Serge Robin: "L’offre de la place financière n’a sans doute jamais été aussi forte"
Optimisme. Le nouvel associé de Gonet & Cie, jusqu’ici CEO de Merrill Lynch (Suisse), relève que la place financière attire hedge funds, family offices et argent frais.
Le 3 mai, Nicolas Gonet, 42 ans, et son père, Pierre, ont accueilli un nouvel associé: Serge Robin, jusque-là directeur général de Merrill Lynch Bank (Suisse) SA. L’arrivant au collège de Gonet & Cie, banquiers privés à Genève, est ainsi le seul associé ne portant pas le nom des fondateurs de cette entreprise de personnes. Il n’est pas non plus membre de la famille des actuels dirigeants. Un début de carrière chez Lombard Odier & Cie, pour lequel il a travaillé près de dix-huit ans, l’a toutefois familiarisé avec les traditions de la banque privée genevoise.
Quelle était votre motivation principale pour ce changement professionnel?
Les Gonet m’ont appelé et le courant a passé. Les premiers contacts avec Pierre et Nicolas Gonet, que je ne connaissais pas, ont été déterminants. Il est très important, pour une association dans une banque privée, d’être convaincus qu’on pourra travailler efficacement ensemble.
Vous aviez fait, auparavant, le chemin inverse: quitter un banquier privé pour rejoindre une grande banque...
J’ai quitté Lombard Odier & Cie sans avoir un emploi, avec l’intention de prendre six mois de congé. J’avais alors 42 ans et étais responsable de l’Asset Management. Une discussion avec Georges Gagnebin m’a amené à travailler à UBS pour créer le Family Business Group au sein du Wealth Management: l’idée était de mettre à la disposition du client de la gestion de fortune tous les outils d’une banque universelle pouvant répondre à ses besoins.
Un modèle aujourd’hui remis en cause?
Ce modèle est idéal en théorie: il fait bénéficier le client de la gestion de fortune des nombreux savoir-faire disponibles dans une grande banque; l’Investment Banking peut être utile pour les opérations d’une entreprise détenue par un client. La crise a toutefois démontré que ce schéma est très difficile à mettre à exécution. Tout d’abord, parce que les sociétés cotées doivent présenter des résultats trimestriels, alors que le temps d’acquisition d’un client dans la gestion de fortune privée peut être long. Ensuite, parce que le Private Banking et l’Investment Banking de la même banque n’ont pas forcément les mêmes intérêts et objectifs. Enfin, les changements constants de management ne favorisent guère la durée de la relation entre le banquier et son client que recherche la clientèle de la gestion de fortune. Pierre et Nicolas Gonet étaient là avant la crise et ils y sont toujours.
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