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L’opération séduction d’Eternit
Par Matthieu Ruf - Mis en ligne le 16.02.2011 à 10:32
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Designers en vue, journalistes chouchoutés: l’entreprise veut définitivement tourner la page de l’amiante.
Dans leur usine de Payerne, les ouvriers d’Eternit ont vu débarquer, lundi 7 février dernier, une vingtaine de revendeurs et autant de journalistes. Une journée portes ouvertes inédite, pour mieux faire connaître cette société de production de fibres-ciment.
Tandis qu’en Italie, une société homonyme mais indépendante est toujours sous le coup d’une enquête pénale pour des maladies et des décès dus à l’amiante, Eternit (Suisse) SA veut se distancier encore plus de l’image négative véhiculée par ce matériau très cancérigène, qu’elle n’utilise plus depuis vingt et un ans.
Pour ce faire, rien de tel que le design, un domaine dans lequel Eternit a déjà une longue histoire, depuis les années 50 et les sièges de jardin de Willy Guhl.
Aujourd’hui, même si 91% de son chiffre d’affaires relève de la production de façades et de toitures, l’entreprise compte faire parler d’elle en misant sur des jeunes designers, tels le Lausannois Nicolas Le Moigne et l’Autrichien Rainer Mutsch.
Pour la première fois, l’entreprise de Niederurnen (GL) a engagé une agence de communication, My Playground, basée à Lausanne. Cela explique le succès de la journée auprès des journalistes, venus nombreux, à qui l’entreprise offrait un cadeau à choix (par exemple un bac à fleurs «Kyoto» d’une valeur de 156 francs).
Surtout, Eternit a engagé cette année deux consultants, qui rendront visite ces prochaines semaines à environ 70 revendeurs spécialisés dans le design, explique l’un d’eux, Bruno Steiner.
Pour l’instant, en effet, il est difficile de trouver les objets design d’Eternit. Quant aux commandes par l’internet, elles ont surtout marché «en Uruguay, où nous ne sommes pas présents», rapporte le responsable Jardin & Design, Dani Hauri: «Les Suisses, eux, ont besoin de toucher!»
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