L'Hebdo;
2009-05-14 SI VOUS AVIEZ UNE BAGUETTE MAGIQUE, QUE FERIEZ-VOUS? QUELQUES IDÉES
PHOTOS ALAN HUMEROSE REZO NIELS ACKERMANN REZO
DOMINIQUE ARLETTAZ
Recteur de l'Université de Lausanne
«Je redonnerais aux gens la confiance en eux. Nous avons des capacités extraordinaires, mais le pessimisme nous pousse à nous refermer sur nous-mêmes. La Suisse romande doit dessiner le futur en tissant des liens avec ses voisins, proches et lointains.»
ANDRE BORSCHBERG
CEO de Solar Impulse
«J'insufflerais une réelle volonté politique, aux niveaux suisse et international, pour stimuler fortement le développement des énergies renouvelables. Cela créerait de nouvelles industries et des emplois, tout en nous aidant à résoudre le problème du climat, qui va être dramatique dans le futur.»
PIERRE KELLER
Directeur de l'Ecal
«Ma solution: prendre des risques et foncer. C'est la création qui nous sauvera de la crise, et cela dans différents domaines. J'insiste aussi, au niveau romand, sur la fabuleuse et très active synergie des hautes écoles, notamment l'Ecole hôtelière, l'IMD, I'EPFL et, bien sûr, l'Ecal.»
MARIANNE HUGUENIN
Syndique de Renens, POP
«Créer un système fondé sur les besoins humains, plutôt que sur la rentabilité. On doit revoir le mode de répartition des richesses. Il n'est pas normal que nous disposions des ressources et technologies nécessaires pour nourrir l'ensemble de la terre et que des gens aient faim.»
ANNIE GENEVARD
Maire de Morteau(F)
«Remettre l'humain au centre de tout Dans les domaines de l'environnement, de la culture, de l'économie, de la formation. Retrouver l'art de vivre et l'art de vivre ensemble.»
VINCENT SAGER
Directeur d'Opus One
«Contre la sinistrose ambiante, la culture peut être un bon antidote. En rendant les billets des spectacles déductibles de ses impôts, on pourrait encourager les gens à en profiter.»
JACQUELINE DE QUATTRO
Conseillère d'Etat, PLR/VD
«La confiance! Il faut arrêter de faire du catastrophisme par rapport à la crise et plutôt encourager les gens à entreprendre, à construire, à ne pas se laisser aller. Il faut aussi essayer de dépasser l'esprit de clocher. Nous avons un pays solide, avec de bonnes entreprises: nous devons croire en nous.»
FRANÇOISE PIRON
Présidente de l'Association Pacte
«Diversifiezvos compétences, engagez plus de femmes pour une meilleure mixité dans l'entreprise!»
GUY METTAN
Directeur exécutif, Club suisse de la presse
«Fusionner les campus Uni et HES de Genève et de Lausanne. Des piliers académiques pour une métropole lémanique.»
JACQUES BOURGEOIS
Conseiller national PLR/FR
«Je doublerais le pouvoir d'achat des gens.»
OLIVIER GUÉNIAT
Chef de la Police de sûreté de Neuchâtel
«J'arrêterais le radiateur qui réchauffe la planète.»
MARTINE REBETEZ
Climatologue
(Je nous ferais entrer dans une nouvelle ère énergétique dans laquelle l'utilisation les énergies renouvelables deviendrait une évidence.»
GISÈLE ORY
Conseillère aux Etats, PS/NE
«Je transformerais la société capitaliste actuelle quiva de crise en crise en une société basée sur le développement durable.»
YVES BURNAND
Avocat, Etude BDMA
«Le remède à la crise identitaire est dans l'éducation et la culture qui, comme dirait Amin Maalouf, permet de sublimer les différences.»
CAROLE DELAMURAZ
Head of communications, Musée olympique
«Réinstaller ce qu'il manque: la confiance et la conscience.»
ALAIN VÔGELI
émaf broadcast
«Je changerais tous les a priori sur les différences culturelles entre les cantons.»
MICHEL PROBST
Ministre, PLR/JU
«Je souhaiterais que l'économie s'envole comme Yves Rossi, avec la même audace.»
ÉLISABETH BAUME-SCHNEIDER
Ministre, PS/JU
«J'insufflerais aux gens l'envie au lieu de l'amertume et j'inviterais tous les artistes et chercheurs à venir créer dans le Jura.»
CLAUDE NICATI
Conseiller d'Etat, PLR/NE
«J'inculquerais quatre langues-y compris l'arabe et le mandarin à tous les jeunes, de manière qu'ils soient compétitifs sur le marché du travail.»
