J’ai appris pratiquement à la même seconde qu’Amy Winehouse travaille sur un nouvel album et que Micheline Calmy-Rey veut relancer sa carrière musicale à la télévision alémanique. Double choc: à vrai dire, je n’aurais pas parié le moindre fifrelin sur un retour à la chanson de l’une comme de l’autre.
Je l’avoue, la cheffe du DFAE m’épate. Glisser ainsi du chantage libyen à la chanson bernoise, c’est un exploit diplomatique que doit nous envier Bernard Kouchner. Mais l’insistance de notre Mireille Mathieu fédérale à monter sur scène constitue aussi un défi à l’entendement: qu’est-ce qui peut bien pousser des femmes ou des hommes politiques à vouloir ajouter cette corde à leur lyre?
Car Micheline Calmy-Rey n’est pas la seule de son espèce à pousser la chansonnette. Citons en vrac les performances vocales du rossignol milanais Silvio Berlusconi, de la conseillère nationale vaudoise Ada Marra ou du muezzin valaisan Oskar Freysinger. Si, demain, Nicolas et Carla Sarkozy décidaient d’entonner «Ma petite entreprise» en duo, personne ne serait étonné.
La chanson doit être quelque chose comme le doux rêve compensatoire que cajolent les politiques. Avoir un public plutôt que des électeurs. Surveiller le hit-parade plutôt que les sondages. Etre invité aux «Coups de cœur» d’Alain Morisod plutôt qu’endurer les coups de Jarnac de ses collègues… «Tout finit par des chansons», écrivait Beaumarchais. Oui, même les carrières politiques.
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