Rencontré dans son bureau au sein de la grande tour verte de Rolex, à Genève, Jacques Duchêne, qui s’exprime en sa qualité de président du comité des exposants de Baselworld, côtoie le monde de l’horlogerie depuis cinquantehuit ans. C’est dire s’il connaît bien la mentalité de ses confrères et consoeurs qui, pour maints d’entre eux, d’une année à l’autre «foncent si tout va bien et se lamentent si tout va mal».
Précisément, après une année 2009 de crise durant laquelle les exportations horlogères suisses se sont effondrées à 13,2 milliards de francs, ces dernières ont spectaculairement remonté en 2010 (16,2 milliards). Cette année 2011, elles devraient dépasser le record de 2008, à 17 milliards. «Du coup, au salon annuel de Baselworld, tout le monde veut s’agrandir», observe Jacques Duchêne qui prévient les exposants: «Attention! Vous signez pour 2013.
Mais savez-vous quel sera alors l’état de l’économie mondiale?» Une prudence toute rolexienne à laquelle adhèrent les entrepreneurs les plus sages.
Il est vrai que, pour l’ensemble des horlogers, la tentation est grande de faire sauter les bouchons de champagne pour célébrer les prouesses d’une branche qui semble la seule à ignorer les voyants rouges qui s’allument un peu partout, surtout dans la vieille Europe surendettée. Près de 49 000 personnes, l’effectif le troisième le plus élevé depuis une trentaine d’années, principalement en Suisse romande, participent à la vitalité de l’horlogerie.
Il est vrai aussi que la crise économique et financière qui n’en finit plus n’empêchera jamais les personnes aisées de s’enrichir encore un peu plus, partout dans le monde et notamment en Chine (lire en page 82). Cet immense décalage entre la richesse des uns et la misère des autres dans le monde, Johann Rupert, le grand patron du groupe de luxe Richemont qui possède notamment Cartier, «en a bien conscience quand il traverse des bidonvilles au volant de sa voiture en se rendant de Stellenbosch, où il réside, au Cap en Afrique du Sud», observe Henry-John Belmont.
Lequel a exercé une fonction de dirigeant au sein du même groupe dont le siège social s’est blotti dans un écrin de verdure à Bellevue, dans la campagne genevoise. Le monde est ainsi fait. Et comme les montres de luxe représentent 86% des exportations horlogères suisses, la bonne santé de cette dernière n’a vraiment rien d’étonnant.
Avant de comprendre comment l’horlogerie de luxe a pu se développer de manière aussi forte depuis une trentaine d’années, une tentative de définition s’impose. Le mot «luxe» fait grincer les dents de bon nombre d’horlogers. Peut-être à cause de l’origine latine du mot: Luxus signifie excès. Helvétiquement insupportable!
Les gardiens du temps préfèrent donc parler de prestige ou de tradition. Pour Jean-Claude Biver, président de Hublot (du groupe français LVMH), «une montre de luxe est porteuse de tradition, s’inscrit dans une culture, un patrimoine commun, son excellence s’approche de l’art par sa bienfacture et non de l’industrie; elle est exclusive». Une production limitée de montres, comme celle des Patek Philippe dont le nombre plafonne à 45 000 par an, c’est aussi pour le président d’honneur de la marque genevoise Philippe Stern un critère essentiel de grande qualité.
«Cela dit, précise-t-il, le mot luxe ne signifie plus rien.» Bigre. Nous voilà bien avancés. Trouvons donc un compromis: celui du porte-monnaie. Et avançons qu’un garde-temps de luxe se situe à partir d’un prix public compris entre 1000 et 2000 francs… et sans limite.
L’irrationnel. Cette difficulté à cerner la notion de luxe horloger est en partie due à son caractère profondément irrationnel. Ce que le consommateur aime vraiment, s’il en a les moyens financiers, n’a pas de prix. Encore faut-il que sa montre lui soit vraiment désirable, fiable et fidèle (comme une bonne épouse, diraient les machos), alliant le meilleur de l’esthétique et de la technique.
