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«Les secteurs touchés en premier se remettent plus lentement. L’appréciation et les incertitudes qui planent sur le cours du franc suisse face à l’euro apportent une pression supplémentaire. Il y aura encore des licenciements», confirme Peter Dietrich.
Malgré ces pronostics, relevons que, sur le front de l’emploi, la situation n’est pas dramatique. Surtout si l’on se rappelle qu’on envisageait une dépression de l’ampleur de celle des années 30. «Par prudence, nous avions prédit un taux de chômage de 5%. Or, même pendant la crise financière, la Suisse n’a pas atteint ce plafond. La situation est aussi moins grave que pendant les années 90 où le taux de chômage dépassait les 5%», relève Aymo Brunetti, chef de la direction de la politique économique du Seco.
Dès lors, pourquoi le marché de l’emploi est-il encore à la peine, alors que les autres indicateurs remontent? La raison est simple: le taux de chômage réagit toujours en décalage d’environ six mois à une remontée de la conjoncture. «Dès que l’économie s’améliore, les entreprises utilisent d’abord toutes leurs ressources disponibles avant de songer à engager. Elles peuvent aussi faire appel à des travailleurs temporaires avant d’embaucher», explique Aymo Brunetti.
Un autre élément influence aussi l’emploi. Si l’on n’embauche pas directement, c’est aussi parce qu’il faut d’abord absorber le chômage partiel. «Le recours aux réductions d’horaires est de grande importance pour les entreprises de notre branche. Il permet de conserver les effectifs, observe Peter Dietrich. Actuellement, la situation s’est calmée et plusieurs entreprises ont pu mettre fin au chômage partiel. Mais pas encore toutes.» «L’introduction du chômage partiel nous a permis de remonter la pente. La mesure a été salvatrice pour notre société», confie Olivier Potavin, directeur de Meas Suisse SA.
La crise des années 90 avait permis à l’industrie suisse de se solidifier et de se restructurer. La dernière en date aussi. Un rapide coup d’oeil permet de voir que le retour à une meilleure croissance s’est fait en parallèle avec une montée du chômage. Certaines entreprises ont gagné en productivité. Secouées par la tempête, elles ont été contraintes de trouver des solutions pour survivre. Comme revoir leurs structures, leur organisation, leurs ressources pour s’adapter à la nouvelle donne. «La productivité de notre entreprise a retrouvé un niveau acceptable depuis le début de l’année: dans certains secteurs, nous avons même atteint des taux records sur le premier trimestre», explique Sylvain Künzi.
Comment se dessine l’avenir?
Selon l’Institut Créa, l’économie romande est déjà dans une phase de rebond. Cette année, le PIB de la Suisse romande devrait progresser de 2,1%. Avec une tendance identique pour 2011. Les patrons partagent cette analyse. La plupart estiment que la reprise va se poursuivre. De nombreuses sociétés tablent sur de belles perspectives pour le deuxième trimestre 2010. Mais aucune n’a de certitude. Echaudées, elles préfèrent attendre la fin du premier semestre pour obtenir confirmation de ce qu’elles pressentent.
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