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Tout est illuminé

Mis en ligne le 19.01.2006 à 00:00

L'Hebdo; 2006-01-19

Cinéma Tout est illuminé

Drame Soit Jonathan (Elijah Wood en voie de déshobbitalisation), un jeune homme lunatique, Juif américain, un collectionneur d'instants qui enferme dans des sachets de plastique de menus souvenirs, morceau d'ambre, caillou, dentier, pomme de terre, sauterelle... Il s'envole pour l'Ukraine pour retrouver la femme qui sauva jadis son grand-père des nazis. Le devoir de mémoire s'accomplit à travers un road movie drolatique. Un grand-père aveugle tient le volant. Son petit-fils qui se la pète façon yo et un corniaud à moitié fou complètent l'équipage et le décalage culturel entre ceux qui accèdent à l'économie de marché et celui qui pratique déjà la pensée politiquement correcte. Aux deux tiers, la comédie aigre douce s'infléchit vers le drame, nettement moins original, avec flashes-back et ralentis. | AD

Everything is illuminated. De Liev Schreiber. Avec Elijah Wood. Etats-Unis, 1 h 42.

Romanzo criminale

Roman A travers l'histoire authentique de la «bande de la Magliana», l'auteur, juge auprès de la Cour d'assises de Rome, évoque l'histoire souterraine de l'Italie des années 70 à 90. Ce livre - dont le film sortira en mars en France - inaugure la collection Grand Ecran consacrée aux textes adaptés au cinéma. | MD

De Giancarlo De Cataldo. Traduction C. Siné et S. Quadruppani. Editions Métaillié et Babe Films, 585 p.

lyrique Il Mondo della Luna

Farce Un homme riche et crédule se fait balader par trois jeunes hommes astucieux jusque chez l'empereur de la Lune. Manipulé, dépouillé de son autorité terrestre, le barbon sera contraint à donner en mariage ses filles et sa servante. Et tout finit bien. L'histoire est aimable, la musique de Haydn aussi, mais sans plus. D'autant que la mise en scène, à défaut de pouvoir s'appuyer sur une véritable machinerie de théâtre, aligne des gags visuels plus ou moins réussis. En fin de compte, les personnages n'existent plus qu'en fonction des ruses qu'ils concoctent ou subissent. Les émotions passent souvent à la trappe. D'où un sentiment d'ennui entre deux sourires, alors que l'énergie déployée par l'Opéra de Fribourg mérite mieux. | DR

Guin. Podium. Ve 20, 19 h 30

et di 22, 17 h. Rens. 026 492 55 03.

Bulle-La Tour-de-Trême. Salle du CO2. Di 29, 17 h. Rens. 026 913 15 46.

Tom Jones

Rareté L'opéra-comique de François-André Danican Philidor, compositeur admiré notamment par Grimm et Diderot, était joué à Lausanne il y a 230 ans! Il refait surface porté par le Sinfonietta de Lausanne et sous la direction du baroqueux Jean-Claude Malgoire qui célèbre, lui, ses 50 ans de carrière. Une découverte orchestrale et vocale toute en élégance. | DR

Lausanne. Opéra. Ve 20, me 25, ve 27, 20 h. Di 22 et 29, 17 h. Rens. 021 310 16 00.

classique Igor Stravinski

Jeune public On interprète la musique de Stravinski? Sans aucun doute. Mais avant tout, on la joue, on en joue. Les oeuvres du compositeur prolifique et précoce sont de gigantesques jeux de construction, «merveilleuse mécanique orchestrale», disait Debussy face à L'oiseau de feu. C'est ce goût des combinaisons sonores et rythmiques que Contrechamps fait découvrir aux enfants invités, dès 7 ans, à entendre le Stravinski qui danse (Petrouchka et Le sacre du printemps au piano à quatre mains) puis le Stravinski qui se déguise, combine des styles, observe, organise, joue. Stravinski qui s'apparente à Bach dans sa manière de ne pas exprimer des émotions en direct mais de les faire naître, mystérieuses et solides, du seul matériau musical. | DR

Genève. Maison de la Radio. Concert «Danses»: me 25, 18 h. Concert «Masques», entre jeux de styles et improvisations: me 8 février, 18 h. Rens. 022 329 24 00.

Dimitri Chostakovitch

Symphonique La 7e symphonie, dédiée à la résistance des habitants de Leningrad assiégée, était créée en 1942. Le siège de la ville allait encore durer près de deux ans. Chargée d'histoire, intense, énorme, cette partition est interprétée par l'Orchestre du Conservatoire sous la direction de Gleb Skvortsov, né dans cette ville blessée redevenue entre-temps Saint-Pétersbourg. | DR

Genève. Victoria Hall. Di 22, 17 h. Rens. 022 311 99 70.

pop Readymade FC

CD Après un premier album entre house et electronica sorti en 2001 sur Fcom, label de Laurent Garnier, le Français Jean-Philippe Verdin - alias Readymade FC - opère un retour surprise, livrant un disque pop aux couleurs variées. Si l'on y retrouve quelques traces d'électronique, des influences folk se font surtout sentir. Mais ce qui impressionne et séduit avant tout, c'est l'efficacité et la subtilité des mélodies. Entre dépouillement acoustique et arrangements de cuivres, les compositions de ce Babilonia cultivent une élégance pop unique et touchante. Un festin musical auquel sont conviés quelques invités prestigieux: la Canadienne Feist et l'ex-chanteur de Japan, David Sylvian. | CS

Babilonia. De Readymade FC. Peacefrog/Namskeio.