PIERRE BRUNSCHWIG
Partner Brunschwig et Cie SA
«Que la presse arrête de propager de mauvaises nouvelles et d'être l'apôtre de la fin du monde. Ce que je souhaite pour la Suisse romande, même si je préfère l'idée de Suisse ou de région: qu'on optimise nos forces, plutôt que de lutter contre nos faiblesses.»
DORIS COHEN-DUMANI
Présidente de la Fondation pour l'accueil de jour des enfants
«Le Swissmetro est vraiment un projet d'avenir pour la Suisse. Depuis le début, je suis fan de cette idée qui mobiliserait le pays, lui donnerait un emblème et montrerait au monde entier que nous sommes capables d'innovation. Sans oublier que cela créerait de l'emploi, dans une dynamique de relance de l'économie.»
VERA MICHALSKI
Directrice du groupe éditorial Libella
«J'inciterais les entreprises à ne pas abandonner la culture en temps de aise, nous en avons un besoin accru pour surmonter les stéréotypes et être créatifs. D'ailleurs la crise touche moins le monde culturel en termes de fréquentation et de consommation.»
FRANÇOIS LONGCHAMP
Conseiller d'Etat, PLR/GE
«J'imagine un théâtre décapotable, installé sur la rade de Genève. On pourrait l'utiliser pour la Comédie en hiver et pour le Cinélac en été, à ciel ouvert. Il s'agirait d'une réalisation populaire et ambitieuse-notamment sur le plan architectural-un peu à l'image de l'Opéra de Sydney.»
LILIANE MAURY PASQUIER
Conseillère aux Etats, PS/GE
«Il faut investir massivement dans l'éducation. Cela permettrait de contrebalancer les plans de relance actuels, qu'on accuse souvent de charger les générations futures. La formation est un outil de développement du pays, même à moyen terme. Et il s'agit d'une source d'emplois.»
RICARDO LUMENGO
Conseiller national, PS/BE
«On doit mieux utiliser l'esprit de créativité des jeunes. Il faut que la période de transition entre formation et travail soit mieux encadrée. Ces deux mondes sont souvent complètement séparés et manquent de liens entre eux. Il faut éviter que le jeune ne se sente abandonné à la sortie de l'école.»
PATRICK GYGER
Directeur de la Maison d'ailleurs
«Deux baguettes, ce n'est pas trop pour changer la Suisse romande! Assez de modération et de demi-mesures. Embrassons les utopies. Soit on choisit de mener la vie campagnarde des hobbits de Tolkien, soit on devient des cyborgs et on colonise l'espace!»
JEAN-FRÉDÉRIC JAUSLIN
Directeur de l'Office fédéral de la culture
«Que les Romands parient naturellement cinq langues au moins, dont le suisse allemand. C'est une force qui peut nous permettre de nous positionner dans le contexte européen. La manière dont nous coexistons fait de la Suisse une référence. Il ne faut pas la perdre. La culture sera l'enjeu majeur des prochaines années. Et la culture passe par les langues.»
CHRISTOPHE PASSER
Rédacteur en chef de L'illustré et de TV8
«Cesser de demeurer l'otage de cette idée que nous sommes les meilleurs et retrouver confiance dans l'extraordinaire créativité de ce pays au niveau de ses entrepreneurs. Tout cela peut se résumer par: adhérons à l'Europe!»
NICOLA THIBAUDEAU
CEO MPS Micro Precision Systems AG
«Je transformerais toute la Suisse romande en une région dont les habitants sont fous d'innovation. Tout le monde parierait parfaitement allemand et anglais. Les gens perdraient leurs réticences face à la nouveauté et à l'ouverture vers l'extérieur. Je supprimerais les procédures très suisses qui me gênent. Un exemple? La construction d'un bâtiment est très compliquée.»
FRANCIS WALDVOGEL
Fondateur et directeur exécutif de la World Knowledge Dialogue Foundation
«Si je le pouvais, j'ouvrirais davantage la formation supérieure à l'international. Dans des domaines comme l'urbanisation, l'énergie, la mobilité ou la santé, je développerais de nouvelles idées initiées par les jeunes. Et, en même temps, je rajeunirais toutes nos instances politiques.»