C’est pour avoir compris cela que des horlogers comme Nicolas G. Hayek (Swatch Group), André Heiniger (Rolex), Alain Dominique Perrin (Cartier), Jean-Claude Biver (Blancpain et aujourd’hui Hublot), Günter Blümlein (Jaeger-LeCoultre, IWC, Lange & Söhne), et Philippe Stern (Patek Philippe) ontsorti l’horlogerie suisse en perdition dans les années 70 pour la hisser au sommet.
Il y a une quarantaine d’années, les horlogers suisses n’en mènent pas large. Les Japonais, avec leurs nouvelles montres à quartz Seiko, Casio et Citizen et, dans une moindre mesure, les Américains avec notamment Timex et Texas Instrument, inondent le marché planétaire. Tout le monde ne jure que par le quartz, qui offre une précision jamais atteinte par les montres mécaniques.
Contrairement aux Japonais et aux Américains déjà bien équipés en électronique, les Suisses n’ont pas l’outillage, en circuits intégrés notamment, pour fabriquer des montres à quartz en masse. Contraints à des investissements énormes, ils sont pris à la gorge. La moitié des entreprises ferment leurs portes, les emplois passent de 90 000 en 1970 à 33 000 en 1984. Dans ces circonstances, la fusion en 1983 des deux plus importants groupes horlogers suisses, l’Asuag et la SSIH que Nicolas G. Hayek préside deux ans plus tard est le premier signal concret de sortie de crise par une puissante rationalisation de la production horlogère.
Le second signal, c’est la production et le lancement en 1983 de la Swatch, montre en plastique et à quartz entièrement produite en Suisse, au prix très concurrentiel de 50 francs et qui va connaître un succès considérable. Ces deux initiatives vontelles jouer un rôle déterminant dans le sauvetage de l’horlogerie suisse dans son ensemble, donc aussi du luxe horloger? Dans une récente étude, l’historien Pierre- Yves Donzé, notamment chercheur à l’Université de Kyoto, écrit que «l’industrie horlogère suisse dans son ensemble est extrêmement dépendante de Swatch Group pour son approvisionnement en pièces et mouvements dès le retour à la croissance au milieu des années 80».
La société ETA à Granges, qui centralise la production de mouvements et de pièces, concerne non seulement les marques de la SMH (qui deviendra Swatch Group en 1998) mais aussi de fort nombreuses marques tiers, notamment dans le haut de gamme. Sans compter la kyrielle d’autres fabricants de composants qui tombent progressivement sous la coupe de la SMH. Dans les années 80-90, les entreprises horlogères comme Jaeger- LeCoultre au Sentier, Rolex à Bienne et Genève ou Patek Philippe à Genève, qui peuvent se considérer comme d’authentiques manufactures, c’est-à-dire des entreprises capables de produire l’essentiel de leurs pièces constitutives, sont encore bien plus rares qu’aujourd’hui.
Quant à la fabrication à des prix abordables des spiraux, des pièces essentielles dans la mécanique horlogère, elle se concentre chez Nivarox, une société de Swatch Group. «Si Nivarox avait dû fermer, que se serait-il passé?», s’interroge Franco Cologni, l’âme et la mémoire vivante du groupe Richemont.
L’impact de la Swatch. Concernant la Swatch à 50 francs, «elle redonne de la couleur au Swiss made», comme le dit joliment Franco Cologni. Bien plus encore que les dividendes industriels qu’elle offre sur un plateau en permettant à Swatch Group d’investir notamment dans le secteur de la montre mécani que, la Swatch inaugure un nouveau concept marketing. Du cadre supérieur jusqu’à l’employé de commerce, la Swatch suscite curiosité et intérêt.
