Témoignages

Par Marie Maurisse - Mis en ligne le 13.08.2009 à 06:00

MARIE LOU*, 41 ANS «J’avais un livre plein de pages blanches dans la tête»

Il y a un an à peine, Marie Lou était une dame active et riante. Aujourd’hui, les yeux tristes, elle parvient tout juste à sortir de chez elle. Cette commerciale dans une entreprise de la région lausannoise a été terrassée par un burnout long et sévère. «Tout a commencé il y a quelques mois, quand au travail, nous avons eu un gros boum. Nous avions de plus en plus de clients, mais à cause de la crise, le patron voulait attendre avant d’embaucher. Alors nous avons remonté nos manches.»
Consciencieuse, Marie Lou multiplie les heures supplémentaires, jusqu’à ne plus pouvoir décrocher. «La nuit, je me levais pour noter ce que je devais faire le lendemain. J’étais épuisée, stressée. J’avais des maux de tête, je prenais du poids. Et puis un jour, je me suis écroulée.» Pris par les vertiges, le corps de Marie Lou dit stop: c’est l’arrêt maladie. Après une longue cure de sommeil, elle tente à plusieurs reprises de reprendre son poste. En vain. «Lorsque je suis revenue au bureau, j’étais incapable de répondre au téléphone. C’est comme si j’avais un livre plein de pages blanches dans la tête.» Il y a quelques mois, elle a reçu à son domicile une lettre de licenciement. «Ce qui me fait le plus mal, c’est le silence de mes collègues. Comme le burn-out n’est pas palpable, ils n’ont pas compris ma souffrance.»


ALICE*, 50 ANS «Je n’ai pas eu l’idée d’appeler au secours»

Les professions médicales sont parmi les plus sensibles au stress. Alice, qui a choisi de changer de prénom pour parler à L’Hebdo, peut en témoigner. En 1994, cette infirmière a passé quelques années dans le service de médecine d’un grand hôpital romand. «Par rapport à mes expériences précédentes, c’était du stress en continu», dit-elle. Les horaires de travail, qui changent chaque semaine, imposent un rythme tendu. «Il y avait aussi beaucoup de patients. Et surtout, énormément d’interruptions dans la journée, ce qui fatigue encore plus.» En effet, les infirmières accomplissent quotidiennement jusqu’à 400 tâches différentes.
«Il y avait de la solidarité dans les équipes. Mais j’étais frustrée de ne pas être en mesure de passer plus de temps avec les patients.» Du coup, prise dans le tourbillon du travail, Alice s’épuise. «Je dormais mal, n’arrivais pas à récupérer. Je mangeais tout le temps, ce qui m’a fait prendre du poids. Et puis j’étais triste, angoissée et souvent de mauvaise humeur. Le pire, c’est que je n’ai pas eu l’idée d’appeler au secours.» Après des mois de ce régime brutal, c’est le déclic. Alice évite la dépression en décidant d’arrêter les gardes de nuit et de commencer une formation de spécialisation. «Mon emploi du temps était chargé. Mais les cours m’ont fait prendre du recul sur moi-même, et du coup, j’ai pu m’en sortir.» Quelques mois plus tard, elle changeait de service...

* Prénoms d’emprunt
-->

Mix & Remix

Voir plus »
UMP: Vainqueur, Copé propose la vice-présidence à Fillon.

UMP: Vainqueur, Copé propose la vice-présidence à Fillon.

Genève promet une police décomplexée pour les fêtes de fin d'année.

Genève promet une police décomplexée pour les fêtes de fin d'année.

Gaza: L'armée israélienne a repoussé son offensive terrestre.

Gaza: L'armée israélienne a repoussé son offensive terrestre.

Moody's dégrade la note de la France.

Moody's dégrade la note de la France.

Cia: le général Petraeus au coeur du scandale

Cia: le général Petraeus au coeur du scandale