L'Hebdo;
2005-06-23 Toutes les interprétations possibles
«Sondage exclusif: que vaut le système éducatif suisse?»
L'Hebdo N° 24
Les chiffres des sondages sont interprétables à merci. Dans le débat sur l'école qui fait rage à Genève, tout le monde peut tirer les chiffres à soi et prêcher pour sa paroisse! Ainsi en va-t-il du sondage de L'Hebdo et de ses commentaires.
Vous mentionnez 30% de Suisses qui pensent que l'école ne prépare pas bien les jeunes à leur vie professionnelle, en omettant de dire que 69% pensent le contraire! Vous mettez en avant une forte minorité et c'est important de l'entendre, mais il ne faudrait pas oublier la majorité. A contrario, concernant l'avis sur le système non sélectif du modèle finlandais, vous mettez en avant la majorité, mais vous passez totalement sous silence la minorité forte de 27% qui s'exprime pour une non-sélection. De même, 27% de Suisses demandent des programmes moins chargés et 22% le statu quo, ce qui, cumulé, fait 49% de Suisses qui ne demandent pas de programmes scolaires plus ambitieux.
«Pourrait tellement mieux faire», clame Marie-Hélène Miauton dans son analyse; c'est évident, encore faudrait-il être d'accord sur les moyens pour améliorer ce qui ne va pas. Peut-être vaudrait-il la peine d'écouter les professionnels sur les solutions qu'ils proposent. Une chose est sûre, c'est que les enseignants travaillent à l'amélioration de ce système au quotidien: il le feront d'autant mieux quand leur cadre de travail sera plus serein, quand on arrêtera de les dénigrer à longueur de pages dans les médias.
Laurent Vité, comité SPG, Genève
et les autres?
«Les 100 personnalités qui font la Suisse romande»
L'Hebdo N° 23
(...) Après nous avoir servi les personnalités qui font les cantons romands, canton par canton, vous nous affligez des 100 personnalités qui font la Suisse romande. Quel est votre projet pour la suite? Les 100 personnalités qui font le plus souvent la première page des journaux en Suisse romande? Même si j'éprouve le plus grand respect pour ceux que la réussite promeut à la notoriété, je suis saisi d'un sérieux malaise en constatant l'évolution de notre société vers un élitisme exacerbé. Le titre de votre dernier numéro est à ce point de vue irritant de prétention. Ainsi, les 100 personnes citées font la Suisse romande? Bonne nouvelle! Les deux millions restants peuvent rester à la maison et se faire servir le petit déjeuner au lit, puisqu'ils ne contribuent en rien à l'essor ni au fonctionnement de notre région. En prime du croissant et du jus d'orange apportés par l'une de vos célébrités ayant, comme chacun le sait, tant de pouvoir et le don d'ubiquité, nos inutiles auront tout loisir de lire votre prochain numéro bien au chaud sous leur couette. Quelle sera alors votre première page? (...) «Les inconnus existent, nous les avons rencontrés?»
François Vuille, Bonvillars
Figer l'école pour l'améliorer: Un kafka d'or pour l'hebdo!
«Ecole: Que Berne mette de l'ordre!» et «Forum des 100: cours magistral de Luc Ferry»
L'Hebdo Nos 23 et 24
Quels changements préconise Luc Ferry? Quelle école nous fera prospérer, selon lui? Une école «conservatrice», plus proche du «charisme fascisant» que d'une «idéologie démocratique» mal compatible avec l'instruction des enfants... Luc Ferry veut le progrès par la régression: il invente des pratiques décadentes pour mieux vendre le retour aux méthodes d'antan. On frémit devant l'alternative: innover est laxiste, vive le retour aux sources, au pas de l'oie pour être exigeant!
Non, ce n'est pas ravissant. C'est infondé et contre-productif, certainement. Bien sûr qu'il faut que les enfants disent «bonjour» et «merci» devant les gens. Mais ce qui vaut pour l'éducation ne suffit pas pour l'instruction. Respecter une vieille dame, ce n'est pas respecter le théorème de Pythagore ou l'accord du participe passé. À l'école, il faut comprendre les règles pour les appliquer... En laissant entendre que les élèves en difficulté sont juste insolents et mal éduqués, Luc Ferry sème la confusion...
