ÉCOLOGIE
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

TEST Ce kayak, qui a navigué sur le Léman en octobre dernier, est l’un des composants d’un nouveau système de contrôle de la qualité de l’eau.
CSEM

HOME > ÉCOLOGIE >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

Technologie
Sus à la pollution de l’eau

Par Elisabeth Gordon - Mis en ligne le 12.01.2011 à 12:58

Elaboré sous la houlette d’ingénieurs neuchâtelois, un système mobile, autonome et peu coûteux, contrôle la qualité de l’eau des ports, lacs ou rivières.

Sur les bords du Léman, en octobre dernier, alors que le Sommet de la francophonie battait son plein, rares étaient certainement ceux qui ont été attirés par un étonnant spectacle. Pendant quelques jours, un petit kayak jaune naviguait sur le lac où une armada de bouées avait été déployée.

«ON S’EST APERÇU QUE BEAUCOUP D’UTILISATEURS RÊVAIENT D’UN TEL SYSTÈME.» Martin Sénéclauze, coordinateur du projet Mobesens

L’heure n’était pas aux régates, mais à une expérience scientifique. Le but de la manœuvre était de tester le fonctionnement d’un nouveau système susceptible de contrôler, de manière autonome et à long terme, la qualité de l’eau.

Ce dispositif innovant baptisé Mobesens a été conçu par un consortium européen, coordonné par le Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM) à Neuchâtel.

L’eau douce devenant une ressource rare sur la planète, il devient impératif de traquer les polluants susceptibles de la contaminer.

Pour ce faire, on prélève régulièrement des échantillons que l’on envoie dans des laboratoires d’analyse, ce qui est long et coûteux. Quant à installer à demeure des appareils sophistiqués, inutile d’y songer: ils sont rapidement volés, dégradés, ou endommagés par l’eau. Il fallait donc trouver autre chose.

«L’idée de Mobesens est venue de trois partenaires du programme, qui sont les utilisateurs finaux du système», souligne Martin Sénéclauze, expert en communication sans fil au CSEM et coordinateur du projet.

Il s’agit de l’Université de Genève (Unige) qui, par l’intermédiaire de l’Institut Forel, assure le suivi de la qualité de l’eau du Léman, de la société espagnole Adasa Sistemas et de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer). «Tous savaient que les technologies nécessaires étaient disponibles, mais qu’elles n’étaient pas intégrées pour leurs besoins.»

Les outils existent en effet, sous la forme de capteurs, comme ceux développés à l’Unige qui détectent les traces de métaux, ceux conçus à l’EPFL qui mesurent les concentrations ioniques ou d’autres encore développés par la société neuchâteloise Microsens.

Mais il restait à intégrer ces divers éléments à l’aide d’un système susceptible de transmettre et d’interpréter leurs informations, ce qui est l’une des spécialités du CSEM.

L’Imperial College de Londres s’est enfin chargé de rendre le dispositif peu énergivore, donc respectueux de l’environnement. La Commission européenne ayant apporté le financement nécessaire dans le cadre de son 7e programme-cadre, toutes ces équipes se sont mises à l’ouvrage, en juin 2008.

Système d’alerte. Le système repose sur une série de bouées bardées de capteurs qui analysent l’eau en surface et transmettent leurs mesures de proche en proche, vers un système de stockage de données situé sur un bateau ou à terre. De là, les informations sont envoyées, via un téléphone portable et internet, à des ordinateurs qui les traitent et les interprètent.

Placées à l’entrée d’un port menacé de pollution, déployées en amont d’un lac ou descendant le long d’une rivière pour détecter le lieu – et la source – de rejets toxiques, ces bouées mobiles et autonomes constituent en fait un système d’alerte.

Un dispositif peu coûteux et relativement aisé à déployer qui permet de signaler un problème. Et dans ce cas, d’envoyer sur place le kayak, dont les sondes peuvent prendre des mesures en profondeur, ou tout autre appareil capable d’étudier l’eau de manière «plus approfondie et plus pointue», selon Martin Sénéclauze.

