Un télésiège! Voilà l’idée insolite des architectes bâlois du pavillon suisse. Ce dernier est installé dans la plus grosse expo universelle jamais organisée: World Expo Shanghai 2010 et son thème «Better city, better life». Un atout made in Switzerland qui va ravir les badauds, notamment les Chinois qui formeront le 90% des 70 millions de visiteurs attendus sur le site entre le 1er mai et le 31 octobre prochains.
Les 3 millions de curieux qui emprunteront le télésiège auront vue sur la mégapole (19 millions d’habitants); le fleuve Huangpu (400 m de large); le site de l’expo, une ancienne zone industrielle au cœur de la ville (5 km2 de surface); et, enfin, sur la star rouge, le pavillon chinois, le seul à avoir dépassé les maxima en s’octroyant trois fois plus de hauteur (60 mètres) que les 200 autres exposants.
Le pavillon suisse officiel, qui incarne «la symbiose entre l’urbain et le rural» avec ses cylindres de béton et son toit végétalisé, finit de s’ériger sur un terrain de 4000 m2 pour un budget de quelque 20 millions de francs, dont «7 payés par la Confédération», dit l’ambassadeur Johannes Matyassy, directeur de Présence suisse. Le reste provient de privés. Quant au budget du second pavillon, celui des villes de Bâle, Genève et Zurich qui a pris place de l’autre côté du fleuve (lire ci-dessous), il est de 4,9 millions de francs: 3 millions proviennent des villes et 1,9 sont assurés par des partenaires publics et privés.
AU CŒUR DE SHANGHAI

LE PAVILLON SUISSE OFFICIEL
À L’EXTÉRIEUR
Deux énormes cylindres de béton, une façade d’acier transparente, des rails de télésiège, un toit végétalisé, 780 tonnes d’acier, 600 mètres cubes de béton, 32 pieux fichés dans le sol: les visiteurs auront tout le loisir de détailler le pavillon suisse avant de pouvoir y pénétrer. En effet, comme l’annonce Manuel Salchli, chef des grandes manifestations internationales à Présence suisse, les amateurs devront faire le pied de grue «pendant environ six heures» pour s’offrir un tour dans les hauteurs, ou simplement découvrir le cœur du pavillon fédéral.
CLINS D’ŒIL DE FAÇADE
C’est un rideau d’aluminium, une sorte de filet à grosses mailles sur lequel sont greffées des cellules solaires. Onze mille cellules «intelligentes» qui absorbent la lumière et la reproduisent sous forme de points lumineux qui varient en fonction du soleil, du vent et des flashes des appareils photo et qui orneront après l’expo des maisons chinoises. «Une méthode ludique» qui éclairera le visiteur sur toute l’énergie qui reste inexploitée autour de nous, souligne Manuel Salchli, de Présence suisse.
FACE À DE VRAIS SUISSES
Connus ou moins connus, une douzaine de Suisses projetés en grandeur nature sur des écrans vont s’adresser en 30 secondes au visiteur pour lui faire part de leurs rêves, de leurs idées et évoquer les atouts de la Suisse.
LE CLOU DE LA VISITE
Un télésiège sonorisé avec de la musique zen, des rails qui partent de l’intérieur urbain du pavillon pour serpenter jusque sur son toit de verdure: tel sera le clou de la visite du pavillon suisse qui fait la part belle à l’«interaction entre la ville et la campagne». En six minutes, les 15 000 passagers quotidiens du «chairlift» se laisseront emmener «vers la légèreté de la nature», le yang, avant de replonger «vers les pesanteurs de la ville», le yin, et la cohue de l’expo. Des employés venus de Zermatt ou d’Engadine seront là afin d’assurer la bonne marche du télésiège.
VIP, SINON RIEN
Au troisième étage du gros cylindre, le salon à disposition des VIP et des sponsors du pavillon suisses avec espace de conférence ainsi que bar & lounge avec vue plongeante sur le pavillon et sur l’écran géant.
SUR NOS MONTS...
Une terrasse avec vue sur un écran géant de presque 10 mètres de haut: le visiteur plongera dans le film «The Alps», sept minutes où seront présentés en boucle et en grand format des paysages suisses. Montrer leur beauté mais également expliquer que ces lieux-là ne peuvent être exploités comme d’autres.
ZOOM SUR LES JUMELLES
Cinquante «success stories» suisses par le petit bout de la lorgnette. Telle est l’idée des 50 binoculaires 3D qui accueillent le visiteur en 6 langues (nationales, anglais et chinois). Parmi ces histoires «novatrices et durables en matière de protection de l’air et de l’eau, d’agriculture durable et de transports publics», la toute nouvelle cabane du Mont-Rose élaborée par l’EPFZ ou le tunnel ferroviaire du Lötschberg.
FIN DE VISITE
Le visiteur trouvera restaurant, boutique, Montreux Jazz Café, estrade pour activités culturelles avant de quitter le pavillon. GENEVE-BÂLE-ZURICH
Le pavillon des trois villes suisses sous les feux de la rampe
C’est la première fois qu’une expo universelle réserve un espace aux villes en tant que telles. L’idée? Qu’elles montrent du concret dans la gestion de leur espace urbain. Genève, Bâle et Zurich se sont donc unies début 2008 pour tenter de décrocher le sésame et montrer leur savoir-faire.
Résultat: non seulement le trio est gagnant mais leur pavillon, qui côtoie celui de Paris et d’Osaka, est le plus grand des pavillons des villes (720 m2). Son thème: l’eau en milieu urbain. L’occasion pour Genève de présenter la «success story» de l’assainissement du Léman, pour Zurich sa gestion de l’eau potable de manière durable et, pour Bâle, l’assainissement du Rhin après la catastrophe de Schweizerhalle: «Une opération beaucoup plus modeste que le pavillon fédéral», remarque Sami Kanaan, responsable genevois du projet des trois villes.
Le tout sera présenté dans un espace entièrement modulable et sur un écran circulaire géant à 360 degrés, «une prouesse technologique», assure Sami Kanaan. Des bornes interactives permettant de s’informer plus spécifiquement sur chacune des trois villes seront également mises à la disposition des visiteurs.
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