Le roi du marketing Nicolas G. Hayek réussit avec brio à vendre de l’émotion à grande échelle. Posséder une, deux, trois Swatch ou plus, c’est du luxe à bon marché! Un feu d’artifice de l’irrationnel qui profite à coup sûr au vrai luxe, celui qui coûte un saladier. L’objet garde-temps des années 70 est devenu objet de communication. Le terrain de la précision à petit prix étant désormais occupé, l’horlogerie japonaise s’étant fait hara-kiri, un boulevard d’expansion s’ouvre pour les horlogers qui ont survécu à la crise: celui de la montre mécanique de luxe.
Certes, le quartz n’échappe pas aux horlogers les plus traditionnels. Audemars Piguet, par exemple, réalise des modèles Royal Oak vibrant au quartz. Le géant Rolex se laisse lui aussi tenter. Mais ses modèles quartz resteront pour la plupart dans ses tiroirs. Pour beaucoup de ces horlogers, le quartz, ce n’est pas de la vraie horlogerie. Jamais l’électronique ne remplacera le charmant tic-tac mécanique avec ses savants rouages.
Principale exception (avec Piaget) qui confirme la règle, la maison Cartier vante les mérites du quartz «créé en 1967 par des horlogers suisses», lit-on sur son site, qui par ses dimensions compactes ouvre aux designers «les portes de nouvelles interprétations allégées des classiques de Cartier». Experte en joaillerie-bijouterie, la maison de luxe parisienne peut se permettre une authentique valeur ajoutée sur ses montres dont la fabrication va fortement se développer en Suisse, notamment après la concentration de nombreux métiers de l’horlogerie sur son site à La Chaux-de-Fonds en 2003.
Avant d’en arriver là, Cartier a grandement bénéficié de l’aide de Pierre-Alain Blum qui, aux commandes d’Ebel, lui fournit dès 1977 des montres terminées à quartz, avec le concours de la maison Frédéric Piguet, spécialisée dans les mouvements haut de gamme. Avec l’argent récolté, Pierre-Alain Blum développe sa propre marque au niveau international. Il parraine des événements tels que le tournoi de tennis de Roland-Garros ou le championnat de golf Swiss Open European Masters, associe Ebel à des célébrités du monde du sport (dont Andre Agassi et Boris Becker) et du spectacle (dont Sharon Stone et John Malkovich). Blum est sans doute l’un des pionniers de la mode des ambassadeurs de marques horlogères.
Retour aux sources. De l’avis de nombreux observateurs, le grand luxe a été fortement stimulé par Jean-Claude Biver qui a fait de la marque Blancpain, acquise en 1982 pour seulement 18 000 francs, le symbole de l’anti-quartz. Avec, une fois de plus, l’indispensable soutien de Frédéric Piguet. «Depuis 1735, il n’y a pas de Blancpain à quartz et il n’y en aura jamais.» Par ce slogan publicitaire, Jean- Claude Biver justifie la cherté d’un produit très haut de gamme, souvent doté de complications raffinées comme le tourbillon, face à une Swatch aussi précise que bon marché.
Grand communicateur devant l’Eternel, il agace parfois certains confrères qui lui reprochent de «raconter des histoires» tout en reconnaissant qu’«il les raconte si bien». Il n’empêche que cet homme au grand coeur a un talent pour transformer en or tout ce qu’il touche. Nicolas Hayek s’en rend bien vite compte. En rachetant Blancpain en 1992 et en nommant Biver à la direction générale de son groupe, il s’offre le sommet de la pyramide horlogère qui lui manquait jusqu’alors.
Un sommet qu’il consolide avec l’acquisition de Breguet en 1999, puis de Glashütte, Jaquet Droz et Léon Hatot en 2000. Qui plus est, Jean-Claude Biver sort définitivement Omega du plaqué or pour en faire une montre digne de rivaliser avec Rolex, son concurrent historique, et triple son chiffre d’affaires. Mais en 2003, Hayek et Biver se séparent.
