SOS, banque du sperme en crise
Don. Une loi fédérale autorisant la levée de l’anonymat des donneurs de sperme réduit le nombre de candidats.
Ne vous inquiétez pas si, vous aussi, vous vous faites interpeller sur le trottoir par une accorte infirmière qui souhaite votre sperme contre 100 francs sonnants et trébuchants: ce n’est pas une blague. L’organe de collecte de l’Unité de médecine de la reproduction du CHUV (UMR) manque cruellement de munition. Depuis le 1er janvier 2001 et l’entrée en vigueur de la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée (LPMA), la semence vaut de l’or. Autrefois, l’anonymat était garanti. L’identité des donneurs peut désormais être communiquée à la future progéniture dès sa majorité: un changement législatif qui refroidit plus d’un homme. A cela s’ajoute la demande croissante venant de couples infertiles de l’étranger – notamment en provenance d’Italie où le don du sperme est interdit. Actuellement, seuls quatorze donneurs actifs ont la lourde tâche de renflouer les caisses des deux banques de sperme lausannoises, sur les quatre que compte la Suisse. Pas suffisant, selon Nicolas Vulliemoz, médecin assistant du Département de gynécologie obstétrique du CHUV (DGO): «Nous ne sommes pas encore en situation de pénurie, explique-t-il, puisque nous pouvons encore compter sur les réserves des donneurs précédents. Mais vingt personnes, ça serait mieux.» Rien d’inquiétant, même si le responsable de la sélection des donneurs reconnaît que la loi fédérale ne rend pas le recrutement facile: «Les motivations des candidats ont changé depuis. Les donneurs ne le font plus pour des raisons financières comme par le passé», ajoute-t-il.
Casting pointilleux. Il n’y a pas que la loi fédérale qui complique le recrutement de candidats: il ne suffit pas d’avoir du sperme pour en donner. Véritable parcours du combattant, les longues et multiples analyses de sang et d’urine visant à dépister toutes maladies infectieuses et sexuellement transmissibles, puis de sperme, tendent à décourager les éventuels donneurs. «Elles sont indispensables pour éviter tout risque aux futurs parents lors de l’insémination et optimiser leurs chances de procréer.» D’autant plus qu’on les recherche plutôt jeunes (entre 18 et 50 ans) et donc prêts à communiquer leur identité aux futurs enfants une fois ceux-ci devenus majeurs. L’heureux donneur pourra ensuite faire cadeau de sa semence à raison d’une fois par semaine et de préférence pendant six mois au minimum. Des contrôles sanguins et des urines sont effectués tous les trois mois pendant la procédure. Quant au sperme, il pourra donner naissance à huit enfants. Au maximum, promis, juré.
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