Après les directeurs de la BNS, c’est au tour de celui de la FINMA de mettre en garde banquiers et emprunteurs sur la formation d’une belle bulle immobilière en Suisse. Rendus euphoriques par des taux d’intérêt maintenus au plancher depuis de longs mois, les aspirants propriétaires auraient tendance à oublier que la charge de leur dette hypothécaire pourrait s’alourdir si les taux reprenaient le chemin de la hausse. Ils seraient également enclins à payer un peu trop cher leur si désiré «sweet home», en sous-estimant le risque de baisses de prix dans la pierre. Un risque également minimisé par des banquiers ouvrant à nouveau trop largement le robinet du crédit. Mais la dépense logement étant une des plus contraintes qui soit, le statut de locataire serait-il plus confortable en cas de montée des taux d’intérêt et, partant, de pression sur les loyers? Par ailleurs, si l’inflation revenait, l’immobilier incarnerait encore plus le rôle d’actif de sécurité. A moins que la BNS et la FINMA craignent, sans le dire, la réalisation d’un scénario caché: la stagflation. Une sale maladie de l’économie combinant croissance zéro avec hausse des prix courants et des taux d’intérêt. Un mal caractérisé aussi par une langueur durable de la valeur de l’immobilier, minée tant par la baisse du pouvoir d’achat des propriétaires que par celle des trop rares locataires solvables.
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