Si au cours de ces trente dernières années le contrôle de la production horlogère a été (et est toujours) le voeu plus ou moins pieux des horlogers du luxe, le contrôle de la distribution leur est encore plus nécessaire. Au début des années 80, les importateurs font la loi. Disposant souvent de leurs propres marques pour faire du chiffre d’affaires, ils arrosent des milliers de détaillants qui font les derniers réajustements de pièces dont le fonctionnement est souvent aléatoire.
L’arrivée en masse du quartz japonais et américain élimine de nombreuses marques suisses des rayons, trop faibles en communication et incapables de contrôler leur distribution. Echappent notamment à cette tendance de grandes maisons comme Cartier et Rolex qui ont toujours su soigner l’identité de leurs propres points de vente, la première s’imposant dans l’horlogeriejoaillerie- bijouterie, la seconde restant fidèle contre vents et marées à la montre mécanique de qualité irréprochable.
Mais même Rolex doit apprendre à composer avec les grands magasins (Department Stores), notamment au Japon avec Takashimaya, qui ont tendance à mélanger toutes les marques. Ces dernières doivent âprement négocier pour ne pas être noyées dans la masse. De son côté Patek Philippe organise des sessions à Genève pour convaincre les distributeurs que communication et publicité ont désormais une dimension mondiale et non éclatée par pays, par ville, par village. On entre dans l’ère de la globalisation.
Lors des années 90, la distribution horlogère prend un nouveau visage. Les filiales remplacent les importateurs, les marques peuvent imposer leurs produits qui prennent une sérieuse cure d’amaigrissement. «Au lieu d’avoir 3000 modèles, nous n’en avons plus qu’une centaine avec dix de base déclinés en variantes», se souvient Henry-John Belmont, alors patron de Jaeger-LeCoultre. Quant aux détaillants, ils fondent eux aussi comme neige au soleil.
«Cela a été parfois difficile de mettre fin à des relations de plus de cinquante ans, mais nous avons éliminé tous ceux qui n’étaient plus motivés et ne comprenaient pas la philosophie de notre marque», relève Philippe Stern, président d’honneur de Patek Philippe. Mais se payer des filiales et des succursales coûte fort cher. Toutes les entreprises horlogères ne peuvent se permettre d’avoir comme Rolex 30 succursales dans le monde employant plus de 3000 collaborateurs, un service après-vente de 75 personnes à New York et une véritable petite usine de réparation à Tokyo!
Vent d’acquisitions. Dans la foulée de la concentration d’entreprises opérée par Swatch Group, les acquisitions de sociétés horlogères par des groupes de luxe se multiplient dès la fin des années 90: le numéro un mondial du luxe LVMH achète TAG Heuer, Chaumet, Zenith, Fred, Dior et récemment Hublot; le numéro deux PPR contrôle désormais Girard-Perregaux et Gucci (depuis 2010); le numéro trois Richemont a repris IWC, Jager-LeCoultre, A. Lange & Söhne, Vacheron Constantin, Officine Panerai, Piaget, Baume & Mercier et Roger Dubuis. Une aubaine pour des grandes marques qui bénéficient d’un soutien logistique de taille.
LVMH, par exemple, qui jouit d’un solide parc immobilier de magasins dans le monde en fait profiter ses marques. Idem pour Richemont qui gère par ailleurs les dépenses de fonctionnement des siennes tout en leur garantissant une autonomie dans leur politique de vente et de promotion. La chasse aux bonnes perles suscite souvent une grande agitation.
Quand en 2000 le groupe de télécommunication britannique Vodafone, détenteur de Mannesmann qui possède les marques IWC, A. Lange & Söhne et Jaeger-LeCoultre veut vendre ces dernières, Henry-John Belmont se souvient avoir vu défiler presque tous les barons de l’horlogerie. Mais Richemont s’arrange finalement pour remporter la mise au prix faramineux de 3,08 milliards de francs.
