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Par Christophe Schenk - Mis en ligne le 12.05.2010 à 09:47 |
Sur le papier, le challenge était de taille. Produite par HBO (Oz, The Wire, Deadwood), la série En analyse – In Treatment en version originale – ose le huis clos en têteà-tête, s’obligeant à trouver son rythme et ses rebondissements dans un dialogue constamment renouvelé. Ou comment tenir en haleine le téléspectateur par le simple échange verbal d’un psy et de ses clients réguliers.
Originale, l’idée ne vient – pour une fois – pas des Etats-Unis, mais d’Israël. Créé en 2005 par le scénariste Hagai Levi, BeTipul a fait les beaux jours de la chaîne HOT3, avant d’être adapté par HBO en 2008, pour une première série dramatique en format court (une trentaine de minutes par épisode). A la production et à la réalisation, on retrouve le cinéaste colombien Rodrigo García – fils de Gabriel García Márquez – déjà remarqué derrière la caméra pour plusieurs épisodes des séries Six pieds sous terre et Les Soprano. Du divan au divan. Disponible en DVD, la première saison d’En analyse ne s’éloigne pas vraiment du schéma mis en place dans BeTipul, mais transpose les destins de ses personnages à la réalité américaine. Se succèdent ainsi sur le divan un soldat coupable d’une bavure durant le conflit en Irak, un couple déchiré par l’idée d’avoir – ou non – un enfant, une gymnaste instable aux pulsions suicidaires et une jeune femme éprise de son psychiatre. Des clients qui se suivent dans un cycle immuable, du lundi au jeudi, imprimant son rythme à la série, découpée en semaines. Mais la force principale d’En analyse réside dans la figure du thérapeute Paul Weston, incarné par l’Irlandais Gabriel Byrne. Second couteau remarqué du cinéma indépendant américain dans les années 90, du Miller’s Crossing des frères Coen à Usual Suspects, Byrne retrouve toute sa splendeur grâce au petit écran, insufflant son magnétisme à son personnage, fort d’un jeu tout en retenue. Calme en apparence, Paul Weston se lézarde à mesure que les rendez-vous s’enchaînent, troquant son flegme initial contre une tension marquée qui se mue peu à peu en colère. Sorti de ses gonds à la suite d’une énième provocation d’un de ses patients, le psychiatre se trouve soudain confronté à ses doutes et ses limites. Seule solution, passer à son tour sur le divan, en renouant avec son ancienne thérapeute Gina, incarnée par la formidable Dianne Wiest, égérie du cinéma de Woody Allen dans les années 80. Sondant les troubles de l’âme humaine et les inflexions incessantes du dialogue cathartique, En analyse se savoure avec gourmandise, avant de se consommer avec frénésie, à mesure que se déroule le fil des destins qui se livrent sur le divan de Paul Weston. Sans effets de manches ni surenchère dramatique, la série de HBO parvient à nourrir la tension et l’émotion, réhabilitant la parole comme vecteur narratif, grâce notamment à une mise en scène parfaitement épurée. En analyse. Saison 1. 2 Coffrets. HBO/Warner Home Video. «EN ANALYSE» RÉHABILITE LA PAROLE COMME VECTEUR NARRATIF, GRÂCE AUX INFLEXIONS INCESSANTES DU DIALOGUE CATHARTIQUE ENTRE LE PSY ET SES PATIENTS. |









