VIOLENCE Le journaliste Jean-Philippe Ceppi a été agressé pendant ses vacances au Kenya. FRANCOIS GROBET
«Tous les touristes sont en danger au Kenya...»
Par Patrick Vallélian - Mis en ligne le 18.08.2010 à 20:11
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JEAN -PHILIPPE CEPPI. La famille du grand reporter romand, producteur de «Temps présent», a été violemment agressée dans sa maison de vacances kényane. Il dénonce l’incurie des autorités.
«Nous avons été attaqués le 6 août, à notre retour d’un repas familial. Il faisait nuit. Avec ma femme et mes enfants, nous sommes tombés dans un guet-apens.» Jean-Philippe Ceppi, producteur de Temps présent sur la TSR, connaît bien le Kenya. Il en a épousé une ressortissante, y possède une maison. Il connaît bien l’Afrique aussi, un continent sur lequel il a passé de nombreuses années comme correspondant, couvrant notamment la tragédie rwandaise et la guerre civile en Somalie. C’est un homme qui n’a pas froid aux yeux, qui s’est déjà retrouvé dans des situations périlleuses.
Pourtant, ce soir-là, alors qu’il est venu passer des vacances «chez lui», à Kilifi, un petit village de bord de mer au nord de la ville portuaire kényane de Mombasa, il se retrouve agressé comme n’importe quel touriste pourrait l’être. Cinq ou six hommes attendaient, tapis dans l’ombre, armés de pistolet, barre de fer et machettes. «L’attaque a été soudaine et d’une violence inouïe. Nous n’avons rien vu venir. Tout s’est passé si vite.»
Coups et menaces. Ceppi est violemment frappé à la face avec une barre de fer et, à part baisser la tête et prendre des coups, il ne peut rien faire. Après s’être fait copieusement tabasser, lui et sa femme sont forcés de donner tout ce qu’ils ont: montres, téléphones, bijoux et argent. «Ils tenaient nos enfants en otages. Ma femme a été menacée de viol, sous la contrainte d’une machette. Ils étaient comme fous. Une violence gratuite insensée. L’acte de drogués sans doute.» Grièvement blessé à l’œil gauche, le journaliste doit à l’intervention de l’ambassade de Suisse à Nairobi de ne pas en rester borgne. «L’ambassadeur a trouvé le meilleur ophtalmologue de la capitale kényane. Et il a fait en sorte que je sois soigné le plus rapidement possible.»
Depuis, la famille Ceppi est rentrée en Suisse. Elle panse ses plaies et pense aussi à sa chance. «Nous aurions pu mourir», admet Jean-Philippe Ceppi qui pointe du doigt une situation sécuritaire catastrophique. «Au Kenya, la criminalité est hors de maîtrise. L’Etat ferme les yeux et la police est notoirement corrompue, totalement inefficace. Le pays traverse une importante vague de violence.» Une vague qui touche les touristes jusque dans les parcs nationaux pourtant réputés sûrs, ou sur les plages de Mombasa.
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