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Peter Gabriel, un prêté pour un rendu
Sur son nouvel album composé de reprises, le musicien anglais rend hommage à ses pairs comme à la génération montante. Avant qu’ils ne lui rendent la pareille.
Décidément, la scène indépendante a le vent en poupe. Vampire Weekend est en tête des hit-parades, on entend Grizzly Bear dans une publicité pour une voiture, tandis que Thom Yorke et Bon Iver composent des chansons pour Twilight.
Comme pour parachever cet avènement, c’est Peter Gabriel qui y va de son adoubement cet hiver, avec son nouvel album Scratch My Back. Le leader historique de Genesis et fondateur du label Real World démontre qu’il n’a rien perdu de son oreille musicale et s’empare de chansons signées Radiohead, Arcade Fire, Elbow ou Regina Spektor. Le tout sans renier son âge ni ses racines, reprenant ses contemporains Lou Reed, Neil Young ou David Bowie.
Orchestral et cohérent. Banal en apparence, l’exercice est une réussite à double titre. Grâce à un canevas dépouillé – orchestral et orphelin d’instruments rock – Peter Gabriel parvient à insuffler une cohérence à ces douze chansons issues d’horizons différents. Mieux, l’Anglais offre quelques interprétations de grande classe, dépoussiérant des airs maintes fois entendus (Heroes, The Boy With The Bubble-Gum), redessinant avec subtilité des tubes plus récents (Street Spirit, The Book Of Love). On regrettera juste quelques ratages, notamment sur les reprises d’Arcade Fire et de Bon Iver. Et on attendra impatiemment la suite de ce projet, d’une tournée de concerts avec orchestre à un album miroir à venir, I’ll Scratch Yours, sur lequel les artistes repris ici s’attaqueront à leur tour au répertoire de Peter Gabriel.
Christophe Schenk
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