Que penser de la récupération de ces prestigieuses marques suisses par des groupes tels que LVMH, Richemont ou PPR? «Il y a dix ans, je vous aurais dit attention danger!, observe l’horloger Jacques Duchêne. Mais aujourd’hui je dis: heureusement. Sans cela, ces marques risqueraient de tomber en mains d’entreprises de pays émergents.» De facto, ces joyaux sont le fruit d’une étroite collaboration entre la Suisse et la France, mariage de la maîtrise horlogère et du raffinement artistique. Hermès, dont le secteur horloger dirigé à Brügg par Luc Perramond monte en puissance, en est la parfaite illustration.
Produisant luimême ses bracelets de manière totalement artisanale, ce groupe français aux mains d’une famille de la sixième génération met son métier originel de sellier harnacheur (en 1837) au service de l’horlogerie. Sa prise de participation minoritaire dans Vaucher Manufacture qui fabrique des mouvements et, tout récemment, dans le fabricant de boîtiers Joseph Erard tend à sécuriser ses approvisionnements.
Une démarche sans doute à imiter depuis que Swatch Group a entrepris de fermer progressivement le robinet dans ses livraisons de mouvements à des tiers. Hermès, et aussi Chanel ainsi que Louis Vuitton figurent désormais parmi les marques horlogères qui comptent en Suisse.
Tous les ingrédients sont donc réunis pour que l’horlogerie de luxe perdure et s’épanouisse en Suisse: un savoir-faire reconnu par tous, notamment par des groupes étrangers qui n’imaginent pas produire des montres haut de gamme ailleurs que dans le pays qui s’est forgé au fil des siècles une authentique culture horlogère, un outil industriel et un réseau de distribution rénovés et adaptés aux marchés globaux, une formation professionnelle prise très au sérieux par maintes entreprises qui s’engagent à former de jeunes apprentis en collaboration avec les écoles horlogères.
Dernier signe de santé, le plus visible, les innovations, chaque année présentées notamment à Baselworld, au Salon international de la haute horlogerie à Genève et au WPHH, le salon du groupe Frank Müller. Elles sont les fruits non seulement des sociétés appartenant à des grands groupes, mais aussi de nombreux horlogers indépendants dans le haut de gamme, comme par exemple la marque Corum qui s’est distinguée en 2010 avec sa Miss Golden Bridge élue Montre Dame de l’année.
Tous les ans, depuis 2005, arrivent au moins une trentaine de créateurs horlogers. Tous ne dureront pas, à l’inverse des Richard Mille, Jean Dunand, Greubel Forsey, Max Büsser, pour ne citer qu’eux, présentent des pièces très originales. S’ils ne font pas le poids en termes de ventes, comparés aux célèbres marques déjà citées, ils sont d’indispensables jeunes rameaux accrochés à une branche horlogère en perpétuel renouveau.
«La conquête du temps», Dominique Fléchon. Collection Beaux Livres, Flammarion, 456 pages.
L'HORLOGERIE EN CHIFFRES
17milliards Le montant des exportations horlogères suisses dont 86% concernent le luxe.
49 000 Le nombre d’employés dans la branche horlogère.
200 Le nombre de marques dont seulement 35 représentent 85% du chiffre d’affaires de l’industrie horlogère.
1982 - LANCEMENT DE LA SWATCH
Lancée aux Etats-Unis en 1982 et en Europe en 1983, la Swatch, conçue notamment par Elmar Mock et Jacques Müller avec Ernst Thomke, va révolutionner l’horlogerie. Nicolas G. Hayek fera de cette montre en plastique à 50 francs un grand vecteur de communication et le socle industriel du secteur.
1983 - FUSION DE L’ASUA G ET DE LA SSIH
La crise horlogère attisée par la concurrence japonaise et l’électronique entraîne la fusion de deux acteurs majeurs, l’Allgemeine Schweizerische Uhrenindustrie (ASUAG) et la Société suisse pour l’industrie horlogère (SS IH). Nicolas G. Hayek est l’inspirateur de ce rapprochement.
