Grâce et disgrâce
Suisse-UE: L'Heure des cantons
Le Conseil fédéral peine à clarifier son opinion sur l’opportunité d’une adhésion à l’Union européenne. Depuis, vingt ans, quel que soit le ministre en charge, il joue sur les mots et les observateurs en sont réduits à des exercices d’exégèse pour traquer l’ébauche d’une volonté, plus régulièrement sa cruelle absence!
Mais la Suisse ne vit pas que par ses Sept que plus personne n’appelle Sages. Dans les cantons, plus proches du pays réel, loin des mousses médiatiques bernoises, œuvrent des dizaines de ministres, qui n’ont pas moins à cœur que les conseillers fédéraux de construire l’avenir de la Suisse. La Conférence des Gouvernements cantonaux a ainsi gagné en importance ces dernières années, comme toutes les assemblées spécifiques de chefs de département. La Confédération peinait à introduire l’alerte enlèvement? La Conférence des directeurs de départements de Justice et Police a pris les choses en main et l’a concrétisée.
En sera-t-il de même avec l’adhésion à l’UE? Les cantons sont appelés à prendre position. Lucerne a demandé que l’option de l’adhésion soit sérieusement étudiée. Fribourg s’est prononcé pour l’ouverture de négociations et souhaite un large débat public. Dans les cantons de Vaud et de Neuchâtel, des députés viennent à la rescousse. Mardi 26 janvier, les Verts Alessandra Silauri et Patrick Erard ont déposé devant leurs Grands Conseils respectifs une interpellation au contenu identique: quel bilan pour le canton des relations bilatérales avec l’UE?
Le socialiste François Cherix appelle aussi via un postulat à la définition d’une stratégie vaudoise en matière de politique européenne. Il se demande notamment si l’adhésion ne servirait pas mieux les intérêts cantonaux sur le plan économique et institutionnel. Un beau thème, soit dit en passant, pour ceux qui exaltent le fédéralisme! A Genève, le groupe socialiste devrait décider sous peu d’une démarche similaire.
Gesticulations vaines de pro-européens? Ceux qui redoutent la discussion le clameront avec leur inélégance coutumière. Plus sûrement, un moyen comme un autre d’amener toute la classe politique suisse, et pas seulement les parlementaires nationaux, à réfléchir sur les enjeux de souveraineté. Les Chambres auront bien sûr leurs échanges sur la question en mars, suite au rapport de politique étrangère 2009, mais ceux-ci seront paralysés par l’hystérie de l’UDC comme chaque fois que se prononce le mot adhésion. Puissent les Parlements cantonaux trouver un ton plus pragmatique et audacieux!
LA DÉMARCHE EST IDENTIQUE DANS LES CANTONS DE VAUD ET DE NEUCHÂTEL.
| Dossier 'Canton du Valais' | | |
| Dossier 'Politique européenne' | | |
Tags: Adhésion à l'Union Européenne, Chantal Tauxe,
|
|