The Cure à Paléo, entre nostalgie et déception
Par Stéphane Gobbo - Mis en ligne le 19.07.2012 à 10:03
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Lorsqu’il sort comme par magie des fumigènes et entame Shake Dog Shake, c’est un méchant flash-back que l’on se prend dans les dents. Robert Smith est là, devant nous, et il arbore toujours, à 53 ans, son look de corbeau. Pour la génération qui a découvert le rock dans les années 80, The Cure reste une référence incontournable, un phare, et des chansons comme In Between Days ou Lullaby de douces madeleines vers lesquelles on aime de temps à autre revenir. Mais hier soir, au Paléo, la nostalgie a soudainement cédé la place au doute: cet Anglais empâté trônant au centre de la grande scène avait soudainement l’air d’un quinqua déguisé en Robert Smith pour la fête des anciens de la promotion 85… Sans parler d’un son parfois approximatif, dominé par une basse trop puissante. Mais après une vingtaine de minutes, un premier miracle se produit: l’ami Bob passe à la guitare acoustique et enchaîne In Between Days et Just Like Heaven. Et il y a cette voix, intacte, qui file parfois la chair de poule. Le concert, en forme de best of, connaîtra alors d’autres moments de grâce (Pictures of You, Lullaby, The Caterpillar, A Forest), mais aussi pas mal de passages mous du genou. Tout ça sent le chant du cygne. The Cure survivra-t-il à cette tournée? On peut légitimement se poser la question. Une chose est sûre: l’apport de Reeves Gabrel comme second guitariste n’est pas probant. L’Américain a beau avoir longtemps travaillé aux côtés de David Bowie, la new wave ne semble pas être son truc. Etre un excellent musicien de studio ne fait pas tout.
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