Crise grecque
Tensions franco-allemandes
LES FAITS
Lundi, les ministres des Finances de l’eurozone se sont mis d’accord sur un plan d’aide financier en faveur de la Grèce. Ils ont parallèlement jugé que le pays en crise n’en avait pas encore besoin. Ces «modalités techniques» qui visent à permettre une action concertée doivent encore recevoir l’aval des chefs d’Etat et de gouvernements. Pour l’heure, les ministres, unanimes, se sont déclarés optimistes quant aux résultats des mesures prises par le Gouvernement grec qui doit permettre de réduire de 4 points le déficit public (12,7% du PIB en 2009). Le plan pourrait porter sur 20 à 25 milliards de dollars. La Grèce devra, elle, se refinancer à hauteur de 54 milliards d’euros en 2010. Juste avant la réunion, l’ambiance avait été plombée par les propos de la ministre française de l’Economie, Christine Lagarde, qui s’interroge sur le «modèle allemand basé sur les exportations». Une vision partagée par les Anglo-Saxons.
LES COMMENTAIRES
La ministre tricolore a ouvert les feux dans le Financial Times: «Il est clair que l’Allemagne a accompli un extrêmement bon travail au cours de ces dix dernières années. (...) Mais je ne suis pas sûre que ce soit un modèle viable à long terme. (...) Nous avons besoin d’une meilleure convergence.» Autrement dit: l’Allemagne serait coresponsable de la crise grecque, notamment en raison de sa compétitivité internationale forgée par une baisse générale des salaires. Réponse d’Angela Merkel, chancelière, rapportée par Les Echos: «L’Allemagne n’est pas un pays où les salaires et le niveau de la consommation sont déterminés par l’Etat.» Si le Bild constate que Christine Lagarde aurait résumé l’opinion de plusieurs Etats inquiets de leurs déficits courants avec l’Allemagne, le Financial Times Deutschland fustige les donneurs de leçons, notamment britanniques: «Que devrions-nous acheter au Royaume-Uni? (...) Des spécialistes de dérivés de crédit qui parient sur le défaut de paiement de la Grèce?»
À SUIVRE
La tension est forte dans l’Euroland. Les pays en position de faiblesse par rapport à l’Allemagne auraient demandé à la Commission européenne de se saisir du dossier. Selon Les Echos, «Bruxelles serait en train de rédiger un rapport sur les déséquilibres au sein de l’UE, assorti de recommandations spécifiques pays par pays».
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