Saturation immobilière
La crise n’altère pas la vigueur du marché romand: prix élevés et faible disponibilité.
Profiter des taux bas pour devenir propriétaire? Encore faut-il trouver un logement disponible ou un terrain à bâtir. Pour Yvan Schmidt, administrateur de i Consulting SA, «Genève se trouve depuis longtemps dans une situation de pénurie structurelle qui déborde sur Vaud». Selon l’analyste en immobilier, il manque cruellement de terrains à vendre, la pression mène à des prix exagérés et décourage les promoteurs.
Résultat: en comptabilisant les mises à l’enquête, Yvan Schmidt prévoit, pour les deux prochaines années, que la pénurie de logements s’aggravera dans le canton de Vaud (0,46% de taux de vacance) et stagnera à Genève – où la vacance a atteint un seuil presque «incompressible» à 0,2%. «La croissance lémanique déborde sur Fribourg et Neuchâtel, mais épargne encore le Valais, Chablais mis à part», précise l’analyste.
Cette saturation d’une bonne partie du marché romand devrait servir de pare-feu contre la crise qui n’aura d’effets directs que sur les demeures de luxe, notamment en stations. Là, les experts n’attendent pas une désagrégation du marché, mais plutôt un fléchissement qui permettra un sain rééquilibrage des prix. Des occasions à saisir? Il y en aura toujours, mais elles restent rares.
De plus, les encouragements à la propriété se heurtent à l’appréhension de la récession: «Les gens sont plus frileux, constate Yvan Schmidt. D’une manière générale, le marché de l’immobilier ne connaît pas de réactions aussi abruptes que celui du carburant, qui réagit rapidement aux fluctuations. Les effets de levier mettent plusieurs mois avant d’influencer le marché.» Et là, les experts sont unanimes: dès que la conjoncture redémarrera, les taux hypothécaires prendront l’ascenseur. •
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