L’ évacuation du papier, c’est à quelle date? Des embouteillages bloquent-ils le trafic en ville? Quelle crèche offre des places disponibles? Ces informations du quotidien, les Zurichois les trouvent en ligne. Il existe près d’une centaine de sites ou d’alertes SMS et l’offre ne cesse de croître. Car la capitale des technologies d’information ne se bâtira pas sans sa population, deuxième volet d’eZurich.
«C’est comme l’e-banking, explique le chef de projet Andreas Németh. Tout ce qui n’exige pas une visite personnelle doit être accessible en ligne.» Déménagement, organisation d’une manifestation ou demandes d’autorisations, d’innombrables domaines passent sur le Net. «Un travail sans fin», selon les mots amusés d’Andreas Németh, qui durera des années.
Pour palper les besoins, la ville a mené cet hiver un concours d’idées. La population a répondu par 612 propositions, dont trois ont été primées et seront concrétisées d’ici à la fin de l’année: une formation technologique aux personnes âgées par des enfants, histoire de combler simultanément le fossé numérique et générationnel; une plateforme en ligne «Fix my Zurich» pour annoncer les problèmes, de type distributeur de tickets de bus en panne ou trou dans la chaussée; et une plateforme permanente de suggestions à la ville.
Ce volet d’e-participation ne pousse pas jusqu’au e-voting, étrangement absent d’eZurich. C’est que la ville n’a aucune emprise sur l’urne électronique, projet pilote de la Confédération dans trois cantons (ZH, GE, NE). Or, Zurich-canton est très mal tombé, en gelant en décembre les tests en cours: l’e-voting était trop coûteux et n’augmentait pas la participation comme espéré.
Mise devant le fait accompli, la Ville a dû cesser cette expérience en cours dans le Kreis 1. «Nous travaillerons avec le canton pour élaborer un outil plus performant», promet le directeur de l’informatique, Daniel Heinzmann.
Malheureux hasard du calendrier, lorsqu’on prétend s’ériger en société du Net. Le chemin, c’est clair, est encore long. Car les possibilités d’administration en ligne sont nombreuses mais disparates, propres à perdre les citoyens dans les méandres de pixels.
Rien que cette tâche de recensement et de mise en valeur est «herculéenne», selon Annette Kielholz, responsable de la communication pour l’informatique de la ville. Qui reconnaît que Saint-Gall jouit d’une longueur d’avance sur la route numérique, «grâce à une administration qui poursuit ce but avec obstination depuis près de dix ans.»
Avant de conquérir la place de capitale européenne, Zurich devra commencer à l’échelle helvétique.
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