L'Hebdo;
2004-01-22 Sic!
Par Eric Felley
Les patrons au biberon Le directeur de l'Union patronale suisse Peter Hasler se déclare favorable dans Le Temps à l'assurance maternité et à la création de crèches privées: «Les prix doivent être fixés à un niveau réaliste, par exemple 100 francs par jour et par enfant.» Mais à ce prix-là, les cuillères sont en argent. Pour pouvoir dire, il est né avec une cuillère en argent dans la bouche.
Les enfants qui sont nés le 15 janvier ont déjà un lourd avenir. A la rubrique «Enfants nés ce jour», Le Quotidien jurassien écrit: «Ils ne se satisferont pas facilement de quoi que ce soit: un peu perfectionnistes en tout, un peu rigoristes, sévères envers eux-mêmes et envers les autres. Ils s'épanouiront dans des fonctions de commandement, alors qu'en amour, ils seront vulnérables.» Bref, des électeurs de droite.
La valeur n'attend pas le nombre des années. Dans la Tribune de Genève, le jeune candidat à la présidence du Parti radical genevois Nicholas Antenen déclare: «La seule personne autorisée à s'exprimer sur ma personne, ce que je pense, ce que je fais, c'est moi-même.» Il dit aussi: «Nous aurons des décisions délicates à prendre dans les dix-huit prochains mois, au risque de déplaire.» Au regard de ces trois dernières années, Monsieur Moi-Même a toutes ses chances.
Les années passent, mais Ivan Frésard, ex-chef Soupe, conserve son potentiel rebelle. Il déclare dans Le Temps: «Par essence, une émission satirique doit être contre le pouvoir, contre les puissants, quitte à passer, comme avec l'UDC, pour des gauchistes.» Contre le pouvoir, tout contre, tout contre... Et une petite bouffe chez Roland Pierroz, de temps en temps, ça fait taire les mauvaises langues.
La solidarité se perd avec l'âge Dans la Tribune de Genève, une vieille dame témoigne après un malaise à la place du Molard: «Soudain, tout tourna autour de moi, j'ai pu me cramponner à un poteau. Puis, me sentant un peu mieux, je me suis mise à marcher, juste pour pouvoir m'accrocher à un deuxième poteau. Je voudrais dire merci à ces deux poteaux pour leur aide.» C'est gentil. Mais elle voulait dire qu'à Genève les poteaux valent mieux que les passants.
Christoph Blocher aussi est sur l'âge. Cité par plusieurs journaux, il a déclaré devant les siens à l'Albisgüetli: «J'ai douloureusement pris conscience de la manière parfaitement ingénieuse dont la bureaucratie empêche de trouver des solutions aux problèmes et par là même de gouverner.» Après vingt-six ans de Parlement, il commence à comprendre. A moins qu'il simule.
Les années passent et les rentes ne suffisent plus. Elisabeth Kopp, avec sa rente annuelle de 200 000 francs, doit mettre en vente la maison familiale. Peter Aliesch, avec une rente de 108 000 francs, n'a plus que «1000 francs par mois pour vivre», car ses ex-femmes lui prennent tout. Comme faisait souvent remarquer Kaspar Villiger: «Nous n'arrêtons pas de nous lamenter, mais à un niveau très élevé.» |
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