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STING Le chanteur glisse les violons du Royal Philharmonic Orchestra dans sa pop.
Leon Neal / AFP Photo

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Sting s’accroche aux cordes

Par Christophe Passer - Mis en ligne le 28.07.2010 à 14:18

Pop symphonique. En compagnie du Royal Philarmonic Orchestra, le chanteur reprend tubes policés et autres. Inégal mais parfois très émouvant.

 
Evidemment, en pays pop, l’enrobage dans le miel des violons a toujours eu mauvaise réputation. On ne compte plus les tentatives où le gluant mollachu de grands orchestres émasculait de toute sauvagerie d’excellentes chansons. C’est avec ces prémices suspicieuses que l’on tend donc l’oreille sur le nouveau disque de Sting, Symphonycities, collection de tubes du maître de Newcastle, revisités en l’élégante compagnie des 45 musiciens du Royal Philharmonic Concert Orchestra.

Le coup du remix reste d’ailleurs une marotte de Sting. Avant les cordes et archets, notre homme avait dû gérer durant les eighties un rude complexe jazz, s’acoquinant avec des pointures comme l’extraordinaire pianiste Kenny Kirkland, le bassiste Darryl Jones (piqué à Miles Davis himself, et qui ira ensuite renforcer les Rolling Stones), ou le saxo Branford Marsalis: en 1986, l’excellent live Bring on the night, témoignait des réussites de cette époque.

Symphonicities, répertoire allant de l’inratable Englishman in New York à I Burn for You peine parfois à éviter l’impression de déjàentendu chez un gars qui a tout de même du mal à faire autre chose que ressasser depuis une vingtaine d’années. Certes, un charme opère peu à peu, sans doute en raison de l’humilité du projet, d’arrangements assez somptueux, parfois complexes, et d’un chanteur qui a la sagesse de ne pas en rajouter, mettant parfois sa voix légèrement plus en retrait que d’ordinaire. C’est lorsqu’on en est à se demander si les enluminures de cordes suffisent du coup à sauver ce disque d’une douce nostalgie en gants blancs que Sting renverse l’affaire en deux titres incroyables.

Le premier, c’est Hung my Head, chanson magnifique sur un jeune meurtrier, que sa reprise par Johnny Cash, en 2002, rendit éternelle. Sting récupère son bien dans un décor de western à la John Ford, où la symphonie croise l’hollywoodien de l’harmonica. Le classieux soulève ici la poussière de la route, et c’est une immense chanson.

Enfin, c’est sans doute là où on ne l’attendait plus que Sting étonne: Roxanne. Le plus grand tube de Police a été tant repris qu’il ressemble à une fille usée. Sting le sait, et il balaie l’idée de nostalgie en une version bouleversante. La cruauté du temps qui passe apparaît dès l’entrée des violons, la voix part de plus bas, comme une sombre confidence. Roxanne n’est pas une fille du passé, une putain d’antan: Sting fait ressentir à chaque syllabe qu’elle ne s’en est pas sortie, elle se tient aujourd’hui comme hier sur le même bout de rue éclairé d’une ampoule trop rouge. La provocation a fait place à la vieillesse et à l’amertume. Proxénète amoureux des vertiges, Sting prend alors dans ses bras Roxanne, qui fit si fidèlement sa fortune. Et les larmes montent.

Sting, «Symphonicities», 1 CD Deutsche Grammophon. Genève, Arena. Concert avec le Royal Philharmonic Orchestra. Dimanche 26 septembre, 19 heures. Location TicketCorner.




Tags: Sting, Royal Philharmonic Concert Orchestra,

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