ADÈLE THORENS GOUMAZ
Conseillère nationale, Les Verts/VD
«Lançons un Green New Deal! En encourageant les 3000 projets d'investisseurs dynamiques impliqués dans la vente d'électricité verte, par le biais du programme de rétribution à prix coûtant. Créons un fonds d'écoprêts à taux préférentiels pour les entreprises actives dans les nouveaux marchés de l'environnement»
DANIEL ROSSELLAT
Syndic de Nyon
«Je ferais du district de Nyon un canton! Trêve de gag... Je profiterais de cette crise pour investir dans l'économie citoyenne et communautaire, soit tout ce qui est humain, social, éducatif, culturel. On met trop l'argent dans le béton en temps de crise-je ferais l'inverse, privilégier l'humain. C'est un investissement: créer des places de crèches permet à des femmes de travailler, tout est lié.»
ANNE REISER
Avocate
«Il existe une bourse des finances. Je propose de créer la bourse du temps et des compétences. De nombreux besoins et d'idées de projets sont là. Beaucoup de gens ont des compétences, du temps, mais manquent d'argent. Il s'agirait d'organiser un grand troc Chaque compétence serait transformée en argent une fois que le projet est mis sur pied et qu'il marche.»
ROLAND DECORVET
CEO Nestlé Suisse
«Je ferais en sorte que le chômage n'existe plus grâce à la découverte d'une nouvelle planète où l'on pourrait exporter sans limite.»
ANTOINE JACCOUD
Scénariste de «Home»
«Il faut sortir de la pensée économique, qui est la maladie de l'âme. Comme si une pensée était devenue LA pensée...»
PIERRE WEISS
Vice-président du PLR suisse
«Un système de formation bilingue dans toute la Suisse.»
ROMAINE JEAN
TSR, rédactrice en chef adjointe d'Actualités
«Un seul grand campus universitaire, où l'on trouve tout. Mais je refuse de dire où il est»
CONSTANTIN FRANZISKAKIS
Directeur de la prison deChamp-Dollon
«Je ferais en sorte que Jean-Jacques Rousseau ait eu raison quand il disait que le monde idéal peut exister.»
GILLES MARCHAND
Directeur de la TSR et chef du projet de fusion RSR-TSR
«Je change les médias, pour que la TSR et la RSR ne sombrent pas dans le tsunami médiatique qui aura lieu dans les 5 à 10 ans.»
PIERRE-FRANÇOIS UNGER
Conseiller d'Etat, PDC/GE
«Je rendrais aux gens le goût de l'avenir sans pour autant déserter leur propre histoire.»
MATHIEU FLEURY
Secrétaire général de la FRC
«Je ferais en sorte que l'individu revienne au centre, que l'intérêt porté au consommateur devienne réalité.»
JEAN STUDER
Conseiller d'Etat, PS/NE
«Je supprimerais l'illusion de croire qu'ily a un rapport entre l'intelligence et l'argent»
PATRICK NUSSBAUM
Directeur de l'information à la RSR
«J'injecte dans un maximum d'esprits une certaine capacité à être visionnaire. De vraies visions, pas à 5 ans, mais à 20 ou 30 ans.»
ANDRÉ LANGANEY
Généticien, Université de Genève
«La seule solution, c'est de donner la priorité au social sur le financier, c'est-à-dire de faire l'exact inverse de ce que l'on fait aujourd'hui.»
JEAN-DANIEL PAPILLOUD
CEO, Banque cantonale du Valais
«Ne pas entrer dans cette logique de "crise". C'est encore le meilleur moyen d'en sortir!»
SARAH MARQUIS
Aventurière
«Je donnerais à chacun son petit carré de terre. Les gens pourraient ainsi se connecter à la planète Terre, comprendre d'où ils viennent Cela nous permettrait de revoir nos habitudes, de changer notre vie, nos schémas, notre travail, de chercher des solutions pour qu'il y ait plus de solidarité entre les gens.»
RAYMOND LORETAN
Président de Genolier Swiss Medical Network
«Je créerais un seul gouvernement et une seule université romande de manière à réunir toutes les forces novatrices de cette région pour avoir une masse critique suffisante à l'échelon européen.»
PASCAL VANDENBERGHE
Directeur de Payot Libraire
«Je nommerais un Monsieur Livre comme nous avons un Monsieur Cinéma avec Nicolas Bideau! Je rêve d'une véritable politique du livre. Pourquoi les pouvoirs publics aident-ils le cinéma, le théâtre, mais pas le livre? On soutient un peu sa création, l'écriture, la traduction, l'édition, mais pas l'accès au livre ou sa diffusion.»
MARIA ROTH-BERNASCONI
Conseillère nationale, PS/GE
«Je mettrais des femmes à la tête de toutes les instances dirigeantes! Des études ont montré qu'elles prenaient moins de risques que les hommes. Si elles avaient été au pouvoir, nous aurions peut-être évité la crise! Par ailleurs, je créerais une instance internationale afin d'enrayer la crise au niveau mondial, avec solidarité.»
