ÉCONOMIE & FINANCE
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

HOME > ÉCONOMIE & FINANCE >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

Scandale des écoutes
Rupert Murdoch, l’empire à la question

Par Christophe Passer - Mis en ligne le 20.07.2011 à 11:35

Pas un jour sans une démission chez Scotland Yard, une arrestation, un journaliste mort ou un témoignage devant une commission. Murdoch aux abois, l’agonie pose quelques utiles interrogations sur la presse.

Témoignant mardi avec son fils devant la commission parlementaire, Rupert Murdoch, 80 ans, a dit qu’il s’agissait du jour «le plus humble de son existence».

Le faiseur de rois, ou plutôt de premier ministre, avait délaissé l’arrogance pour s’embarquer dans un rôle de composition inédit, celui de la contrition, continuant cependant à nier toute responsabilité personnelle. Pour dire les choses simplement, il ne faisait plus le malin.

Entre la mort de Sean Hoare (semble-t-il décédé de façon non suspecte, mais qui vivait terrifié et terré chez lui), ex-journaliste de News of the World qui dénonçait les pratiques d’écoutes téléphoniques illégales, les révélations sur la complaisance policière (des enquêtes jamais abouties) et les connivences politiques (l’amitié du premier ministre David Cameron pour Rebekah Brooks, ex-directrice anglaise du groupe), le Royaume-Uni vacille autant que Murdoch lui-même. L’affaire est révélatrice de nombreux questionnements sur la puissance des tabloïds britanniques.

On pourra reprocher ce qu’on voudra à l’Australien, mais il aime les journaux, il aime le papier. Depuis des années, de nombreux cadres de News Corp, dont son propre fils, lui suggèrent pourtant de les laisser froidement tomber. C’est la télévision qui rapporte. Et le numérique, c’est l’avenir, même si le lancement récent de The Daily (un quotidien sur iPad) s’est avéré pour le moment un échec industriel.

Le rachat de Dow Jones, en 2007 (le Wall Street Journal) a coûté très cher. Dans un éditorial récent, le quotidien économique américain rendait d’ailleurs un hommage appuyé à l’engagement de Murdoch pour le titre. Mais, si durant les cinq dernières années, les bénéfices de News Corp ont baissé de 28%, c’est bien à cause de la presse. Vendre l’ensemble de ses journaux anglais (le Sun, le Times, etc.) fait partie des options envisagées désormais pour éteindre le feu.

Murdoch, pour faire le succès de ses plus de 170 journaux, ne s’est jamais encombré de préoccupations morales ou éthiques. C’est là qu’intervient la perversion murdochienne: à quel moment la compétition trash, la course au scoop, la volonté de gagner des lecteurs ou de résister à l’érosion du nombre de ces derniers, fait-il perdre le sens des réalités à une entreprise entière? Pour glisser, avec les écoutes illégales, de l’enquête culottée vers le sordide délit de droit commun?

La presse tabloïd a beau être officiellement méprisée, elle a pu servir historiquement d’aiguillon à des journaux plus tempérés ou classiques. Mais la puissance, boostée par les écoutes, que cela donna au début des années 2000, à cette yellow press, la panique que les politiciens exsudaient devant des révélations, même éventuelles, de News of the World ou du Sun, a lentement fait passer Murdoch du camp du contre-pouvoir démocratique, soit l’honneur de la presse écrite, à celui de l’autocrate agressif et sûr de son impunité. Il suffisait de payer ici ou là pour se débarrasser d’un dérapage, les affaires continuaient. Vieille lune: si le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu des tabloïds corrompt absolument.

Ce sont les enquêteurs du quotidien londonien The Guardian (lire le «Point final» de Luc Debraine en page 66) qui ont fait éclater l’affaire. Ils ont insisté durant des mois, avec opiniâtreté, dans leurs recherches. Bien sûr, il faut des journaux pour tous les goûts, certains au style plus racoleur, soulignant le divertissement ou le futile dans l’information.

Mais les tabloïds anglais accusent le coup des crimes de l’empire Murdoch. Des journaux comme le Mail on Sunday ont aussi baissé leur prix pour tenter de récupérer une partie des lecteurs de feu News of the World, qui étaient 7,5 millions. Et si ces derniers se mettaient à lire le Guardian?




Tags: News of the World, Rupert Murdoch, Scotland Yard,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page




Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.


ÉCONOMIE & FINANCE
Tamedia licencie 21 personnes en Suisse romande
Logo de Tamedia (archives) Keystone
Tamedia a annoncé à 21 de ses collaborateurs leur prochain licenciement. Le groupe qui édite notamment "La Tribune de Genève",...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Les "100 personnalités", édition 2012
Les
Pour la 8ème fois, L’Hebdo a présenté dans sa dernière édition, à l’occasion du Forum, sa séléction de "100 personnalités...
ÉCONOMIE & FINANCE
Bankia: le nouveau président défend l'équipe qui l'a précédé
La banque espagnole Bankia, a demandé un pr^et de 19 milliards d'euros (archives)  Keystone
Le nouveau président du groupe espagnol Bankia, Jose Ignacio Goirigolzarri, qui a sollicité vendredi une aide record de 19 milliards...
ÉCONOMIE & FINANCE
L'Espagne poussée au sauvetage public le plus cher de son histoire
Bankia a besoin de 19 milliards d'euros d'argent public (archives). Keystone
La situation est pire que prévue chez Bankia, quatrième banque espagnole, qui croule sous les actifs immobiliers risqués. Elle a...
ÉCONOMIE & FINANCE
Avions militaires: Pilatus signe avec l'Arabie Saoudite
Des Pilatus PC-7 en démonstration (archives) Keystone
Pilatus va fournir 55 avions d'entraînements à l'Arabie Saoudite. La firme a signé vendredi un contrat avec le groupe de...


ÉCONOMIE & FINANCE
 Résidences secondaires à l’étranger: c’est le moment d’acheter!
Acheter une villa en Toscane, une propriété dans le sud de la France ou, pourquoi pas, un pied-à-terre à New...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Le roman vrai de la crise financière : Pédagogie de la crise un brin optimiste
Expliquer la grande crise financière – dont le monde a pris conscience à l’été 2007 – dans un langage clair,...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Jacques Attali : "Les crises ont toujours été un moteur d’intégration"
CONSEILLER PERSONNEL Jacques Attali a été le «sherpa» du président François Mitterrand (ici en 1987), l’un des pères fondateurs de l’euro. Thomas Laisné / Corbis
Eurozone au bord de l’implosion, des pays entiers qui pourraient «faire faillite», l’Italie qui fait trembler les marchés... Les semaines...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Blogtrotters : Chez les "vrais" Suisses
TRADITIONS A Ernen, les manières de faire sont immuables. DR
Romands, vous croyiez être de vrais Suisses? Détrompez-vous, vous n’êtes que des Suisses de l’extérieur. A Ernen, un village de...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Logement: quand le mythe devient réalité
Avenir Suisse a présenté la semaine dernière une étude visant à briser quelques «mythes» sur le marché du logement en...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Décryptages : Bien assurés ou rassurés à bon compte?
Les nouvelles normes prudentielles et règles de comptabilité prévues pour les compagnies d’assurance et fonds de pension – notamment l’obligation...