A 42 ans, les amis de Stève Ravussin sont unanimes: le sportif a une pêche et un moral d’enfer. Les mêmes mots reviennent pour décrire le marin vaudois: un homme passionné qui ne ménage pas son énergie et qui ne s’étend pas sur ses galères.
Car des galères, il en a traversé, dont un chavirement à la Route du Rhum en 2002, deux jours avant l’arrivée, alors qu’il était en tête. Sans parler de son éternelle course aux sponsors. L’homme compte aussi quelques beaux succès, dont une victoire à la transat Jacques Vabre en 2001 en compagnie de Franck Cammas et une autre à la Nokia Oops Cup en 2005.
Né à Lausanne, «Ravuss» comme l’appellent ses amis a grandi à Epalinges, entouré de deux frères et d’une sœur. Technicien dentaire, son père est un «sportif à tout crin» qui court alors les régates sur son voilier. Tout ce qui est technique, va vite et fort, intéresse le jeune homme qui fera un apprentissage de mécanicien chez Bobst, des connaissances qui lui seront précieuses pour la préparation des bateaux et la réparation de nombreuses pièces.
Actuellement, Stève Ravussin s’occupe de barrer le D35 Veltigroup dans le challenge Julius Bär. Il travaille également intensément à ses deux projets: une fondation (Multi One Attitude) qui va défendre les causes de l’eau et une société (Multi One Design) qui s’est lancée dans l’organisation de trois courses (un tour du monde, un tour européen et une course océanique) le Multi One Championship sur douze mêmes bateaux de 70 pieds – le MOD 70 – dont le premier devrait sortir des ateliers au début 2011.
Stève Ravussin donnera une série de conférences-débats en Suisse romande à l’invitation de Swisscanto et de «L’Hebdo». Pour les dates voir en page 97.
SON CLAN
FAMILLE
Elle compte beaucoup pour lui. Stève Ravussin voit très souvent ses parents – Jacqueline et François, ex-technicien dentiste – sa sœur Pascale et ses deux frères, Yvan – navigateur avec qui il a fait deux fois la Jacques Vabre – et Sébastien.  Yann Fischer Avec son cousin Yann Fischer, technicien dentaire à Neuchâtel, il a partagé énormément de choses. «Quand j’étais gosse, j’ai beaucoup discuté avec lui. Nous traînions beaucoup sur le chantier naval de son père, mon oncle maternel.» Son cousin dit de lui: «C’est un gars qui passe partout tellement il est jovial et plein de pep. C’est un des seuls avec lequel je parle régulièrement au téléphone.»
SES PREMIERS MÉCÈNES
PETER LEUENBERGER
C’est grâce au chirurgien ophtalmologue, propriétaire «d’un de ces bateaux hors norme qui se partagent les premières places de toutes les régates du Léman» que les choses sérieuses ont commencé pour le marin suisse. Il le lui prête pour faire la Route du Rhum en 1998. «C’était inespéré, fabuleux. Il a ensuite fallu mettre beaucoup d’énergie dans le projet et consacrer d’innombrables heures à la préparation du bateau.»
Marc-Edouard Landolt

Le Vaudois doit aussi beaucoup à feu Marc- Edouard Landolt. Le banquier lui avait dit: «Je te donne un coup de main si tu as besoin de moi.»
SON BRAS DROIT
FRANCK DAVID

Dix-huit ans que les deux hommes font la route ensemble. L’ancien champion olympique de planche à voile est à la fois le bras droit, le bras gauche et la tête du marin vaudois. «Il m’a beaucoup aidé; c’est lui qui a toujours tout géré.» Ils ont développé ensemble une fondation qui a pour but de défendre les causes de l’eau ( www.multioneattitude.com) et ont mis sur pied une société ( www.multionedesign.com) qui organise le «Multi One Championship», un circuit international de courses – par équipage de six – avec des trimarans monotypes, soit 12 bateaux identiques de 70 pieds, les MOD 70. Au programme, un tour du monde tous les trois ans, un tour européen et une course océanique chaque année. Le premier bateau sortira des ateliers au début 2011. La première course est prévue pour 2012. «Stève a sans cesse besoin d’aventures et de nouveaux horizons. C’est un athlète très engagé, généreux, et hédoniste, toujours à la recherche de sensations et de plaisirs. Sur un bateau il est consciencieux et très rigoureux.»
SON SPONSOR
MARCO SIMEONI

