Thomas Cottier
"Souvent Bruxelles ignore tout simplement la Suisse"
SUISSE -UNION EUROPÉENNE. Le professeur de droit européen à l’Université de Berne souhaite rouvrir la réflexion sur l’adhésion. Selon lui, toutes les autres pistes ne sont pas crédibles.
Semaine de rentrée chargée pour le Conseil fédéral, qui consacre une «retraite» à la question de ses relations futures avec l’Union européenne. L’occasion de prendre un peu de recul avec le professeur Thomas Cottier, qui fut négociateur suisse à l’époque de l’Espace économique européen (EEE).
La voie bilatérale conduit-elle à une impasse?
A terme, oui. C’est la fin du «courant normal» dans la voie actuelle des relations entre la Suisse et l’Union européenne (UE). Les divergences vont croissant entre une Suisse qui a une conception statique des accords bilatéraux et l’UE qui souhaite désormais qu’elle reprenne systématiquement le développement de l’acquis communautaire si elle veut participer pleinement au marché intérieur de l’Union.
«N’OUBLIONS PAS QUE LES FONDATEURS DE LA COMMUNAUTÉ EUROPÉENNE SE SONT INSPIRÉS DU MODÈLE SUISSE.»
Depuis quand ressentez-vous la mauvaise humeur de l’UE à propos de la voie bilatérale?
Elle date du rapport du Conseil des ministres de décembre 2008. A cette occasion, l’UE a envoyé un message très clair à la Suisse. A l’avenir, la Suisse devra reprendre l’acquis communautaire et ne pourra plus se prévaloir de l’équivalence de son droit par rapport à celui de l’UE. Mais ce qui me frappe le plus, c’est le désintérêt de Bruxelles pour la Suisse. Souvent, l’UE nous ignore tout simplement. La voie bilatérale ne l’inspire pas.
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