1985 - IWC CRÉE LA DA VINCI
Sous la houlette de Günter Blümlein, les horlogers d’IWC à Schaffhouse créent pour la première fois un chronographe mécanique à calendrier perpétuel au nom de Da Vinci. Lequel contribue à la renaissance de la montre mécanique.
1986 - TOURBILLON POUR MONTRE DE POIGNET
Maurice Grimm et André Beyner créent pour Audemars Piguet le premier tourbillon automatique pour montre de poignet. L’épaisseur du boîtier (2,5 mm) ainsi que l’emplacement du tourbillon, à 11h sur le cadran, suscitent l’étonnement.
1986 - EBEL, ARCHITECTE DU TEMPS
Dirigée par Pierre-Alain Blum depuis 1975, la marque Ebel va être propulsée dans les hautes sphères du luxe international. Pour ses 75 ans, la marque présente la ligne l’Architecte du Temps et acquiert la Villa Turque à La Chauxde- Fonds, construite par Le Corbusier.
1988 - NAISSANCE DE RICHEMONT
Fondé par Anton Rupert, le groupe Richemont aujourd’hui présidé par son fils Johann rassemble de prestigieuses marques de luxe dans la joaillerie, les instruments d’écriture, la mode et l’horlogerie. Avec notamment le vaisseau amiral Cartier.
1989 - CALIBRE 89 DE PATEK PHILIPPE
Après huit années de recherche et de développement, Patek Philippe présente le Calibre 89, référence de l’horlogerie mécanique portable, à l’occasion de son 150e anniversaire. La notoriété de la marque genevoise est relancée.
1989 - ANTIQUORUM À GENÈVE
Les ventes aux enchères organisées par la société Antiquorum, qui dès 1989 se spécialise dans l’horlogerie, vont contribuer grandement au prestige des grandes marques. Patek Philippe, Breguet, Rolex, Vacheron Constantin, Cartier et Omega vont notamment en tirer un grand profit.
1991 - CRÉATION DU SIHH
Le Salon international de la haute horlogerie (SIHH) est créé par les cinq marques Baume & Mercier, Cartier, Piaget, Gérald Genta et Daniel Roth, qui quittent le traditionnel Salon de l’horlogerie à Bâle pour s’installer à Genève. Aujourd’hui, le SIHH compte 18 marques.
1992 - BLANCPAIN REJOINT SWATCH GROUP
Achetée en 1982 pour la somme de 18 000 francs par Jean-Claude Biver et Jacques Piguet, qui dirige une fabrique de mouvements haut de gamme, Blancpain est reprise par Swatch Group dix ans plus tard. La marque a déjà dynamisé le haut de gamme horloger depuis quelques années.
1994 - OMEGA REPOSITIONNÉE
Dans le but de concurrencer son éternelle rivale Rolex, Omega monte en prestige dans le segement du luxe accessible. Pour ce faire, Nicolas G. Hayek nomme Jean-Claude Biver directeur marketing et produit chez Omega. Il restera à ce poste jusqu’en 1997.
1995 - PANERAI CHANGE LES CODES
Quand la marque Panerai (créée en 1860) débarque avec ses grosses boîtes de 44 mm, c’est la franche rigolade dans les milieux horlogers, qui considèrent qu’avec une telle épaisseur, la clientèle boudera la marque. Quelques années plus tard, ce nouveau code horloger va être adopté.
1995 - CINDY CRAWFORD ET JAMES BOND
Le show-business s’invite dans l’horlogerie de luxe, comme le monde du sport et des modèles. Swatch Group engage le mannequin américain Cindy Crawford et le héros du grand écran James Bond pour promouvoir Omega. La plupart des marques vont s’offrir un ambassadeur.
