Stéphane Garelli: "Il y a déjà pénurie d’argent pour financer les dettes publiques"
Classement des pays les plus endettés. Outre l’analyse globale de la compétitivité des pays, l’IMD se penche cette année sur leur capacité à réduire leur dette publique.
La Suisse maintient une très honorable 4e place dans l’édition 2010 du classement mondial de la compétitivité des pays, établi chaque année par le World Competitiveness Center de l’IMD, dirigé par le professeur Stéphane Garelli. La nouveauté cette année tient d’abord aux changements de positions dans le trio de tête. Pour la première fois en plus de vingt ans de publication de ce rapport sur la compétitivité des nations, Singapour et Hong Kong se placent devant les Etats-Unis. Certes d’une courte tête, mais la résilience de ces deux pays depuis le début de la crise et le fait qu’ils tirent maintenant avantage de la solide croissance économique dont bénéficie déjà l’Asie en font les grands gagnants de la course à la compétitivité. Une course pour laquelle certains traînent un lourd handicap: le poids de leur dette publique. Autre nouveauté: le rapport de l’IMD comporte pour la première fois un classement original des pays selon le nombre d’années nécessaires pour ramener la dette étatique à un niveau ne dépassant pas 60% du PIB. Exercice édifiant: le Japon n’atteindrait ce seuil qu’en 2084 – lorsque les bébés nippons nés au début 2010 seront près de fêter leur 75e anniversaire – tandis que les Etats-Unis ne refranchiraient cette limite vertueuse dans le bon sens qu’en 2033.
Vous publiez un classement des «pécheurs»: ils mettraient très longtemps à ramener leur dette publique à 60% du PIB. Ont-ils péché contre l’orthodoxie budgétaire?
Oui: ils n’ont pas maintenu la dette publique à un niveau inférieur à 60% de leur PIB; la limite d’endettement considérée comme supportable tant par l’Union européenne que par le FMI. Calculer le temps nécessaire pour revenir à un niveau d’endettement correspondant à 60% du PIB est un exercice intellectuel permettant d’illustrer l’ampleur du problème: le Japon y parviendrait en 2084, l’Italie en 2060, le Portugal en 2037, la Belgique en 2035 et les Etats-Unis en 2033.
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