On serait tenté de comparer le calamiteux débat français sur l’identité nationale avec l’enthousiasme dans lequel a baigné la Fête fédérale de lutte. Clash violent d’un côté; communion heureuse dans la tradition de l’autre. Sous le ciel de Frauenfeld, la Suisse s’est dotée d’un surmoi de lutteur. Et on attend de voir si cela va lui réussir.
Plutôt que de débattre leur identité, les Suisses ont trouvé le moyen de la proposer en kit: à cet égard, la Fête fédérale de lutte combine le goût de l’enracinement avec celui de la saucisse, célébrant à travers ses combats la simple et robuste morale qui serait le legs de nos ancêtres.
LE KIT IDENTITAIRE REPRÉSENTE UN MARCHÉ D’AVENIR.Certains ont déploré que la fête soit désormais corrompue par l’argent. Mais pourrait-il en aller autrement? Rongées de toutes parts par les acides de la mondialisation, les identités nationales vivent sous la menace. Si la rareté fonde la valeur, rien ne devrait avoir alors autant de prix qu’une identité claire et solide. Le kit identitaire représente un marché d’avenir. Dans ce domaine aussi les entrepreneurs devront innover.
Il faudra parfaire le kit, élargir l’offre, produire du neuf qui sente la tradition. Pourquoi ne pas recourir aux techniques du mix? Pendant que le Bernois Kilian Wenger était sacré roi de Frauenfeld, la Jurassienne Lara Boichat remportait le titre de Miss Paysanne 2010 à Delémont. Il a 20 ans, elle en a 18: on rêverait de les réunir. Ils figureraient l’Adam et l’Eve d’une Suisse nouvelle, ce qui serait sûrement très vendeur.
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