Secteur de l'énergie à ne pas bouder
L’après-marée noire. Le souci de sécurité bénéficiera aux sociétés de services aux producteurs de pétrole.
Le 15 juillet, BP semble avoir partiellement réussi à colmater la fuite de pétrole polluant le golfe du Mexique, depuis l’explosion sur la plateforme Deep Water du 20 avril dernier. Alors que tous les effets de cette catastrophe ne peuvent encore être évalués avec précision, les cours des actions des sociétés productrices d’énergie et des entreprises ayant des activités annexes ont fortement baissé. Avec une intensité d’autant plus forte que les Bourses ont globalement piqué du nez en mai. Les investisseurs les plus téméraires ont acheté des titres de l’énergie au plus bas et déjà engrangé des plus-values potentielles. Les valeurs énergétiques dans leur ensemble sont toutefois loin d’avoir retrouvé leurs niveaux d’avant la grande marée noire.
Elles recèlent encore un potentiel sensible d’appréciation, selon le FundWeek de Swiss & Global Asset Management daté du 14 juillet. Bien que les Etats-Unis, la Norvège et la Chine ont, pour l’heure, suspendu les forages en eaux profondes destinés à la prospection de nouveaux gisements d’or noir au large de leurs côtes, cette publication périodique spécialisée dans le conseil en investissement, éditée par la société gérant les fonds de placement de Julius Bär, relève que «les perspectives à moyen terme pour le forage offshore ne sont ni trop sombres ni passibles de subir des changements majeurs. La dépendance de l’Amérique vis-à-vis du pétrole et son désir de devenir moins tributaire du pétrole étranger sont deux arguments forts à cet égard.»
Technologies pointues. Et de souligner que «les sociétés de services et de fournitures d’équipements pourraient même bénéficier des réglementations plus strictes: dans la mesure où les producteurs de pétrole devront améliorer la maintenance des plateformes existantes (...). De plus, les nouvelles réglementations pourraient imposer le remplacement d’équipements obsolètes afin que les entreprises satisfassent aux nouvelles normes de sécurité.»
Même analyse de Standard & Poor’s, dans l’édition du 14 juillet de son European Equity Sector qui relève que l’environnement actuel favorise les sociétés de services aux entreprises productrices de pétrole ou les équipementiers «possédant une haute technologie». Alors que Swiss & Global Asset Management conseille de miser sur l’ensemble du secteur de l’énergie – y compris les énergies alternatives, notamment solaires – à travers le fonds de placement maison Julius Bär Energy Fund; Standard & Poor’s propose de surpondérer les seules entreprises de services aux producteurs d’énergie; estimant que la valorisation des titres du secteur énergétique dans son ensemble reste très dépendante des prix du brut qui devraient rester volatils. D’où son avis neutre sur les producteurs d’énergie pour les mois à venir.
Les investisseurs aguerris opteront donc pour la sélection d’entreprises actives auprès des pétroliers. Les autres pour des fonds de placement énergie, en espérant que leurs gérants miseront sur ces futures gagnantes de l’après-marée noire géante.
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