LES FAITS
Si la majorité des résultats bancaires reflètent désormais la fin de la crise, il n’en va pas de même dans l’industrie. Et de loin. Ainsi, ABB, le géant helvético-suédois de l’électrotechnique, a avoué un recul de ses commandes tout au long du troisième trimestre de l’année en cours. Une situation qui, à entendre ses dirigeants, ne devrait changer que l’an prochain. Dans l’intervalle, ABB réduira ses coûts de 2 milliards de dollars, dont 1,3 milliard avant la fin de l’année. Pour l’heure, le groupe industriel n’a pas chiffré les suppressions de postes que ce programme d’économie implique. Autre firme d’importance, OC Oerlikon devra certainement augmenter son capital et vendre une partie de ses activités pour éviter de péricliter. Abyssal, l’endettement total du groupe s’élèverait à près de 1,7 milliard de francs suisses.
LES COMMENTAIRES
La presse suisse spécule sur l’avenir de ces deux fleurons industriels. «OC Oerlikon est aux soins intensifs», titre ainsi le Tages-Anzeiger. Et le quotidien zurichois d’évoquer de multiples scénarios de cessation d’activités. De son côté, Le Temps imagine une vente de la partie textile au groupe Rieter, basé à Winterthour et aussi dans une mauvaise passe. A moins que celle-ci ne se fasse à «des entreprises chinoises», poursuit le journal de Genève. Ce week-end, Sonntag révèle qu’OC Oerlikon, détenu majoritairement par le milliardaire russe Viktor Vekselberg, pourrait vendre l’une de ses entités, Balzers, au groupe Sulzer, dont le même Vekselberg contrôle le devenir. «ABB a toujours un problème fiscal en Russie», rappelle la Neue Zürcher Zeitung, évoquant le comportement sur place de managers indélicats. Mais partir de Russie, où le groupe industriel réalise plus de 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires est «impensable».
À SUIVRE
La menace qui pèse sur l’emploi dans ces deux firmes se chiffre en milliers. OC Oerlikon s’est donné jusqu’au début de décembre avant d’envisager le pire. Les syndicats s’y attendent déjà.
Tags: ABB, OC Oerlikon,
|