L’esprit vide et la tête dans les nuages, c’est à mon tour de chausser mes tongues et de marcher au rythme des touristes.Depuis le Buffet de la gare de Lugano, je dis au revoir à ces mouvements et revendications croisés sur ma route: pour la décroissance, pour une régulation de l’immigration, contre le son des cloches des églises, pour le droit des pères en cas de divorce, pour une plus grande intervention de l’Etat, pour le droit des étrangers, pour la reconnaissance du travail des paysans ou pour la défense de l’environnement. Toutes ces réclamations aux formes diverses, mais qui regroupent une peur commune : celle de ne pas trouver sa place dans la société.Le temps aussi de dire au revoir à ces expériences de vie qui ne pouvaient faire l’objet d’un texte et qui resteront secrètes à jamais. A ces témoignages, qui m’ont emmenée en Algérie, au Togo ou en Italie. A ces confidences, qui m’ont propulsée dans les questionnements intimes ou les souvenirs personnels d’inconnus.Et c’est donc aussi l’occasion de dire merci à ceux qui m’ont accordé leur confiance.Je garde précieusement en moi ces petits morceaux de quotidien partagés et ces rencontres imprévues qui ont décidé de la tournure de ces six semaines.
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