Déjà testés dans différents milieux – la rade de Brest et l’étang de Thau en France, le lac de Neuchâtel et le Léman – les différents composants du système Mobesens feront l’objet de derniers essais, ce mois-ci, sur l’Ebre, un fleuve espagnol.

Déjà, Martin Sénéclauze est satisfait: «Le système a fonctionné selon les attentes des utilisateurs.» Il est en revanche moins optimiste quant à la suite des opérations. Il faudrait maintenant industrialiser un tel dispositif afin de le mettre à la disposition des organismes de surveillance des eaux.

«On s’est aperçu que beaucoup d’utilisateurs potentiels rêvaient d’un tel système. Mais la rentabilité à court terme étant difficile à chiffrer, comme tout ce qui touche au secteur de l’environnement, il n’est pas aisé de trouver des financements privés.» C’est pourtant à ce prix que Mobesens pourra être mis à flot.



Dossier 'Canton de Neuchâtel'
ARCHITECTURE. Geninasca Delefortrie: l’architecture en questions (30.11.2011)
INITIATIVE. Salaire minimum: vraie chance ou fausse bonne idée? (23.11.2011)
Technologie médicale. T-shirt «intelligent» pour maniacodépressifs (16.11.2011)
Spiritisme. Hannes Jacob, professeur ès médiumnité, Neuchâtel (19.10.2011)
Espace. Mars, un nouveau monde accessible (21.09.2011)
Immobilier. Neuchâtel: A boire et à manger (06.09.2011)
Emplois. Frontaliers : nos meilleurs ennemis (31.08.2011)
Agota Kristof. Mort d’une écrivaine hongroise (03.08.2011)
Spécial été 2011. Neuchâtel : Les p'tits coins de paradis (27.07.2011)
Les meilleures adresses. Les plus belles plages de Suisse romande (06.07.2011)
Exposition. L’ Est demeure toujours à l’est (06.07.2011)



Tags: pollution eau, Mobesens, CSEM,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page




Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.


ÉCOLOGIE
La moitié des colonies d'abeilles ont péri cet hiver
Jamais autant d'abeilles ne sont mortes en hiver (archives)  Keystone
Près d'une abeille sur deux a péri l'hiver dernier, une hécatombe d'une ampleur encore jamais vue, selon les spécialistes. Les...
ÉCOLOGIE
Doris Leuthard rencontre les présidents de communes valaisannes
La conseillère fédérale Doris Leuthard saluée par  le conseiller d'Etat Jean-Michel Cina. Keystone
La conseillère fédérale Doris Leuthard a répondu lundi soir à Sierre (VS) aux questions des présidents des communes valaisannes concernant...
ÉCOLOGIE
Le Suisse consomme 4200 litres d'eau par jour dont 82% de l'étranger
Cent soixante-deux litres par jour: c'est la quantité d'eau utilisée par chaque Suisse selon la statistique officielle. En fait, nous...
ÉCOLOGIE
BP annonce un accord de 7,8 milliards avec des plaignants privés
La plateforme Deepwater  Horizon après l'explosion en avril 2010 Keystone
Le géant pétrolier BP a annoncé vendredi être parvenu à un accord partiel à l'amiable de 7,8 milliards avec des...
ÉCOLOGIE
Braconnage d'éléphants: plus de 100 soldats déployés dans un parc
 Eléphants Keystone
Plus de 100 soldats de l'armée camerounaise ont été déployés dans le parc de Bouba Ndjidda (nord) où entre 128...


ÉCOLOGIE
 Le WWF lance le PDF version écolo
GASPILLAGE Un seul document PDF peut contenir un nombre de pages équivalent à celui obtenu à partir d’un arbre entier. Shutterstock
Sauvegarder des documents en format «.wwf» pour préserver l’environnement. L’organisation mondiale de protection de la nature propose cette option depuis...