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Les rêves brumeux de Beach House
Avec son troisième album, le duo franco-américain parfait les contours de sa «Dream Pop», aussi mélodique qu’hypnotique. Un bijou de saison.
POP Sur ses deux premiers disques, Beach House se profilait en descendant appliqué d’une pop brumeuse, influencée tant par la new-wave glacée de Cocteau Twins que par l’electronica ludique de Broadcast. Mais souffrait encore d’un certain minimalisme au moment de faire tenir l’ensemble. Avec Teen Dream, son nouvel album, le duo de Baltimore parvient à se libérer de cet héritage, insufflant un brin de psychédélisme et une forte dose de mélodies à ce canevas initial, perfectionnant les contours d’une «Dream Pop» aussi accrocheuse qu’hypnotique.
Dès l’inaugural Zebra et son gimmick de guitare entêtant, le décor est posé. La mélodie est claire et répétitive, les rythmiques rigides et synthétiques, mais un voile léger recouvre l’ensemble, distillant une atmosphère onirique sur laquelle Victoria Legrand – nièce du compositeur Michel Legrand (Les demoiselles de Rochefort) – pose une voix apathique et asexuée. Contre toute attente, l’alchimie entre ces différents ingrédients fonctionne à merveille et confère à l’ensemble l’intensité étrange d’une photographie surexposée, la lumière blanche, aveuglante.
A mesure que se délite Teen Dream, Beach House joue de cet assemblage ainsi que du contraste entre une production sophistiquée et des sonorités surannées, façonnant une suite de chansons qui vont de la mélancolie douce (Norway, 10 Mile Stereo) à un psychédélisme sous Prozac (Silver Soul, Used To Be). Jusqu’à rappeler les sommets tutoyés par Deserter’s Songs de Mercury Rev, grand album rêveur de la fin des années 90.
CHRISTOPHE SCHENK
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