1998 - NAISSANCE DE SWATCH GROUP
Anciennement appelée Société suisse de microélectronique et d’horlogerie, la société biennoise présidée par Nicolas G. Hayek devient Swatch Group, qui comprend aujourd’hui 18 marques, dont 9 dans le haut de gamme tel Breguet, Blancpain et Omega.
1999 - LVMH S’INSTALLE DANS L’HORLOGERIE
Le groupe français, numéro un mondial du luxe, consolide ses positions dans l’horlogerie et la joaillerie en achetant dès 1999 TAG Heuer, Chaumet, Zenith, Fred, Dior, Hublot, De Beers et Bulgari, acquise en février 2011 pour 3,7 milliards d’euros.
1999 - BREGUET REJOINT SWATCH GROUP
Après avoir été reprise par les joailliers parisiens Pierre et Jacques Chaumet, puis aux mains d’Investors Corporation en 1987, la prestigieuse marque d’horlogerie Breguet est rachetée par Swatch Group. Nicolas G. Hayek en fera son jardin privilégié.
2000 - JAQUET DROZ ET GLASHÜTTE CHEZ SWATCH GROUP
A l’instar de Breguet, Jaquet Droz repose sur le nom d’un prestigieux horloger suisse, en l’occurrence Pierre Jaquet Droz (XVIIIe siècle). Avec la société allemande Glashütte, la marque enrichit le catalogue des montres de luxe de Swatch Group.
2000 - RICHEMONT RACHETE LMH
Pour la somme de 3,08 milliards de francs, le groupe Richemont achète Les manufactures horlogères (LMH) dirigées par Günter Blümlein au groupe allemand Mannesmann- Vodafone, qui rassemble les trois marques de Jaeger- LeCoultre, IWC et Lange & Söhne. Un prix fort pour des marques de grand prestige.
2004 - FUSION DES 2 ROLEX
Rolex Genève, qui fabrique notamment des boîtiers et des bracelets, et Rolex Bienne, qui produit les mouvements de la marque à la couronne, fusionnent. C’est la fin d’une curiosité industrielle qui datait de 1920. C’est aussi à Genève que se trouve le quartier général de la société.
2005 - JAEGER-LECOULTRE ENCHANTE LES MÉLOMANES
Avec sa Master Minute Repeater, Jaeger-LeCoultre semblait avoir atteint la perfection dans les vibrations sonores de sa complication. Quatre ans plus tard, son Hybris Mechanica à grande sonnerie fait de la montre un instrument de musique.
2006 - ROLEX À PLAN-LES-OUATES
La marque inaugure à Plan-les-Ouates un impressionnant centre de recherche et de développement qui emploie 1800 personnes. Rolex dispose d’une importante usine à Bienne pour la fabrication de ses mouvements, ainsi que de deux autres sites, au Locle et à Chêne-Bourg.
2006 - FONDATION DE LA HAUTE HORLOGERIE
A l’initiative des trois membres fondateurs, Audemars Piguet, Girard-Perregaux et le groupe Richemont, la Fondation de la haute horlogerie, présidée par Fabienne Lupo qui a succédé à Franco Cologni en 2011, organise notamment le Salon international de la haute horlogerie à Genève.
2007 - RECORDS D’AUTONOMIE
Sept ans après que Patek Philippe a lancé son calibre d’une autonomie de dix jours, deux ans après que Jaeger-LeCoultre a présenté une complication d’une autonomie de cinq jours, Lange & Söhne double la mise jusqu’à trente et un jours avec la montrebracelet Lange 31.
2011 - HERMÈS RÉCOMPENSÉE
Sous les auspices de Montres Passion, le jury indépendant de professionnels de l’horlogerie désigne montre de l’Année 2011 le modèle Arceau Le Temps Suspendu de Hermès. Un groupe de luxe familial qui monte en puissance dans l’horlogerie.
| Dossier 'Canton de Genève' | | |
Tags: horlogerie, économie, branche horlogère, luxe,
|