Ruée vers l’Afrique: le far west des chinois
Affamée de matières premières, la Chine s’installe sur le continent noir. Efficaces, courageux, ambigus aussi, les nouveaux «colons» contribuent à l’essor de l’Afrique.
Dans la banlieue de Douala, le grand port du Cameroun, un jeune désœuvré installé en bord de route croit avoir trouvé la formule magique. Dans l’espoir de se voir confier un emploi, il a écrit sur une pancarte: «Plus fort que l’homme chinois!» Un slogan qui fait rigoler tout le monde ici, car plus fort que le Chinois, ça n’existe pas! «L’homme chinois» a métamorphosé le pays. Il lui a érigé des stades et achève l’immense palais Multisports de Yaoundé en un temps record. Et il a offert 30 belles motos neuves à la gendarmerie. «L’homme chinois» retape aussi le réseau d’eau potable, il construit des hôpitaux et des dispensaires de brousse. Il a introduit une plante miraculeuse, l’Artimisia annua, très efficace contre le paludisme et surtout bon marché. Sur les routes, nous avons emprunté l’un des 28 bus ultramodernes qui relie depuis 2007 Douala à la capitale Yaoundé, des engins tout confort, fabriqués par Zonda Motor dans la province de Jiangsu. Et sur les radios, quelle surprise d’entendre cette star de la makossa, un genre musical typique, le regretté Liu du Kamer, un Chinois décédé en 2006.
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