Stéphane Garelli: «Investissons massivement dans nos infrastructures»
Par Philippe Le Bé - Mis en ligne le 15.05.2008 à 00:00
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Prospective: Directeur du rapport annuel de la compétitivité présenté par IMD, Stéphane Garelli estime que la brillante 4e place de la Suisse n’est pas définitive.
«Où souhaitez-vous que je reprenne ma démonstration?» Face à la caméra lors d’un enregistrement dans les lumineux locaux d’IMD à Lausanne, le professeur Stéphane Garelli semble se prêter avec délectation aux exigences de la vidéo. Qu’elle dure une heure ou une minute, son analyse de l’état économique du monde doit rester parfaitement claire, structurée et cohérente. Savoir s’adapter à toutes les circonstances, rapidement, souplement, et si possible joyeusement. Ce qui est valable, à titre individuel, pour cet homme qui dirige et présente la 20e édition du rapport annuel de la compétitivité l’est aussi pour la Suisse à titre collectif. Au 4e rang dans le classement 2008, derrière les Etats-Unis, Singapour et Hong Kong, la Suisse, rassurée d’une si belle performance, pourrait se contenter d’astiquer son cor des Alpes. Mais ce serait suicidaire. «Nous serons toujours très bons à condition de ne pas nous imaginer que nous sommes toujours très bons.» La grosse tasse bue par UBS après la noyade de Swissair, ces deux événements «salutaires» nous prouvent que nous sommes vulnérables. Comme les autres. Moins d’arrogance et plus de remises en cause et tout ira bien. Et le professeur de citer Benjamin Franklin, notamment inventeur du paratonnerre: «Même un petit trou peut couler un grand bateau.» La crise des subprimes, précisément, dont les conséquences ne sont pas encore visibles dans le dernier classement d’IMD, a fait quelques trous béants dans l’économie mondiale. Stéphane Garelli se souvient qu’il y a 20 ans le Japon se pavanait en tête des pays à forte compétitivité. Mais, dans les années 90, l’Empire du Soleil levant a successivement essuyé une crise immobilière, boursière puis du crédit avant d’entrer dans une récession de dix ans. Aujourd’hui, le Japon figure à la 22e place. Les Etats-Unis, quasiment en récession après avoir connu une croissance supérieure à 3% durant une quinzaine d’années, vont-ils subir le même sort? Si cela devait se produire, comment réagirait la Suisse? Pas si mal que cela, mais seulement à certaines conditions. Démonstration.
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