Terres louées au Sierra Leone
Une firme suisse y produira du bioéthanol sur 12 500 hectares. Un projet controversé.
FAIM. Le grand jeu, qui a vu des Etats ou des entreprises d’Asie, du Golfe et d’Europe accaparer des terres dans les pays en développement, a atteint la Suisse. L’entreprise Addax Bioenergy, basée à Genève, commencera en 2010 la culture de 12 500 hectares de terres au Sierra Leone. Elle y fera pousser de la canne à sucre, transformée sur place en bioéthanol (90 000 m3 par an) pour le marché européen.
«Ces terrains n’ont pas été achetés, précise un porte-parole du groupe. Ils sont loués aux paysans locaux, selon les standards de la Banque mondiale.» La firme paie 12,50 dollars par an et par hectare.
«Comment peut-on utiliser ces terres pour produire du carburant, alors que de nombreuses personnes n’ont même pas à manger dans ce pays?», interroge Christine von Garnier, du Réseau foi et justice Afrique-Europe. Elle a contacté des parlementaires, afin qu’ils interpellent le Conseil fédéral à ce sujet.
Une étude d’impact réalisée par la firme sudafricaine CES voit une menace pour l’économie locale, basée sur une agriculture de subsistance (riz, manioc), ainsi que pour l’environnement à cause des pesticides et fertilisants. Les déplacements de population ne sont pas exclus. Mais, poursuit le texte, le projet permettra aussi de créer des emplois, d’améliorer les rendements et, aux résidents de «cette région caractérisée par une pauvreté endémique», d’acquérir de nouvelles compétences.
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