine, Pékin a entrepris d’exporter ses chômeurs.
Chinois et musulman. Miss Lin, notre traductrice, a 19 ans. Elle apprend l’arabe à Khartoum où elle a suivi son père, qui dirige lui aussi une entreprise agricole. Son boy friend est un Chinois converti à l’islam qui étudie à l’université coranique.
Khartoum compte aujourd’hui un supermarché chinois, une ligue de basket chinoise, ainsi qu’un club de karaoké au siège de la China National Petroleum Company. CNPC est un géant pétrolier tout-puissant au Soudan qui fournit à lui seul près de 10% des besoins de la Chine en pétrole. Ce pays, où la Chine a investi 15 milliards de dollars en dix ans pour construire l’infrastructure pétrolière: trois raffineries et un pipeline de 1650 kilomètres que nous avons remonté jusqu’à Port-Soudan sur la mer Rouge. Là, nous sommes entrés en douce sur le terminal pétrolier, une zone stratégique sous surveillance. Notre arrestation nocturne par les services soudanais aurait pu mal tourner sans l’aide de «Jack», un Chinois dont l’entreprise venait de signer un contrat géant pour moderniser le port. Sa seule carte de visite aura servi de «Sésame ouvre-toi». Que se serait-il passé si «Jack» avait été Américain?
Pour séduire, la Chine investit, prête (souvent sans intérêt), casse les prix, éponge les dettes et quand il faut, opère des dons généreux, aux peuples comme à leurs dictateurs. Ainsi, 900 entreprises chinoises sont déjà installées entre Alger et Le Cap, Dakar et Djibouti, actives sur des milliers de projets. Ces colons d’un nouveau genre, animés, jurent-ils, des meilleures intentions, ne craignent pas les régions les plus inhospitalières, tels l’Ogaden (Ethiopie) ou le Nigeria, où des rebelles les menacent, les kidnappent ou les tuent.
Certains migrants, parfois plus pauvres que les Africains eux-mêmes, ne craignent pas de s’incruster dans des quartiers dangereux, comme celui de «Douche municipale» à Douala, une zone en ruine, où nous les avons vus écouler leur bric-à-brac et défendre chèrement leurs biens et leur peau. Dans ces endroits, le Blanc ne va jamais. C’est ainsi que la Chine a conquis l’Afrique, les marchés et les cÅ“urs.
A Yaoundé, le Ministère de l’industrie et des mines est une bâtisse rose accoudée à une colline verte. Dans son bureau, le ministre Charles Salé, un géant à la voix grave, nous dit aimer la France (il a un DEA en littérature féminine de l’Université de Bordeaux) mais il ne la comprend plus. «Au Cameroun, nous avons du bauxite, du cobalt, du nickel. Ça n’intéresse pas les Français! Ici, la France n’exploite que du pétrole.» Et encore, «celui du golfe de Guinée, le plus facile d’accès». Les Chinois, eux, ne font pas la fine bouche, ils arrivent. Puis Salé a ajouté: «Vous savez, vous les Occidentaux, quand vous investissez, vous posez beaucoup de préalables et de conditions…» Des exigences sur les droits de l’homme et la démocratie, par exemple. Mais «la démocratie ça ne se mange pas», disent les Africains.
Quelques mois plus tôt, nous rencontrions son compatriote, Samuel Bognis, caméraman officiel du président Paul Biya, lors du Sommet Chine-Afrique de Pékin en novembre 2006. Un sommet qui a réuni 48 chefs africains (sur les 53 pays du continent). Bognis nous avait confié: «L’avantage de la Chine sur vous [les Occidentaux] c’est qu’elle ne s’occupe pas de politique. Enfin, pas selon la définition que vous en faites. Comment vous appelez ça déjà? Ah oui! la démocratie!» Puis il avait repris: «En filmant Jacques Chirac avec mon président, j’ai toujours ressenti une forme de paternalisme. Jamais chez les Chinois. On se parle d’égal à égal.» Un petit air de revanche? Il a hésité, puis: «Il y a de ça.»
Pacotille et touristes. La renommée des Chinois ce sont aussi et surtout les tonnes de marchandises à prix cassés. Pour les pauvres d’Afrique, le bon marché est une drogue à forte accoutumance qui brise en outre le monopole des commerçants franco-libanais.
