Savoir bouger sans suer
Douceur. Créée par une kinésithérapeute française, l’anti-gymnastique débarque en Suisse romande.
A première vue, Delphine André n’a rien d’une sadique. Pourtant, quelques minutes après le début de la rencontre, le doute surgit. A la personne venue tester l’anti-gymnastique, cette jolie Lausannoise de 29 ans demande en effet d’une voix douce de se coucher sur le sol, de joindre les talons et les chevilles, en gardant les épaules et le dos des mains au sol... Tout cela en collant les bras le long du corps. «En adoptant cette position anatomique, le reste du corps se déforme, explique la Vaudoise qui a accompli deux ans de formation à Paris. Les compensations sont personnelles. Elles mettent en lumière nos résistances, nos contractions, toutes sortes de mauvaises habitudes (serrer les dents, par exemple) que nous avons prises.» L’anti-gymnastique a été mise au point par Thérèse Bertherat, une kinésithérapeute française. Son postulat de base: nous sommes tous beaux et bien faits, mais notre forme parfaite est presque toujours masquée par toutes sortes de crispations, douleurs et déformations, rarement congénitales. Elles sont les réactions du corps aux événements de la vie. Une narine s’est pincée, les jambes se sont raidies...
Muscles malmenés. Cette méthode consiste à faire de petits mouvements très précis, qui permettent de retrouver la mobilité des muscles malmenés par les événements de la vie. Un exemple? Le travail du pied, en détachant le petit orteil de tous les autres. Bigrement difficile. «Pendant l’enfance, on se crée sa palette de mouvements. Notre vie durant, nous puisons dans cette dernière: l’anti-gymnastique permet de s’ouvrir à d’autres mouvements. Une ouverture corporelle qui amène une ouverture de l’esprit», explique Delphine André qui a pratiqué la natation synchronisée pendant plus de dix ans. «Aujourd’hui, alors que je ne fais plus que l’anti-gymnastique, je suis plus musclée qu’à l’époque où je nageais trois fois par semaine. Les muscles en tension ne travaillent plus. C’est seulement lorsqu’on les relâche qu’ils recommencent à bouger naturellement. A chaque séance, les gens explorent leur corps et découvrent des territoires inconnus.»
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