Sexe en chaire
Par Philippe Le Bé - Mis en ligne le 02.04.2009 à 06:00
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Les mystiques embrasent leur corps jusqu’au septième ciel. pourquoi pas nous?
L’autre dimanche, à la messe, je me suis mis à rêver que je prenais la place du célébrant. J’avais en tête le tollé suscité par les déclarations de Benoît XVI sur le préservatif. «Bien chères Sœurs, bien chers Frères...» J’aurais commencé ainsi mon homélie. Un truc assez classique. Ensuite, ça se serait gâté: «Que se passe-t-il dans un acte sexuel entre un homme et une femme? – Mieux vaut simplifier, c’est dimanche quand même – L’état amoureux se manifeste sous une forme éthérée, puis gazeuse, puis liquide et enfin, éventuellement, solide avec la conception d’un enfant. Autrement dit, la relation va du plus subtil au plus physique, du plus immatériel au plus dense. Eh bien savez-vous, chers Frères et Sœurs, que ce parcours amoureux, nous pouvons aussi le faire… dans l’autre sens? En partant de l’état éthéré vers des régions de plus en plus subtiles. Avec une jouissance qui s’amplifie au fur et à mesure que nous franchissons les étapes. C’est ce que vivent les vrais mystiques qui, bien loin de se détacher de leur corps, l’embrasent tout entier pour le conduire... au septième ciel. Pourquoi n’essayons-nous pas? Bon, c’est vrai, on n’enseigne pas cela à l’école. Sur sa chaise, le dos voûté, l’enfant n’apprend ni à respirer, ni à danser, ni à aimer. Ce qu’il sait intuitivement de son corps, de son âme et de son esprit, les adultes se chargent de le lui faire oublier. Mais tout n’est pas perdu. Nous pouvons encore redevenir des enfants. Bon dimanche!»
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