MARIELA CASTRO Le 15 mai 2010, la nièce de Fidel Castro (au centre) participe à une manifestation gay, à La Havane. AFP
Tournant à la Havane?
Par MANFRED ERTEL - Mis en ligne le 21.07.2010 à 15:26
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OPPOSITION. Raúl Castro libère 52 dissidents. Faut-il y voir le signal d’un début de libéralisation de l’île? Les critiques du régime ne croient pas à un changement de cap, et craignent une manœuvre. Entretien avec Mariela Castro, fille du président.
Depuis quelques jours, on se perd en conjectures sur le sens à donner à ce qui ressemble à un signal. Le geste de Raúl Castro peut être interprété comme une marque d’autonomie du petit frère à l’égard du grand. Il pourrait aussi s’agir d’un message à l’Union européenne qui exige depuis 1996 «des progrès en matière de droits de l’homme et de liberté politique». Mais les opposants de l’intérieur y voient une pure manœuvre: quand les 52 dissidents seront partis, l’opposition sera presque réduite au silence; les Dames en blanc, épouses et mères de détenus politiques qui défilaient tous les dimanches, au sortir de la messe, dans le quartier des ambassades de La Havane, auront quitté Cuba elles aussi.
Reste que, à la différence de son demi-frère Fidel, Raúl Castro passe pour pragmatique. Le pays est financièrement à terre, la récolte de canne à sucre sera cette année la plus misérable depuis 1905, plus de 80% des denrées alimentaires doivent être importées, des milliers de jeunes gens très qualifiés sont autorisés à aller travailler à l’étranger. Il s’agirait donc de séduire l’UE pour obtenir son aide. Les diplomates européens s’attendent qu’à l’occasion de la fête nationale, ce 26 juillet, le président cubain annonce les mesures de libéralisation qu’ils réclament: et notamment plus de privatisations dans l’agriculture, plus de liberté pour acquérir un logement, plus de facilités de voyages à l’étranger.
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