L'Hebdo pourrait consulter mais surtout informer ses lecteurs, faire la part des réformes bien menées de celles qui restent à réaliser...Au lieu de cela, le raisonnement tourne en rond: plus le peuple s'inquiète, plus on dit que les maîtres ont failli, ce qui ne rassure personne et appelle la défiance, le repli, la paralysie. Résultat: nous nous mentons à nous-mêmes en figeant ce qu'il faudrait changer, en revenant à des procédés - le redoublement, les filières séparées - que les Finlandais ont depuis longtemps reniés... La première proposition du Forum des 100, c'est d'»attribuer un Kafka d'or pour dénoncer les procédures lentes et tortueuses qui noient l'innovation.» Lauréat 2005: L'Hebdo?
Olivier Maulini et Bernard Riedweg, enseignants, Former sans exclure, Genève
comment promouvoir les idées brillantes?
La réponse du patron de la bcv «Les bombes du Forum des 100»
L'Hebdo N° 24
Tout à l'attention zélée qu'un journaliste politique doit à son fonds de commerce, Alain Rebetez est l'auteur de quelques malheureuses lacunes dans le compte-rendu des «bombes» qu'il a cru déceler dans le Forum des 100.
Dans le cadre de cette manifestation très réussie, j'ai eu l'occasion d'expliquer quel est et quel doit être le rôle d'une banque cantonale dans l'accompagnement des jeunes entreprises.
N'en déplaise à ceux qui ignorent cette logique de base, je maintiens que l'épargne traditionnelle - qui fournit à une banque de quoi prêter de l'argent à ceux qui lui en empruntent - ne peut pas servir au financement d'entreprises certes audacieuses, mais dont on sait que 80% ne survivront pas plus de deux ans. C'est une pure question de bon sens et de concordance des risques: on ne joue pas sa retraite sur un coup de dés. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'une banque tourne le dos aux innovateurs et aux créateurs. J'ai donc aussi précisé qu'au-delà du crédit traditionnel, il existe d'autres moyens de contribuer à la concrétisation industrielle ou commerciale des brillantes idées nées dans nos hautes écoles.
La BCV, en tant que banque cantonale consciente de sa mission, ne les ignore pas. Elle a octroyé, au titre du capital-risque et avec d'autres partenaires, plusieurs dizaines de millions à des entreprises en devenir grâce à des fonds constitués sur d'autres bases que l'épargne, tels qu'Initiative-Capital ou VD Capital. Il eût été fair-play de le relever aussi. Tout comme cela l'eût été de mentionner le soutien de Daniel Borel, patron de Logitech, à cette vision qui privilégie le rôle des business angels. Mais il est vrai que Daniel Borel n'appartient pas au cercle politique. Faut-il, pour cela, se priver de l'écouter lui aussi?
Alexandre Zeller, CEO de la Banque Cantonale Vaudoise
rectificatifs
«Forum des 100: beau succès»
L'Hebdo N° 24
Erreur de légende:Didier Berberat est conseiller national neuchâtelois, et pas conseiller aux Etats.
«Should we speak English?»
L'Hebdo N° 24
Une erreur s'est glissée dans le tableau concernant le niveau d'anglais des parlementaires dans notre précédente édition. Certains élus du groupe radical-libéral ont malencontreusement été classés dans le Parti libéral. Seuls les parlementaires suivants sont du Parti libéral: Martine Brunschwig Graf, Jacques-Simon Eggly, Claude Ruey et Serge Beck. Le classement des résultats par parti reste toutefois inchangé, bien que la moyenne du Parti radical monte à 2,64 (contre 2,54) tandis que celle du Parti libéral descend à 2,75 (contre 2,8). Avec nos excuses.
précision
«Bataille des médias: Philippe Hersant sort du silence.»
L'Hebdo No 22
Edipresse ne contrôle pas les deux gratuits Lausanne-Cités et Genève Home Information, contrairement à ce que nous avons publié dans notre édition du 2 juin. Il ne possède que 50% du capital des sociétés qui éditent ces journaux.
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