Une partie de ces biens pénètre le continent au port d’Alexandrie, jadis conquis par César. Mais les nouveaux conquérants n’ont plus besoin de glaive, la marine marchande est plus efficace. Au port, à peine déballés, certains articles sont vendus à même la rade: tapis de prière avec boussole intégrée (pour s’orienter vers La Mecque), téléphones portables halal avec réveil pour les prières, lanternes de Ramadan et même le saint Coran imprimé en Chine. C’est ici aussi qu’arrivent les tonnes de «souvenirs d’Egypte», made in China. Quant aux invendus, des colporteurs chinois les écoulent à domicile jusque dans les oasis les plus éloignées. C’est ainsi que rien ne se perd.
La pacotille chinoise (textiles, savons, chaussures, casseroles, gadgets en tous genres) a inondé les marchés des grandes villes africaines, qui comptent pour la plupart une Chinatown, à l’exception notable du Caire. Mais en Egypte, la Chine se profile autrement. Elle écoule ses voitures (Chery, Geely, Zhonghua) sur ce marché de 80 millions de consommateurs. Certaines marques y ont même délocalisé leurs usines.
La Chine aime aussi faire vibrer la corde culturelle. Au Caire, elle a ouvert un Centre Confucius, (équivalent chinois de l’Alliance française), le plus grand d’Afrique. Ici comme à l’université, des milliers d’étudiants apprennent le mandarin. En 2007, des centaines de guides bilingues ont accueilli 91 000 touristes chinois aux pyramides et le ministre du Tourisme en prédit un million pour bientôt. Dans les bazars, ceux-ci pourront acheter des «souvenirs d’Egypte» fabriqués en Chine. Une autre manière d’acheter local…
Malgré tout, à mesure qu’elle s’implique en Afrique, la Chine doit mettre les mains dans le cambouis. Les Chinois sont accusés parfois de concurrence déloyale, de vendre du toc et de mal traiter leurs employés africains, quand ils n’importent pas directement leur main-d’Å“uvre de Chine au détriment des emplois locaux. On les soupçonne de corrompre les ministres et les douanes comme de tuer le textile africain et l’artisanat local. En Zambie, un symbole historique de la collaboration sino-africaine depuis les années 1970, les mineurs de cuivre de l’immense mine de Chambezi, en mains chinoises, ont refusé de recevoir le président Hu Jintao lors de sa visite en 2007. Au Niger, les rebelles touareg du MNJ kidnappent et menacent les Chinois qu’ils accusent d’armer les militaires, coupables des pires exactions. Afin de se protéger, certaines compagnies chinoises déploient désormais leurs mercenaires... chinois.
C’est ici, peut-être, que la politique de «non-ingérence dans les affaires intérieures», prônée par Pékin, rencontre ses limites. L’Occident s’émeut des armes chinoises écoulées en Afrique, au Zimbabwe et Soudan surtout. La Chine, membre du Conseil de sécurité, ne peut plus détourner les yeux du drame au Darfour.
L’Afrique excite à nouveau toutes les convoitises. Dynamisé par la Chine – mais aussi le Brésil, l’Inde, la Corée du Sud, les émirats et la Russie – le continent voit le retour de la France et des Etats-Unis dans ce «grand jeu» minier. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a récemment commandé un rapport sur la Chine en Afrique. Washington, de son côté, a annoncé l’ouverture, pour la première fois d’un centre de commandement unifié sur le continent (Africom) pour l’automne 2008. Problème: aucun pays ne veut l’abriter... La bataille pour l’Afrique est bien engagée et la Chine a désormais une longueur d’avance.v
La Chinafrique: Pékin à la conquête du continent noir (sortie le 20 mai). Grasset.
CONGO Le barrage d’Imboulou, construit par la China National Mechanical & Equipment Corporation, à 200 km au nord de Brazzaville. Il y a ici 400 ouvriers chinois qualifiés pour superviser des milliers de manÅ“uvres africains, payés 3 dollars par jour.
COURS DE CHINOIS. Au collège Savorgnan de Brazza, le professeur congolais Jean de Dieu Malanga, formé en Chine dans les années 80, enseigne le mandarin.
ANGOLA Les ouvriers de la compagnie chinoise TEC restaurent la voie de chemin de fer Luanda-Malanje. Parfois, ils doivent au préalable déminer le terrain.
NIGERIA Un ouvrier nigérian et un technicien chinois dans l’usine d’acier de Ota, dans l’Etat d’Ogun, gérée par la compagnie chinoise Federated Steel.
