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Sur la route des festivals - Gurten 2011

Par Christophe Schenk - Mis en ligne le 19.07.2011 à 08:00

Equipée sauvage Cuir sur le dos, guitare à l'équerre, les Arctic Monkeys sont plus "heavy" sur scène, mais ne perdent pas leur sens du tube minuté.

"Un Gurten Festival sans pluie ne serait pas un vrai Gurten Festival." me prévient un commentaire sur Facebook, tandis que j'embarque dans le train pour Berne dimanche matin, trempé par 5 minutes de marche sous la pluie. Certes, me dis-je, mais quand même. Arrivé dans la capitale, je fais une halte au chaud et renonce à monter sur la colline pour The National. Je les verrai mardi à Paléo, sous la pluie peut-être, mais sous un châpiteau.

J'arrive donc au Gurten Festival en fin d'après-midi seulement, dans la boue, mais sous un ciel plus clément. Et peux jeter un oeil - et une oreille - rapide au concert de Beady Eye sur la grande scène, pour constater que Liam Gallagher n'a guère changé, dans l'attitude comme dans le look: parka vert militaire fermée, capuchon sur la tête, voix gouailleuse et regard qui toise. En plus, à l'exception du frangin Noël, on retrouve à ses côtés toute la bande de la dernière tournée du groupe culte de la brit-pop. Seul hic, les compositions mythiques, elles, sont restées chez Noël et celle de Beady Eye tiennent plus du pub-rock tout-venant. Comme le suggère un confrère blogueur, ça a la couleur, voire l'étiquette Oasis, mais pas le goût.

En parlant de britannique et de boisson, je profite du calme entre deux concerts pour trinquer avec un drôle de numéro, venu tout droit de Londres. Greg Parmley, journaliste parti pour se faire 26 festivals européens de 13 pays différents en un mois. Le tout sur sa moto pour un record du monde à la clef. Ouvrez l'oeil ce soir si vous êtes à Paléo, il y sera (vous le reconnaîtrez à son bras couvert de bracelets de festivals).

Musicalement, les choses s'améliorent ensuite avec la prestation d'Aloe Blacc qui, si elle s'écarte peu des canons d'une certaine soul millésimée Motown, dégage une énergie et un groove remarquables. Accompagné par un groupe ad hoc, enchaînant quasi non-stop les titres de son récent album, l'Américain offre un spectacle sûr et maîtrisé, qui suffit à faire danser le public, dans une ambiance bon enfant particulière à Gurten. Et si certains feront la fine bouche en notant que tout cela n'invente pas grand-chose, on pourra leur rétorquer que c'est toujours mieux qu'une Amy Winehouse définitivement hors-jeu ou, surtout, la soul - quelqu'un a dit soupe? - indigeste d'un Ben l'Oncle Soul.

Reste que ce qui m'a fait poussé à cette parenthèse bernoise, c'est avant tout l'unique date helvétique des Arctic Monkeys, pas revus par ici depuis leur mue, plus heavy dans le son, plus garage dans le look. Alex Turner et Jamie Cook arborent ainsi un dress-code façon Brando dans L'équipée sauvage, jeans serré, T-shirt moulant et perfecto en cuir. Quant à la musique, une fois passé un entrée en scène au son du You Sexy Thing de Hot Chocolate, on rentre de plein pied dans du rock, du vrai. Dès Library Picture et, surtout, Brianstorm, les Anglais balancent leurs décibels, portés par une batterie tellurique et des riffs aiguisés. Leur passage dans la "Josh Homme Academy" se fait sentir et on notera l'assurance nouvelle de Turner au micro, façon Julian Casablanca, le côté bad boy en plus.

Seul hic, des problèmes techniques semblent handicaper le groupe. Les pauses entre deux titres s'allongent irrémédiablement, de Don't Sit Down 'Cause I've Moved Your Chair à Pretty Visitors, et She's Thurnderstorms sonne le glas de ce concert, avec un faux départ, puis une guitare qui s'éteint. Les Arctic Monkeys quittent la scène et laissent leurs roadies tenter de réparer tout ça (selon mes infos, des problèmes de pédales d'effet). Cinq bonnes minutes passent, mais le public reste en place et ne s'énerve pas. Comme les 4 musiciens de Sheffield, qui reviennent sur scène comme si de rien n'était, s'excusant juste de l'interruption et remerciant le public de sa patience. Jolie leçon de professionnalisme.

Le concert reprend dès lors sur les chapeaux de roues, instaurant avec The View From The Afternoon et I Bet You Look Good On The Dancefloor, un rythme soutenu, qui ne retombera pas. Fidèle à sa setlist actuelle, Arctic Monkeys rattrapent les minutes perdues, pour revenir ensuite à ce maudit She's Thunderstorms, passé cette fois-ci avec brio. La suite est un alignement de tubes minutés qui redonne de l'énergie au public, jusqu'à un formidable When The Sun Goes Down qui fait bondir le public. L'oeil sur le chronomètre, Alex Turner renonce à la sortie de scène avant les rappels, lançant simplement à l'assistance "Hey you Swiss people, do you want more?", avant de balancer un très punchy Fluorescent Adolescent et un plus groovy 505, pour tirer ensuite sa révérence. Comme il y a 3 ans à Paléo, je reste soufflé par l'insolence fougueuse et le côté vieux roublard du groupe. Mais noterai ce supplément de puissance électrique qui suinte désormais d'Arctic Monkeys, capables de rebooster leurs titres les plus anciens à ce régime (notamment ceux de Favourite Worst Nightmare, à l'honneur sur cette tournée), histoire de les mettre dans le ton de leur sonorité actuel.

Photographie: © Konzertbilder.ch




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