Top 50 albums - Années 2000 (II)
| 45 The Cinematic Orchestra - Man With A Movie Camera (Ninja Tune - 2003) En imaginant une nouvelle bande-son pour le classique de Dziga Vertov, le collectif britannique s'offre une cure de rétro qui lui sied à merveille. Et un score qui s'écoute très bien sans images. Entre intermèdes en suspension et morceaux de bravoure, The Cinematic Orchestra déploie toute sa palette sonore - ambient, downtempo, jazz, funk, etc. - mais y ajoutendes cordes princières ou s''égare dans des thèmes évoquant Bernard Hermann (Work It) comme The Art Ensemble Of Chicago (Theme de Yoyo). Reste que le collectif ne s'assagit pas pour autant, dérivant au gré des samples que distillent le chef d'orchestre Jason Swinscoe ou tournant autour de thèmes obsédant, jusqu'à donner naissance à de furtifs tourbillons. 44 Grizzly Bear - Veckatimest (Warp - 2009) Mark Hollis, Brian Wilson et Paul Simon réunis dans même studio. Un rêve? Une folie? Un peu des deux sans doute. Mais ça ne retient pas Grizzly Bear qui mêle dans un même élan les obsessions musicales des trois génies précités. Harmonies vocales, variations mélodiques et instrumentations délicates façonnent un patchwork pop-folk atemporel, un brin cérébral parfois, organique souvent. De pastorales tordues (Southern Point, Dory) en pop-songs érudites (Two Weeks, About Face), le groupe de Brooklyn privilégie une écriture en biais, qui emprunte autant qu'elle détourne, qui ose, surtout, traçant sa propre voie, entre expérimentations du temps et arrangements subtils.
43 Mogwai - Rock Action(PIAS - 2001) Etrange album pour faire suite à la perfection close de Come On Die Young. En 8 titres et 40 minutes à peine, Mogwai tente de se réinventer et explore des territoires en marge de ses gammes post-rock, annonçant la couleur dès l'inaugural Sine Wave qui va faire un tour du côté de chez Warp. Surprenante, l'attitude manque toutefois sa cible par instants, comme sur les anecdotiques transitions que sont O I Sleep et Robot Chant, qu'on jurerait ajoutées pour transformer un EP en LP. Mais elle débouche également sur certaines des plus belles réussites du groupe écossais, du classique You Don't Know Jesus à l'obsédant 2 Rights Make 1 Wrong, en passant par les superbes ballades Take Me Somewhere Nice et Dial: Revenge, enregistrées respectivement avec David Pajo et Gruff Rhys. 42 Robert Wyatt- Comciopera (Domino - 2007) Découpé en trois partie, Comicopera sonne comme une synthèse d'une carrière riche en sommets et en directions. Apaisé, bricoleur ou carrément dérangé, le barde à la voix d'ange y prend un malin plaisir à brouiller les pistes, passant d'une ritournelle jazzy flirtant avec le easy-listening (Just As You Are) à une ballade folk campagnarde (A Beautiful Peace), d'un collage concocté à base d'Eno (A Beautiful War) à un hommage couleur locale au Che (Hasta Siempre Comandante). Fort de mélodies plus limpides que jamais, Robert Wyatt trouve l'équilibre idéal entre ses diverses tentations, de la pop au jazz, de l'electro au psychédélisme. Et rappelle qu'il reste l'un des musiciens les plus inclassables encore en activité.41 Leila - Courtesy Of Choice (XL - 2000) Reine d'un univers aqueux - voire marécageux - l'électronicienne iranienne tisse des textures mouvantes où crissent les machines. Mais sait réserver des écrins étincelants aux voix de Roya Arab et Luca Santucci. Ce dernier lui offre en retour certains de ses plus beaux morceaux, en tête le déchirant To Win Her Love, exercice de crooner au spleen contenu. A l'image de ce standard post-moderne, on voudrait voir en Leila une musicienne capable de triturer l'electro à la manière du jazz, lui imposant des plages confortables pour y inviter des voix, puis l'emmenant dans des frictions et des galops bouillonnants (Thanks, Mr. Jones). Mais ce serait réduire à une formule ses talents alchimiques.
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