MANIFESTE DU GURTEN Simonetta Sommaruga voit souvent juste, même si elle s’est trompée sur la libéralisation du marché de l’électricité. PETER KLAUNZER - KEYSTONE
Simonetta Sommaruga, réformatrice d'avant-garde
ÉLECTION. Dix ans après le lancement du Manifeste du Gurten, qui avait suscité l’ire de ses camarades romands, force est de reconnaître que la candidate socialiste au gouvernement avait raison sur beaucoup de points.
Alors que sa plus sérieuse rivale, la Zurichoise Jacqueline Fehr, se tâte encore, la sénatrice bernoise Simonetta Sommaruga est bien partie dans la course à la succession de Moritz Leuenberger. Sa popularité d’avocate infatigable des consommateurs, sa foi dans la concordance helvétique et sa maîtrise des dossiers en font une excellente candidate. Une seule ombre au tableau: au sein même du Parti socialiste, le fait qu’elle ait signé le Manifeste du Gurten lui vaut des rancunes encore tenaces, en Suisse romande notamment.
Tout commence par une date mal choisie. Le 10 mai 2001, les socialistes romands se rappellent avec un brin de nostalgie la fête improvisée spontanément vingt ans plus tôt lors de l’accession de François Mitterrand à la présidence française. Ce jour-là, quatre sociaux-démocrates bernois lancent un papier de travail explosif sur la petite colline qui surplombe Berne, le Gurten. Dix thèses très courtes, qui brisent tous les tabous chez les partisans d’un socialisme classique.
«LE PS CROIT TROP EN L’ÉTAT ET EST TROP SCEPTIQUE FACE AU MARCHÉ. IL DOIT SE BATTRE BEAUCOUP PLUS POUR LES CONSOMMATEURS.» Manifeste du Gurten, thèse N° 8
|
|