NICOLAS BIDEAU
Responsable de la Section cinéma à l'OFC
«Je ferais naître les Suisses avec le don de parier la langue de l'autre. L'identité pluriculturelle de la Suisse est une chance formidable. Mais le muftilinguisme freine beaucoup de projets. Et je donnerais à la Suisse un accès à la mer. Que Gênes devienne Genève! Notre géographie nous restreint. Nous aurions besoin de cette ouverture vers le large.»
ROGER PFUND
Graphiste et peintre
«Je trouverais des politiciens qui soient des professionnels non de la politique, mais de l'éducation, de la finance, de l'art, de l'architecture, etc. Je remplacerais quasiment tous nos politiciens. Ils vivent dans leur bulle carriériste, sont inatteignables et ne cherchent pas à comprendre comment fonctionnent réellement les gens, les entreprises, les artistes.»
THIERRY WEGMÜLLER
Directeur de Carte blanche, à Lausanne
«Moins de peur, plus d'action! J'obligerais les médias à publier autant de bonnes que de mauvaises nouvelles. Je ne sens pas la crise dans mon domaine mais la crainte de la aise, qui paralyse les comportements de manière irrationnelle. Il suffit d'une impulsion négative et tout le monde est contaminé. Moins d'état d'esprit mouton, plus d'état d'esprit bélier!»
PATRICK AEBISCHER
Président de l'EPFL
« Le rêve serait de créer quelques "totems" architecturaux qui refléteraient l'ouverture culturelle, technologique et scientifique de cette région. Par exemple une grande salle de musique, un important musée à vocation internationale, un centre de recherche sur le cerveau, un autre sur les énergies renouvelables.»
BERNARD RAPPAZ
Rédacteur en chef Actualités à la TSR
«Un grand réseau romand de métros. Pour que mon chef d'édition qui habite Savièse et que mon rédacteur en chef adjoint qui fait le trajet depuis Neuchâtel soient à Genève plus rapidement»
YVES ROSSY
Homme volant
«L'heure étant grave... je propose de supprimer la gravité. Tout le monde viendrait ainsi voler en Suisse romande!»
NELLY WENGER
Présidente de Nelly Wenger Associates
«Je convoquerais des états généraux pendant trois jours. Et je déciderais souverainement de porter un projet extrêmement ambitieux pour la Suisse, avec de puissants effets à long terme. L'un de ces projets pourrait être une indépendance énergétique du pays dans dix ou vingt ans.»
PATRICK DELARIVE
CEO du groupe Delarive
«Débloquons des investissements massifs pour les immeubles, les routes ou pour créer par exemple un nouveau métro. En Suisse, les routes sont de mauvaise qualité, les trains sont bondés. Un arrêté fédéral d'urgence devrait permettre d'agir le plus efficacement possible.»
HÉLÈNE BÉGUIN
Partenaire de KPMG
«Prenons du temps, ralentissons, ne suivons pas les effets de mode. Que chaque entrepreneur se demande si ses décisions stratégiques sont vraiment bonnes pour sa société! Une initiative prise pour imiter les autres ou par crainte de rater une opportunité de marché peut s'avérer très préjudiciable.»
XAVIER COMTESSE
Directeur romand d'Avenir Suisse
«J'utiliserais ma baguette magique pour convaincre le monde politique et économique d'investir dans la formation. Afin que les universités suisses et les EPF deviennent les plus prestigieuses et performantes du monde.»
GÉRALDINE SAVARY
Conseillère aux Etats, PS/VD
«Je ferais en sorte que la Suisse s'aime davantage pour mieux se faire aimer des autres. Et, pour s'aimer plus, la Suisse doit apprendre à faire confiance à sa jeunesse, à ses idées, à ses entreprises, mais aussi à sa capacité d'accueil des étrangers par exemple.»
BERNARD NICOD
PDG du groupe Bernard Nicod
«Je ne suis pas responsable de la crise! Les coupables sont des Anglo-Saxons qui, par leur cupidité, leur bêtise et leur malhonnêteté, nous ont amenés là. En tant qu'entrepreneur, je fais déjà tout ce que je peux dans mon domaine pour sortir de la crise. Même si j'avais une baguette magique, je ne vois pas ce que je pourrais faire de plus!»
JEAN-LUC MONER-BANET
Directeur de la Loterie romande
«Je ferais en sorte que toutes les Romandes et tous les Romands puissent gagner aux jeux de la Loterie romande, qu'ils puissent réaliser leurs petits et grands rêves. Et ainsi que par le rêve, l'envie, l'inutile et le futile, ils sortent de la crise.»
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