Architecture in Helsinki

CD Contrairement à ce que leur nom pourrait laisser croire, les huit musiciens d'Architecture in Helsinki viennent tout droit d'Australie. Témoignage d'une pop multiple et survitaminée, ce second album devrait leur permettre de conquérir l'Europe. Entre tubes synthétiques et ritournelles euphorisantes. | CS

In case we die. De Architecture in Helsinki. Moshi Moshi/TBA

exposition Ron Mueck

Sculpture Décidément, l'hyperréalisme a le vent en poupe! Tandis que les paysages et les visages en gros plan du peintre et graveur suisse Franz Gertsch font les beaux jours des musées bernois, les Parisiens sont eux aussi soumis à d'hypnotiques et étranges face-à-face. L'exposition ne compte que cinq oeuvres mais souvent gigantesques, à l'image de Wild Man, personnage en fibre de verre et silicone représenté nu, assis sur un tabouret, hirsute et crispé, et apparemment terrifié. Poils, taches, veinules, rides, pas un détail ne manque pour faire vrai. Ce qui intéresse l'Australien Ron Mueck, c'est toutefois plus l'effet de réel que la réalité. Certaines de ses sculptures sont d'ailleurs minuscules. Et tout aussi troublantes. | MD

Paris. Fondation Cartier. Jusqu'au 19 février, ma-di 12-20 h. En parallèle, oeuvres de John Maeda.

Fondation Irène Reymond

Prix Au début des années 80, à 82 ans, l'artiste Irène Reymond léguait tous ses biens pour créer une fondation destinée à soutenir les artistes romands. Les premiers prix étaient décernés il y a vingt ans. L'exposition présente des oeuvres des 53 lauréats. Un beau parcours à travers la création récente. | MD

Lausanne. Espace Arlaud. Jusqu'au 26 février, me-ve 12-18 h, sa-di 11-17 h.

livre L'année où j'ai appris l'anglais

éducation sentimentale Si ce n'est pas de la musique, ça y ressemble. Chris a 18 ans, il passe l'année 1968 à Cambridge. Il apprend Elvis Presley, les premières amours et le tennis. Jean-François Duval, journaliste, écrivain et spécialiste de la beat generation, replonge avec bonheur dans son printemps enchanté, celui épatant et cruel où tout est neuf, payant par là sa dette au rock'n'roll, à l'amour quand il survient à 17 ans, et «à la magie du roman anglais». Poignante de nostalgie reconnaissante, cette bande-son d'une jeunesse exaltée balance entre la jolie Maybelene, les salles de cinéma et les pubs où se nouent toutes les amitiés. Ils se sont quittés, ils se sont revus, mais la magie de Cambridge s'était perdue entre Station Road et l'aéroport de Heathrow, la magie de cet endroit où «il avait été lui-même» comme jamais après. | IF

De Jean-François Duval. Ramsay, 266 p.

Dépendances

Thriller psychologique Après le sensible La fille d'un soldat ne meurt jamais, Kaylie Jones livre un nouveau roman sur le désarroi, la survie après l'horreur et la transmission de nos peurs aux enfants. Clara, fille d'un survivant d'Auschwitz, dirige un centre d'accueil pour femmes battues, tout en se noyant dans les drogues et l'alcool. Juste et troublant. | IF

De Kaylie Jones. Traduit par Florence Berthon. Belfond, 356 p.

théâtre Liberté à Brême

Expressionniste Subversive et grinçante, telle est la vision du monde de Rainer Werner Fassbinder qui, dans Liberté à Brême, expose la détermination d'une jeune femme à s'arracher la liberté de vie qu'elle mérite. Coûte que coûte. Face aux reproches, aux accusations quant à un devoir de conformité, le crime apparaît soudain pour cette jeune femme ( Magdalena Czartoryjska Meier, ici avec Fabien Ballif) en avance sur son temps comme la seule issue. Quand les mots ont échoué, que reste-t-il? Sur une toile expressionniste, où tout éclate dans une lumière tranchante, Denise Carla Haas orchestre avec assurance cette mécanique répétitive de la liquidation. Manque cependant un certain ressort, et parfois de la profondeur, à cette spirale qui perd en intensité en cours de route. | ASS

Lausanne. Théâtre 2.21. Jusqu'au 29. Rens. 021 311 65 14.

Neuchâtel. Théâtre du Pommier. Les 2 et 3 février. Rens. 032 725 05 05

La blonde, la brune et la rousse vengeresse

Performance Anne-Marie Yerly joue des métamorphoses et incarne tout un voisinage, pas vraiment sans histoires. Les confessions de chacun viennent alors donner une lumière neuve aux événements tragiques d'une banlieue très proprette. Quelques séquences vidéo ajoutent de malicieux clins d'oeil à cette comédie. | ASS

Lausanne. Pulloff. Jusqu'au 29. Rens. 021 311 44 22.




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