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«I was dressed for success, but success it never comes...» Tirée de Here sur le premier album de Pavement en 1992, la phrase résume à elle seule la carrière du groupe californien. Il était fringué pour le succès, mais celui-ci n’est jamais venu. Zaï zaï zaï... comme dirait la chanson.
Dissous en 1999, le groupe emmené par Stephen Malkmus goûte enfin à la gloire cette année, à la faveur d’une reformation pour quelques concerts et d’une compilation qui rend justice à ce rock au charme bancal.
Coolitude rock. Voisin d’inspiration de Nirvana et Sonic Youth, Pavement n’avait ni la rage des premiers, ni le goût pour les structures tarabiscotées des seconds. Et préférait une coolitude héritée de la philosophie des skaters. A tel point qu’on pourrait croire qu’à chaque chanson Malkmus empoigne pour la première fois un micro.
Fragiles, voire un brin maladroites, ces chansons dégagent pourtant un charme fou, à la manière d’une plongée dans un grand bric-à-brac qui regorgerait de trésors. On y trouve des mélodies limpides (Shady Lane, Cut Your Hair), une ironie mordante (Range Life, Here) ou encore des brouillons électriques fascinants (Summer Babe, Fight This Generation). Surtout, Pavement varie les styles avec une désinvolture unique, passant de la country des champs au grunge des villes, des gammes jazzy aux instrumentations arty. Le tout sans jamais perdre sa personnalité, mélange de dilettantisme et d’énergie rock auquel le temps aura finalement donné raison.
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