CONGO L’ancienne maison du consul allemand à Pointe-Noire est aujourd’hui habitée par Ke Qian Zhang, dit Philippe, un ancien journaliste de l’agence de presse Xinhua. Philippe Zhang a épousé Jessica Yé, une Chinoise à la tête d’un empire économique au Congo. Sur place, il dirige désormais Sicofor, un géant chinois du bois.
PENG SHU LIN, 36 ANS Ouvrier d’usine près de Chengdu, il n’a jamais pris l’avion. Ce soir, il part pour trois ans au Nigeria, où son salaire passera de 60 à 373 euros par mois. En quinze ans, 120 millions de ruraux ont fui leur campagne pour les villes de Chine qui ne peuvent plus les absorber.
DEUX ANS D’ENQUETE ET DE REPORTAGE
Michel Beuret, chef de la rubrique monde de L’Hebdo (photo), Serge Michel, correspondant du Monde à Dakar, et le photographe Paolo Woods ont sillonné l’Afrique et la Chine. Ils ont parcouru 15 pays durant deux ans pour raconter l’expansion chinoise dans tous les secteurs. Ils publient chez Grasset La Chinafrique: Pékin à la conquête du continent noir (sortie le 20 mai).
750’000 CHINOIS A LA CONQUETE DU CONTINENT NOIR
UNE APPROCHE CONTINENTALE
Les mauvaises voies de communication en Afrique ont longtemps découragé les investisseurs. La Chine a compris que la construction de routes, de ponts, de barrages, de voies de télécommunication est un préalable à tout décollage économique et à ses propres besoins pour acheminer chez elle les richesses du continent. Contrairement aux anciennes métropoles (Paris, Londres) centrées sur leurs régions linguistiques, la Chine n’a pas ce handicap. Elle développe une intégration continentale.
Pays parcourus pour le livre «Chinafrique»
Instituts Confucius (centres culturels chinois)
Barrages en construction
ou projets approuvés
Violences impliquant des chinois
(kidnapping ou mort violente)
Contribution chinoise aux
opérations de maintien
de la paix de l'ONU.
Coopérations militaires
Nombre de Chinois*
Principales activités
Argent public chinois investi, prêté ou donné*
* Chiffres approximatifs du fait de l’opacité des activités chinoises, du manque de données officielles et de l’évolution rapide de la situation.
GUINEE Le coffre-fort minéral
8000
Mines, construction
690 MILLIONS D'EUROSNIGERIA Le nouveau far west
50 000
Pétrole, construction, chemin de fer, raffineries,
barrage, commerce, industrie
10,7 MILLIARDS D’EUROSCAMEROUN
La clé du golfe de Guinée
7000
Construction, bois, commerce
118,7 MILLIONS D'EUROSGABON Paris et Pékin face à face
6000
Bois, mine de fer, pétrole
2,6 MILLIARDS D'EUROSCONGO Les Chinois coupent la forêt
7000
Construction (barrages, ministères, aéroports,
habitat), bois, commerce
373 mio d'euros. Effacement de la dette
(95 MIO D'EUROS) ANGOLA Les problèmes commencent
30 000
Construction (chemin de fer, ports, aéroports,
habitat), industrie
4,5 MILLIARDS D'EUROSNIGER La ruée vers l’uranium
1000
Uranium, pétrole, textile, construction
330 MILLIONS D'EUROSEGYPTE Une vieille amitié
Plusieurs milliers
Infrastructure, télécom, construction, tourisme
260 MILLIONS D'EUROS (2007) TCHAD Un pétrolier si convoité
quelques centaines
Pétrole
530 MILLIONS D'EUROSSOUDAN La Chine en terrain conquis
20 000 à 50 000
Pétrole, agriculture, construction (barrage, routes)
10 MILLIARDS D’EUROSETHIOPIE Au coeur du grand jeu
5000 à 7000
Barrages, bâtiments, routes, télécom
2 MILLIARDS D’EUROSRDC Le grand pari minier
10 000
Mines, construction
8,86 MILLIARDS D’EUROSZAMBIE Un chaudron anti-chinois
40 000
Mines, agriculture, industrie, commerce
420 MILLIONS D'EUROSZIMBABWE Un seul ami: Pékin
10 000 (déc. 2006)
Agriculture, construction, armement
390 millions d'eurosMozambique L’ancrage à l’est
1500
Bois, mines, construction
2,18 milliards d'euros pour le seul barrage
de Mepanda
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