L’informaticien, CEO de Veltigroup – l’entreprise chapeaute sept sociétés qui emploient 300 personnes– et le sportif se sont rencontrés il y a deux ans. «C’est grâce à lui que Franck David et moi avons monté la société Multionedesign. C’est un homme efficace. Il a fait son brevet en mer et aime naviguer.»
Marco Simeoni dit de lui: «C’est un travailleur, il ne ménage pas son énergie pour arriver au bout de ses projets. Il sait prendre des risques, est loyal et franc et plein de joie de vivre. Il possède de solides compétences techniques pour la construction des bateaux.»
LES MARINS
PIERRE FEHLMANN

C’est avec lui qu’il a fait ses débuts dans la course au large, sur Merit Cup. Promu à la grand-voi le l e deuxième jour. Après trois semaines d’essais, Pierre Fehlmann lui propose de tenter sa chance pour un grand tour du monde. Il ne sera finalement pas engagé dans l’équipe pour la Whitbread. «Sans rancune.
C’est grâce à cette période d’une année que j’ai connu les multicoques et Laurent Bourgnon. Pierre Fehlmann m’a mis le pied à l’étrier. C’est un précurseur de la course au large, un homme fonceur et charismatique.» Pour son aîné, «Stève est un bon navigateur, un peu tête brûlée au départ mais il a pris de la bouteille. Il tente de mettre sur pied des courses fantastiques, ce qui n’est pas facile actuellement. Je lui souhaite de réussir.»
LAURENT BOURGNON

C’est durant la course de l’Europe –une immense caravane qui contourne le continent en passant par La Rochelle, Kiel, Stockholm – qu’ils sont devenus amis. «On sortait le soir dans les ports. Il est de ces gars qui ne se montent pas la tête, comme je les aime. C’est un marin très pointu et pointilleux dans son travail. C’est chez lui que j’habitais lorsque j’allais naviguer en Bretagne. Il vit à Tahiti.»
FRANCK CAMMAS

«Quand mon ami Laurent Bourgnon a arrêté en 1998, Franck Cammas m’a demandé de le rejoindre. Il me proposait de l’accompagner dans la Jacques Vabre en double.» Les deux hommes ont fait beaucoup de courses ensemble. «Il est très scientifique et moi très “feeling”. Franck est un sportif qui ne pense qu’à la compétition. Il est très pro, ambitieux et perfectionniste. Lui et moi c’était la parfaite symbiose.» Après onze ans, chacun est reparti de son côté.
SES POTES AVENTURIERS
JEAN TROILLET

«J’adore tout ce qui est sport. Je fais du parapente, du snowboard, du kitesurf. J’ai la chance de rencontrer des gens fantastiques dans plein de disciplines. Le courant passe très bien car on est dans les mêmes galères.
J’ai pas mal navigué avec Jean Troillet et nous nous voyons l’hiver pour faire du hors piste en prenant l’hélicoptère.» L’alpiniste a adoré traverser l’Atlantique avec le père et le fils Ravussin: «On a rigolé tout le temps. Stève a une superfamille derrière lui.» Quant à Mike Horn, Stève lui a toujours donné des coups de main dans ses projets en mer. «Comme il n’avait pas fait trop de voile avant de partir en tour du monde, nous avons fait trois après-midi de “bateau école” sur le lac. Il n’y en a pas deux comme cela dans le monde.»
AMIE DE LONGUE DATE
ISABELLE PATISSIER

Plusieurs fois championne du monde de grimpe, l’ex-amie de Laurent Bourgnon était la marraine de Targaïre sur lequel il a fait la Minitransat en 1995, sa première aventure en solitaire. «C’est une très bonne copine qui est devenue pilote automobile. En 2002, nous avons fait le rallye du Maroc ensemble.» Elle dit de lui: «Il est toujours positif, rien n’est grave pour lui, même lorsque son bateau se retourne et qu’il perd tout.»
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