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Le diable dans la boîte
Coup de foudre pour «The Box». Où l’auteur de «Donnie Darko» renoue avec l’étrangeté quantique.
Donnie aurait dû être tué dans son lit par le réacteur qui est tombé sur la maison si, cette nuit-là, un grand lapin au masque de fer ne l’avait entraîné dehors. Le plus étrange, c’est qu’aucun avion n’a perdu de réacteur. Cet accident aberrant a inséré Donnie dans une temporalité parallèle. Le compte à rebours a commencé: le 31 du mois, il mourra vraiment. Nul deus ex lapino ne pourra sauver l’adolescent quand le réacteur tombé du futur sera à la tangente de son niveau de réalité...
Donnie Darko (2001) est un film culte dont les paradoxes n’ont pas fini d’affoler les spectateurs. Après ce génial premier long métrage, Richard Kelly, né en 1975, a tourné Southland Tales, une fresque futuriste sarcastique et décalée, sanctionnée par l’indifférence du public.
Feu de Dieu. Pour The Box, le jeune prodige s’est inspiré de Button Button, une courte nouvelle de Richard Matheson (l’auteur de Je suis une légende), qu’il a nourrie de souvenirs personnels – le père qui travaille à la Nasa, la mère amputée des orteils... Un matin, Arthur et Norma Lewis trouvent devant leur porte une boîte. Un bête cube noir, planté d’un bouton rouge et ne contenant que du vide. Plus tard, l’onctueux Mr. Steward vient expliquer le fonctionnement du gizmo: il suffit d’appuyer sur le bouton pour gagner un million de dollars, cash. Mais, quelque part dans le monde, une personne meurt. Les Lewis ont vingtquatre heures pour se décider.
Cette proposition a tout de la farce. Seulement les Lewis ont des problèmes d’argent. Pourquoi ne pas croire à la fable? Bien sûr, il y a la clause du mort. Et si c’est un bébé? demande-t-il. Et si c’est un condamné dans le couloir de la mort? réplique-t-elle. Un petit clic plus tard, le dilemme est surmonté. Arthur et Norma encaissent leur million. Mais ils ont ouvert la boîte de Pandore. De nouvelles épreuves les attendent et la réalité commence à se déliter.
Influence martienne? Transposant dans un contexte de science-fiction les contes séculaires dans lesquels des naïfs vendent leur âme au diable, Richard Kelly signe un thriller hautement paranoïaque. Qui est Arlington Steward, ce tentateur quantique, ce sphinx défiguré qui manipule les services secrets? Il s’est jadis mangé la foudre. Il aurait ressuscité doué de pouvoirs surnaturels. A moins que cet avatar de Zeus ne reçoive des ordres de plus haut, de Mars, la planète rouge sur laquelle la Nasa se concentre.
«Toute technologie avancée est indiscernable de la magie». Punaisée au mur des Lewis, la sentence d’Arthur C. Clarke récuse subtilement l’hypothèse fantastique. Elle suggère des entités toutes-puissantes invoquées dans des laboratoires secrets où militaires et savants captent le feu des dieux. Elle rend The Box infiniment plus inquiétant et complexe qu’une simple histoire de fantômes.
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